‹ Augustin BELLOSTEChapitre 6 sur 9 · RU ES · texte numérisé non relu

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ser mon homme avec un simple plumaceau, un emplàtre et un bandage contentif.

Cela donna l'alarme au pauvre moribond, et j'eus assez de peine d'obtenir de lui, le pouvoir qui devait m'appartenir, et qu'il m'avait ci-devant-si librement accordé.

Ce ne fut pas sans surprise que je trouvais le soir mon blessé en bien meilleur état, les matières ne sortaient pas si copieusement, il dormit beaucoup mieux la nuit, qu'il n'avait fait depuis sa blessure, et je m'aperçus le lendemain matin qu'il y avait encore de l'amendement :; lle soir les matières commencèrent à prendre une bonne consistance et ne#sorlirent qu'en médiocre quantité ; je ne le pansois qu'une fois le jour. |

La fièvre, qui ne l'avait pas abandonné depuis le jour de sa blessure, le quitta tout-à-fait le deuxième jour après que cette tente fut supprimée, et depuis le 4 il ne fut pansé que deux jours l’un, il commença à prendre des aliments et des forces, le huitième jour il ne sortit rien de la playe ; et la vérité que je déclare comme, devant Dieu, est que le 12° jour après que j'éus ôté la tente, il fut entièrement guéri. »

Dès lors, dit Belloste, dans le commentaire qu'il ajoute à cette observation, « je formai le dessein de quitter l'usage des tentes et d'en donner un jour mon avis pour l'utilité publique » et de fait en 1696 c’est surtout « pour soutenir les droits de la nature oppressée par les tentes » qu'il écrira son « Chirurgien d'Hôpital ». |

Belloste considère l'observation qu'on vient de lire comme étant celle à laquelle il doit le « plus d'obligation », celle qui lui fit embrasser la méthode qu'il

expose dans son livre, mais déjà en 1678, étant de passa-

Cr opt

ge à Turin pour se rendre à Rome et à Venise, il eut à soigher un jeune homme, atteint d’une suppuration de la région accromiale trainant depuis 4 mois, cette suppu-

ration ne guérit que Île jour où il se décida « par hasard

et si à propos » ce sont là propres termes ? à ne plus y entretenir des tentes. Cette cure, sans lui faire abandonner com plètement la méthode de bourrer les plaies, commença à lui « désiller » les yeux.

Le « Chirurgien d'Hôpital » (1) parut en volumes d’inégale importance ; le premier, le plus important de beaucoup, n’est d’un bout à l’autre qu’un long réquisitoire contre la façon de panser les plaies, et

surtout contre la déplorable habitude, de les bourrer de

toutes sortes de tampons.

Caton l'Ancien terminait tous ses discours par son

fameux « Delenda Cartago », Belloste, lui, terminera

presque tous les chäpitres de son ouvrage en insistant sur la nécessité qu'il y a de proscrire les tentes dans les pansement des plaies. Il se doute bien des difficultés qu'il aura à vaincre pour faire adopter sa méthode, il sait que la routine se dressera contre lui, que «c’est quelque chose de bien hardi, que de vouloir supprimer les tentes qui sont en usage depuis plusieurs siècles ».

« J'ai, autrefois, dit-il, vu presque toute la France, j'ai parcouru une partie de l'Allemagne et toute l'Italie et je n'ai guère trouvé des lieux où les tentes ne fussent en usa-

; bien des gens les blâment et peu se mettent en devoir < les éviter ». (Préface du Tome I du Chirurgien d'Hôpital). |

(1) Ecrit à l'hôpital de Briançon.

Pour engager ses contemporains à adopter sa méthode, Belloste tient à fournir des preuves expérimentales, il estime que ces sortes de preuves sont de nature à entraîner plus facilement la conviction, d’où le grand nombre d'observations scrupuleusement rapportées dans son ouvrage. « Rien, dit-il, ne prouve tant la possibilité des choses que leur événement et rien ne confirme tant les conséquences avantageuses qu’on peut tirer pour une méthode ; que la multiplicité des exemples où l'on voit qu'elle a réussi » (Chirurgien d'Hôpital, tome I, page 102).

