MONUMENT ROLLINAT
L'ART ET LE'BEAU
HD NERN ECS AUET
(260) 124 L'ARTENNLE BE AU
vie, rarement dans le rêve. Seul Seraphita-Serephitus ferait exception, si les livres swedenborgiens n’existaient pas et c’est de la demi-vision. L'homme chez lui est un moderne, un évocateur moderne, sans rien de grec; s’il touche
à l'humanité générale par son génie,
il a voulu y toucher d’une façon circonstanciée, contemporaine, réelle ; on ne le voit pas plus nu sur une place publique que Stendahl. D'un autre côté, Balzac en redingote est impossible ; on a pu le faire, mais au détriment de l'art. Il est petit, court, ventripotent. Il fallait bien trouver quelque chose. Rodin adopta le costume de travail. L'idée était dans l'air de représenter l’ouvrier en son costume de labeur. Rodin la transposa spirituellement à l'ouvrier de la pensée.
De plus, hors la vérité physionomique, il négligea la stature réelle et fit non point un portrait de Balzac, mais une synthèse de Balzac, il décrivit la force qui animait le romancier ; il fit le romancier à l'œil clair, en pleine activité, en plein labeur, pris à une minute où il vient d'interrompre le
travail manuel de l'écrivain mais
F5 FT ART de D RS a non la pensée, la page commen- HU FOIS OMR M OR Fe US A cée mais non le chapitre en train. L'ETERNELLE IDOLE. Aussi l'écrivain est-il campé en
une allure encore frémissante, s'ar-
rêétant un instant, en faisant les contemporains, à vivre en son cerveau qui les réfléchit, de la vie de tous les temps, de la vie simple pour l'amour et pour la liberté. Hugo mensure la mentalité humaine de tous les âges au même patron, à l'idéal héroïque ; c'est un héros, c'est un évocateur ! il a vu passer Orphée et les nymphes. Rodin en fait le poète absolu et le campe nu à écouter des voix, il le met ou plutôt il le laisse dans l'absolu. Hugo, dans l’œuvre de Rodin, est le héros nu ou le poëte en général, il est le porte-lyre.
Pour traiter de la sorte Balzac, il y aurait une difficulté ; Balzac est un moderniste ; c'est un fondateur du modernisme ; c'est un romancier qui a un tel souci d'infuser de la vie vraie à ses personnages qu'il leur crée un état civil. Il a tenté de toutes ses forces à les rendre vraisemblables et même vivants. C'est presqu'avec justesse que deux balzaciens ont publié d'après la Comédie humaine un dictionnaire biographique et géographique de Balzac, ou Rastignac, Vautrin, Rubempré, de Trailles etc. . . sont traités comme des personnages historiques.
Balzac est un des maîtres de la littérature réaliste ; il n'a jamais mis sur pied un héros de son œuvre ou un comparse, même le moindre, de sa Comédie humaine sans décrire minutieusement, ses habitudes, ses costumes, ses aboutissements, ses visées, son rôle politique. Ses illustrateurs, cela peut être Doré pour la fantaisie des contes drolatiques, qui sont en
dehors de son œuvre mais pour la Comédie liumaine, 1 faudrait avec
Johannot et Deveria, Daumier et Monnier. Il a toujours synthétisé dans la
ETUDE DE MAIN
L'ART ET LE BEAU 125