‹ Auguste Stoeber [microform]Chapitre 4 sur 6 · Dezember · texte numérisé non relu

Dezember

Es sehînt daa Johr sin toieder o

Vid Imme urne g'floge,

Hem U8B de Blueme frisch wn froh

Gar siiesze S&ftle g'soge;

Us8 Jilge bot, bol uss d'r Bos' ;

Han nit me d'Maiékàfer brummt,

Nai! se han itss'm Bluemeschos

Bi'r Artoet, fine Lièdle g'summt.

Un druf, bdade rich un schwer

Mit Htmig fliègt è jed's daher,

^ C'en est un des meilleurs; c'est en même temps la dernière poésie qu'il ait écrite (trois mois avant sa mort).

Sè lade ah mit lusfgem Sinn

Ihr Tracht in's Zellemaggeein.

Sûesz isch dW Trank un rein un klor,

Schmeckt nôch'm ganze Bluèmeflor !

I kà's bezige, uf mi Ehr !

Denn 's hat m'r è grundgûet'ger Serr,

Der d'immezucht studièrt un kennt,

Wie wenig, uss'm Fundement,

E Dôpfle Hunig ûewerschickt,

Oanz g'striche voll, de schu erquickt

Vom bîose Asehn. De wird schmecke!

M'r wànn, gîaub, 's Dôpfle ganz ufdecke,

Doch unserm Geher Lob un Dank

Z'erscht bringe firr si' koschbre Trank:

Si' Immestand soll stets gedeihe

Un ihn noch mànig Johr erfreue!

Dans son volume : Ërzàhlungen , Màrchen, Humoresken, Phantasiebilder und kleinere Volksgeschichten. Miilhausen, Risler, 1873, in-8°, Stœber a réuni uri« cinquantaine de contes, de nouvelles, sérieuses et gaies, qui avaient déjà paru séparément dans VErwinia, dans les Elsàssische Neujahrsblàtter, dans le Samstagsblatt et dans quelques autres journaux et revues.

Ce qui surtout intéresse dans ces contes, qui sont classés dans l'ordre chronologique , c'est qu'ils permettent de poursuivre pas à pas le développement intellectuel et littéraire de Stœber. Les premières pièces , celles de VErwinia et des Elsàssische Nmjahrsblàtter, sont animées d'un véritable souffle poétique et sont marquées d'une forte empreinte romantique. M. E. Martin y constate avec raison l'influence exercée sur l'auteur alsacien par Fouqué, par Chamisso et par/lrn. Hoffmann. On a vu que ce dernier a même failli prendre un empire funeste sur la jeunesse de Stœber. Puis on voit diminuer insensiblement l'inspiration poétique. Dans un conte drolatique, intitulé Immer kleiner (1848), il confesse lui-même qu'il sent tarir peu à peu en lui la source jadis si vive et si abondante de la poésie.

La seconde moitié du recueil est de plus en plus écrite dans le langage simple et populaire du Schatzkàstlein de Hebel (voyez la Préface des Ërzàhlungen, etc.), qu'il a fini par prendre pour mo-

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dèle. L'action, la fable de ses contes, est tantôt une pure fiction, une création poétique, tantôt elle se rattache à des faits réels, à des aventures à lui arrivées. Il a aussi puisé dans de vieux auteurs, dont il a tiré de l'oubli mainte petite perle, ou bien il s'est adressé directement à la tradition populaire. Ce qui prédomine partout c'est l'étude, l'observation minutieuse de la vie intime du peuple alsacien.

Parmi les plus jolis contes on remarque — pour n'en citer qu'un seul — celui des Trois baisers, publié dans les premiers numéros de VErwinia (1838), qui est en môme temps le mieux réussi de ceux du recueil. C'est peut-être la plus charmante peinture du Strasbourg de 4820 qui nous ait été transmise par un contemporain.

S'il faut résumer en un mot le caractère des ouvrages poétiques de Stœber, nous dirons qu'il est essentiellement populaire. Stœber d'ailleurs l'a voulu ainsi. Il nous le dit lui-même dans VErwinia (p. 228) : f Die Poésie ist keine Nachtischspeise fiir die gelehrten « und eleganten Herren allein ; das Volk will auch davon, will seinen < Kernspruch und sein Lied, und das mùsst ihr ihm nicht in der « Salonsprache auftischen. •

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