Belloste croyait être le premier à préconiser sa méthode ; il n'avait pu lire les œuvres de Magatus ni de Septalius, disait-il, puisque ces auteurs avaient écrit en latin et que lui ne connaissait que la « langue de sa nourrice ». A cette occasion il trouve moyen, dans la préface de son ouvrage, de prononcer un petit réquisitoire contre le latin « Si je me distingue, dit-il par quelques connaissances peu communes, j'en ai la principale obligation, à mes applications particulières, dans l'exercice de mon métier, aux expériences que j'ai faites dans mes voyages, et surtout dans les Hôpitaux d’Armée, par lesquelles j’ai acquis plus de lumière que le Grec et le Latin ne m'en auraient pu donner. Une langue n'est pas une science l'entendement, l'imagination, la mémoire n'ont point de langue ni de nation affectées, ces facultés portent fruit indifféremment en toutes sortes de climats, quand elles sont cultivées ; et un certain bon sens qui s'arrête aux choses palpables fait souvent mieux discerner le vrai

du faux que toutes les spéculations de l'Ecole. (1)

(1) Tome L. Avis sur la 3° édition. :

-car, ils sont

Ces derniers mots méritent d'être retenus,

dits à une époque où la théorie pure règne en maîtresse, théorie qu ‘on ne se soucie nullement d'appuyer sur l'obsi servation ; à une époque où, pour expliquer les choses, on s'applique à échafauder un mécanisme possible et à y croire; parfois « dur comme pierre », par un phéno- mène d'auto-suggestion. ; ù

Ce temps est aussi celui où tout homme de science qui se respecte est en quelque sorte tenu de se lancer dans le domaine spéculatif, est-ce peut-être Pour cela, que con- trairement à ce que pourraient faire croire ces quelques

mots de la préface, on trouve, même dans l'ouvrage de

- Belloste de la théorie pure. Cela est surtout vrai pour le

second tome, au moment où Belloste s'occupe de mer-

cure.

Le premier volume du « Chirurgien d'Hôpita » est divisé en 3 parties :

Dans la première, l’auteur « traite des tentes et de l'abus qu'on en commet ordinairement dans leur usage » : il y ajoute aussi une dissertation sur les os découverts et la description d’un nouvel instrument destiné à être employé

après les trépanations du crâne.

La seconde partie est constituée par un recueil d’environ 36 observations scrupuleusement et simplement rédigées, il y en a de si curieuses qu'on viendrait à douter de leur authenticité, si elles n'étaient rapportées, comme dit Portal, par un homme aussi « véridique » que Belloste, toutes ces observations ont en général trait à des plaies, siégeant en différentes régions, traitées, et heureusement

guéries par la méthode préconisée par l’auteur.

Dans la troisième partie, l’auteur donne une idée générale de sa pratique ; il y fait aussi une large place à l'étude des médicaments susceptibles d’être employés en chirurgie. |

Une dissertation sur la rage termine ce volume. :

Belloste commence son ouvrage en essayant de détruire par ses objections les « quatre intentions qu'on se propose dans l'usage des tentes » ; les partisans de ces der-

nières, leur prêtaient les avantages suivants :

1° — Elles tiennent disaient-ils, les plaies dilatées ; !

2° — Elles rendent possible l'introduction des médicaments au fond des plaies ;

3° — Ælles facilitent la sortie des corps étrangers ;

4° — « Elles s’imbibent des impuretés et retiennent les

excréments dont les plaies se remplissent ». <

Les plaies, dit Belloste, n'ont nullement besoin d’être tenues dilatées « puisqu'il est certain que la nature tend toujours à la réunion » tout au plus est:il permis de se servir des tentes, au cours des premiers pansements, quand on se propose d'arrêter une hémorragie ou « d’empècher la réunion des incisions fraîches que l’on fait quelquefois, et qui sont très nécessaires au premier appa-

reil des playes d'armes à feu, surtout lorsque l’on doute

qu'il soit resté dans la playe quelque corps étranger, ou

que quelque esquille qui ne peut être réunie et doit s’en séparer. Mais passé les deux ou trois premiers jours, l'u-

sage des tentes est non seulement inutile, mais même pernicieux, particulièrement aux playes d'armes à feu qui se dilatent toujours assez d’elles-mêmes par la chute

de la chair meurtrie, communément appelée escarre

et l'on ne doit pas appréhender leur réunion qu’elle ne soit entièrement séparée » (Tome I, page 4).

