VIII PREFACE
chaque matin nouveau, et l'on n'est un homme que dans la mesure où elles vous ont touché.
J'ai voulu parler, ici, de ces saintes et immortelles vieilleries. Nous avons besoin de nous y retremper, comme en une fontaine de Jouvence.
Le lecteur trouvera dans ce livre, ainsi que dans la vie même, des rayons et des ombres. Je n'ai pas essayé de dissimuler les points noirs ; mais je me suis efforcé de mettre en relief les points lumineux. Nous devons cet honneur à l'idéal.
Dois-je m'excuser d'avoir évoqué, en maint endroit, des souvenirs personnels? J'ai pensé que ces pages y gagneraient en couleur locale; et ma reconnaissance se donnait libre carrière, en fixant les traits de quelques chères figures, disparues de ce monde.
Jamais nous n'aimerons assez le Foyer. Sur ses autels discrets, que ne m'est-il donné d'offrir un hommage plus accompli? J'apporte, du moins, toute la chaleur de mon cœur, toute ma filiale piété.
Si quelques-uns, en me lisant, apprenaient à m.ieux s'aimer, nul fruit de ma peine ne me semblerait plus doux.
Paris, Pentecôte 1898.