Quand aux plaies par instruments tranchants, la chose

ne prête matière à aucune discussion, puisque dit Belloste,

ces plaies n'ont besoin que d’une seule chose : la réunion.

Possibilité de pouvoir introduire les médicaments jusqu'au fond des plaies ; tel serait le second avantage des tentes, Belloste pense qu'il est toujours possible, même sans le secours, de ces dernières, de faire parvenir les médicaments jusqu'au fond d’une plaie, il suffit de leur donner une consistance molle ou fluide ; d’ailleurs ajoute-t-il avec un admirable bon sens : « Quand il arrive une solution de continuité à un corps sain et bien tempéré, la nature n’a besoin pour lors que du baume ordinaire des parties blessées ; c’est-à-dire du suc nourricier, pour en procurer la réunion, si ce ne sont que des playes simples aux parties charnues ; auquel cas les tentes et tous les onguens, ne servent qu'à irriter les parties, et à procurer la fluxion, pourrir les chairs, altérer le suc nourricier et donner lieu par conséquent à de longues et très grandes suppurations, qui retardent la guérison plutôt que de l’avancer ».

Maintes fois, dans son ouvrage, Belloste rappellera le rôle primordial joué par la nature dans toute guérison, nature curatrice, dont « la sagesse et la capacité, sont plus grandes que celle de toute l'Ecole », nature qui « connoit ce qu’elle fait », qui « n'ignore pas les chemins qu'il faut qu'elle tienne pour chasser hors du corps ce qui l’oppresse ou ce qui lui est étranger ou nuisible ».

Le chirurgien doit seulement employer tous ses soins,

pour Ja suivre et la connaître ; il faut qu'il étudie ses

UE |, E x

desseins, pour ne pas la détourner dans ses entreprises, puisqu'elle ne fait rien en vain » (1}-

Les tentes favorisent-elles la sortie des corps étrangers ? Belloste ne le pense pas, « au contraire, dit-il, je crois qu'elles contribuent beaucoup à les retenir dans les plaies ». | |

Belloste conseille de déterger la plaie au premier pansement, il veut aussi qu’on essaye d’extraire les corps étrangers ; mais quand une balle n’a pu étre extraite facilement, il pense, qu'il vaut mieux ne pas aller la echercher trop profondément, les avantages qu'on tirerait d'une pareille extraction pèseraient moins dans la balance que Îles inconvénients résultant du grand délabrement des tissus nécessairement indispensable, à l'extraction d’une balle profondément inclue. Du reste, dit-il, les balles de plomb sont souvent bien tolérées « puisqu'elles symbolisent avéc notre nature ».

Quant aux autres corps étrangers qui n'auraient pu être extraits facilement la nature, tôt où tard, se chargera dé leur élimination « toutes les parties de notre corps n'ont-elles pas un ressort qui chasse du centre à la circonférence ce qui lui est hétérogène et incommode » (Page 79, tome I).

Belloste pense que les tentes, tout en s’imbibant des matières « purulentes et sanieuses » épanchées au niveau d’une plaie, n’en contribuent pas moins à leur rétention . et il voudrait bien qu’on lui « donnât une raison pour. laquelle il fut nécessaire de retenir dans les playes un

excrément que la nature prend tant de soin à chasser et

(1) Chirurgien d'hôpital, Page 80, Tome I.

qui ne peut, par son séjour, que se corrompre et que s'al-

térer et détruire le tempérament des parties qui le contiennent », il croit done « qu'il est bien plus salutaire

de lui procurer un passage libre et de ne rien mettre dans

les playes qui puisse intercepter son cours, que de les

retenir par les tentes, et l’obliger souvent à se frayer des routes nouvelles par la corrosion qu'il fait des parties qui se rencontrent en son chemin » (Chir. d’Hôpital, Tome I, page 12). Belloste estime aussi que cela n’a pas un

inconvénient purement lecal, et à la page 19 de son ouvra-

ge, il émet une conception voisine de ce qu'aujourd'hui .

nous appellerions, la généralisation par voie sanguine d'une infection primitivement locale : :

« Souvent même, il ( le pus) communique sa mauvaise qualité aux principes de la masse du sang par les vapeurs qui s’en exhalent, et qui s’insinuent dans les veines par . les racines et par les pores de ses vaisseaux, dans lesquels cette sanie, suivant toujours la route de la circulation, communique une entière corruption à la masse du sang, et cause des fièvres qui n’abandonnent le blessé qu’à la mort ».

Examinons maintenant, quels sont les principes directeurs de la méthode préconisée par Belloste dans le pansement des plaies : jui Belloste veut qu’on panse les plaies :

a) doucement ; b) promptement ; c) rarement .

d) qu'on ne les bourre pas de charpie.

« La douceur, dit Belloste, est une partie essentielle

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dans la cure des playes, et cette circonstance est si nécessaire que sans elle toutes les autres ont rarement un succès favorable » (Chir. d'Hôpital, tome I, page 58).

À l’époque, cela avait besoin d'être dit, car on n'avait que trop tendance à s'éloigner de ce principe. L'auteur avait remarqué que le fait de traumatiser les plaies en les pansant sans délicatesse, entraïînait de fâcheuses conséquences : douleur, insomnie, fièvre.

En bon disciple d’'Hippocrate, Belloste estime que l’air est éminemment préjudiciable aux plaies. Il craint l'air presque autant que les tentes, c'est pourquoi il recommande de panser les plaies le plus promptement possible.

Belloste est d'avis que l’air des hôpitaux est particulièrement nuisible.

« Si les atomes sont susceptibles des accidens les plus pernicieux qu’on attribue à l’air dans certaines constitutions, ne peuveut-ils pas, dans les hôpitaux particulièrement, se charger des mauvaises qualités, qu'il aura contractées par l’haleine et la transpiration des malades ? » (Tome I, page 19).

Et plus loin :

« La vieille pratique que j'ai des hôpitaux, m'a fait connaître que les lieux où les malades ont fait quelque séjour, conservent longtemps la mauvaise odeur qui leur avait été communiquée par ces malades. On n’en peut accuser, ce me semble, que les atomes impurs qui se sont attachés aux murailles et qui obligent ceux qui veulent habiter les mêmes lieus, de les blanchir, de les couvrir de chaux, pour se mettre à l’abri de l'infection qu’on pourrait recevoir de ces ferments morbifiques.

Les draps et les autres marchandises qui viennent des

pays attaqués de contagion, ne sont-ils passés sur le feu pour purifier et consumer les atomes pestilentiels qui peuvent s’y trouver engagés, et qui auraient la force sans

cette précaution de communiquer une peste universelle

dans les lieux où ils sont apportés ? Si donc ces atomes ont assez de ténacité, de consistance, et de vertu fermentative pour s'attacher sur un corps dur et uni comme l’est

une muraille et y rester plusieurs mois sans perdre leur mauvaise odeur ni leur disposition à ronger et à putréfier, que ne feront-ils point dans les plaies découvertes où les fibres sont toujours humides, gluantes, délicates et sans soutien ? ne

Belloste conclue en disant que dans le pansement des plaies « quand on aura mis en usage tout ce que la chirurgie a de ressorts, si l'on cublie de les garantir de ces injures du dehors, rien n'est salutaire, tout est pernicieux et nuisible ». (Chirurgien d'Hôpital, page T2, tome I ).

En lisant ces lignes, on ne peut s'empêcher de reconnaître que des conceptions purement théoriques arrivent parfois à se rapprocher singulièrement de faits réellement existants. Les auteurs anciens avaient eu comme une vague prémonition de la théorie microbienne ; cette conception entrevue à travers un nuage ne s’affirma chez aucun d’eux avec la force et surtout la clarté nécessaires pour permettre de tirer des conclusions utiles.

Certains auteurs pressentirent même vaguement la nature vivante des agents intervenants dans la genèse des maladies.

Voilà ce qu’on trouve dans le second tome du Chirurgien d'Hôpital.

le # « Plusieurs Scavans veulent que les herpés, dartres,

galles, teignes et presque toutes les maladies de la peau soient causées par des vers ou semences de vers aussi bien que les fièvres malignes ». (Pages 86, tome ID).

« M. Newton dans un traité de la peste, imprimé à Utrecht, soutient que les vers sont la cause de la peste, qu'ils s’accrochent dans les draps, habits, hardes, ete, qu'ils s’y multiplient, et s’y conservent bien de temps ; que quand l’on manie ces choses, ou que l’on ouvre les ballots où ils sont nichés, qu'ils ont de petites aîles, qu'ils volent, s'attachent, et se communiquent » (Tome I, page 87). | %

C'est toujours la crainte de l'air qui conduit Belloste à imaginer un appareil, prothétique en quelque sorte, utilisable quand accidentellement, ou à la suite d’une

trépanation, le crâne se trouve perforé. -

Voilà comment l’auteur décrit son appareil :

« Quand la dure-mère est découverte, je fabrique une lame ou plaque de plomb fort mince et fort polie, percée en plusieurs endroits sans innégalités, taillée et proportionnée à la grandeur de l'ouverture par où j'aperçois cette membrane ; et pour faire cet instrument plus juste je le dessine avec la couronne du trépan dont je me suis servi, ou dont je dois me servir avant l'opération, ou bien on peut prendre la grandeur sur la pièce du crâne que le trépan a enlevée : Je laisse aux deux côtés de cette même plaque deux petites colonnes plates et égales, de chacune desquelles je ploye l'extrémité pour former une anse de chaque côté, qui vienne s'appuyer sur les bords du crâne pour la soutenir et l’affermir, ‘observant

que les parties des dites colonnes qui est entre le crâne,

| égale en longueur l'épaisseur du crâne k cette 1 mesure fe se oi mieux due He sur la ee du crâne sépae

Fe trou : avant que d’ rie là ne je la ne dans ‘ ci

| quelque médicament convenable, et médiocrement chaud,

HN “et ie un bee tampon fort mollet d'une. charpie 2 É de rh mi ae ; PE ne. RÉAL EU x é | on x PR AU Tee 2 Figure d'une de Laratcons: pour fer AN Mes Ra RP, . Viraux grandes couronnes destrépans. s ne à 2 HR Figure de la plaque prête à fe fervir, avec ” +

ñ les colonnes nets

bien fine par dessous ; ; je lève cette plaque avec des pinces à chaque pansement. si He le juge nécessaire ». (Page Gr 96, tome D). te | : Sn ; Il faut éroire que cet instrument connut une grande È vogue puisque Portal dit que les plus grands chirurgiens de son temps en faisaient usage.

Sancassani prétend que l’appareil dont se servait Bel-

loste n'était pas une nouveauté qu'il avait été utilisé en

ape

Italie depuis plus d’un siècle. Il est probable qu'après avoir été imaginé une fois, il a été imaginé à nouveau et mis à la mode par Belloste.

L'auteur du «Chirurgien d'Hôpital » estime que l’habitude qu’on a de renouveler les pansements trop fré-, quemment, est des plus mauvaises, les plaies pour se cicatriser ont besoin de repos, et les pansements trop fréquents vont à l'encontre de cette indication ; Belloste veut qu’on panse les plaies tous Îles 3 ou 4 jours et non pas deux et trois fois par jour comme on a l’habitude de le faire.

« La conduite que la nature tient dans la réunion des fractures, dit-il doit nous servir d’exemple dans la guérison des playes. :

Le calus qu'elle engendre est capable de rejoindre et affermir les os rompus, pourvu qu'elle ne soit pas détournée par des pansements fréquents ou par des agitations indirectes ; pourquoi le suc qu’elle pousse d'elle-même et sans notre aide aux extrémités des parties molles qui ont été désunies, n’aurait-il pas la propriété de les réparer et de les faire reprendre quand on ne vient point interrompre ou troubler cette opération naturelle.

Ne m'avouera-t-on pas que lorsque les petits linéamens fibreux se r'engendrent dans les playes pour réunir les chairs divisées, et qu’une liqueur nourricière se communique à la partie pour la rétablir, si on y fouille avec le doigt, avec la sonde, ou avec une fausse tente, on brise et on sépare tout ce que la nature avait commencé... » (Page 77, tome I).

Les médicaments préférés de Belloste sont :

lu sr -

Le Baume Samaritain ou des s Apôtres (huile d nine. vin rouge, huile et miel rosat).

Le Beaume d’ Arceus térébenthiné.

L'emplâtre tripharmaque de Joubert.

L'esprit de vin, qu il emploie très fréquemment.

I n'est ne partisan des pourrissants et suppuratifs, l’aphorisme d'Hippocrate disant que toutes les playes

contuses doivent être conduites à suppuration pour être

promptement guéries, semble autoriser l'emploi de ces derniers : ; Belloste pense malgré tout qu'il vaut mieux « nude l’aphorisme de cet auteur, et rejetter l'usage des pourrissants dans des playés qui ne sont déjà que

trop disposées à la suppuration » (Tome I, page 286).

Avec tout le respect qu'il doit à un si fameux médecin,

Belloste pense qu'il est préférable d’avoir recours, à des

remèdes « qui ayent la facilité de résister aux corruptions

comme l'esprit de vin » (Tome I, page 286).

L'auteur du « Chirurgien d'Hôpital » estime aussi « qu'il est très important de connaître et de savoir choisir des remèdes qui symbolisent avec le tempérament des

parties auxquelles ils sont appliqués, pour les maintenir

dans la juste disposition où Dieu les a créées ; mais qu'il est souvent difficile de satisfaire à cette intention ». (Tome I, page 287). : | | :

Belloste est d'avis qu'il vaut mieux alimenter les blessés, il va même jusqu'à ne pas leur refuser le vin, ce qui à l'époque était audacieux.

« La diète trop exacte, dit-il, préjudicie au rétablissement de la santé des soldats, qui pêchent ordinairement

plus par inanition que par réplétion ». (Page 280, Tome I).

Il h'abuse pas des purgalifs, mais a encore recours assez

fréquemment aux clystères et aux saignées multiples.

Belloste insiste longuement sur Ja position la plus fa-

vorable à donner aux parties blessées ; il veut qu'on s’at-

tache à favoriser l'écoulement du pus.

Il veut aussi que les bandages ne soient pas trop serrés, « le bandage trop serré particulièrement dans les playves d'armes à feu, empêche le cours libre des humeurs, et cause souvent des mortifications : c'est ce qui m ‘oblige

au moins les premiers jours de le faire simplement con-

sentif ; et même plusieurs blessés ont été conduits dans cet

hôpital avec les membres à demi-gangrenés pour avoir été trop étroitement bandés ; car surtout dans les playes d'arquebusades, les parties vulnérées se tuméfient toujours, les unes plus, les autres moins ; c’est en quoi un bandage quoique médiocrement serré devient insupportable d'un pansement à l’autre ». (Tome I, page 284).

La confiance de Belloste dans ses procédés est telle,

qu'il se montre conservateur à outrance devant des fractures ou autres traumatismes graves des membres, qui, aux yeux d’autres que lui, auraient paru justiciables de la seule amputation.

Belloste s'attaqua à l'opinion universellement admise, qui voulait que tout os découvert düt fatalement s'exfolier ; il estime qu'en appliquant sa méthode, on peut parfois éviter cette exfoliation. x

L'expérience m'a fait voir en mille occasions que quand un os est simplement découvert, tout consiste pour en éviter l'altération à le défendre des attaques de l'air ; pour cet effet il faut procurer la réunion de la

playe le plutôt possible par le moven de bandages pro-

pres, et de remèdes balsamiques, sans Ja dilater avec des ; tentes et les bourdonnets ; par delà los se recouvre promp-

“tement, et l'on évite l'exfoliation qui est absolument

nécessaire, quand on a donné le temps à l'air. d'y: faire des he » (Tome I, page 86). us NS

ns

k Le second volume du « Chirurgien d'Hôpilal » connu

encore sous le nom de « Traité du Mercure » est moins

important que le premier, et de beaucoup. ane ; L'auteur s'y occupe surtout de ses fameuses pilules

mercurielles (1) dont voici la a

Mercure . UE DA met ie 6. grammes.

Miel Blanc A 6 grammes.

Poudre d'Aloës du Can NUL ea Poudre de rhubarbe . RO EE TU grammes.

Poudre de Scamoncé d Aep item ee RLETATAMES

Poudre de poivre DORA NA ET erarnmne.

On triture, et quand la masse est homogène, on en fait des pilules de 0: gr 20 de mercure, Chacune. d'elles est. fitrée à 0 gr 05 de mercure Ces pilules dont Belloste garda toute sa vie le secret de la composition figurent encore dans les formulaires les plus récents.

Belloste eut un fils qui continua lui-même à exploiter ces pilules.

L'auteur du « Chirurgien d Hôpital » emploie le mer. cure dans une foule de choses ; il cherche à expliquer,

son action, par des conceptions théoriques bizarres, dans

(1).Ges pilules sont voisines des pilules mercurielles connues sous le nom de pilules de Barberouse et qui depuis longtemps ‘déjà étaient employées.

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