oir G. Wagner, l'Évangile et la Vie, discours n
est une grande leçon. Vous vous demandez : Que mangerons-nous ? que boirons-nous ? Quelle carrière suivront nos fils? Quelle dot auront nos filles? Cela vous touche que la renie monte ou descende. Ceux-ci n'ont pas de rentes, ils ne donneront rien à leurs fils ni à leurs filles et il faut qu'ils vivent néanmoins. Les jours où ils ne souffrent ni du froid ni de la faim, ils se contentent pour eux et leur famille. Oscrez-vous vous plaindre après les avoir vus?
Je vous engage à les fréquenter lorsque vous aurez des peines. La vie nous fait traverser des périodes où les relations mondaines deviennent insupportables. Il s'en dégage une telle impression de vide que l'àme en est comme épouvantée. A ces heures-là, prenez le chemin des humbles demeures où les passions et les engouements du jour sont inconnus. Si vous êtes frappé par la mort, allez rechercher des blessés qui vous ressemblent. Veuve, allez voir d'autres veuves; parents qui pleurez un enfant, allez voir des parents pleurant aussi. Votre sympathie leur fera du bien et vous ferez, en souffrant près d'eux, des retours salutaires sur vousmêmes. Ils vous diront des paroles simples qui vont au cœur. En sortant de là vous y verrez plus clair dans votre propre destinée. Dieu a mis une puissance consolatrice dans la communion des peines.
Le contact avec ceux à qui la vie a été particulièrement dure est utile à d'autres éi^ards ; il est indispensable, disons-le. Kn le fuyant, vous man-
queriez une des meilleures occasions de vous sauver de certaines misères, inhérentes aux situations sociales plus aisées. Nous sommes tous exposés h devenir les esclaves de notre milieu, h nous y ensevelir lentement sous les habitudes et les banalités. Chaque excursion dans une région différente produit l'effet d'un changement d'air. La plupart des gens se figurent que les pauvres croupissent dans l'ignorance, l'abrutissement, l'apathie. Je ne nierai pas qu'aux plus bas degrés du dénuement, l'homme ne soit écrasé par les souffrances trop longues et trop cruelles et si le vice accompagne la pauvreté, le spectacle devient tout à fait hideux. Ces cas toutefois sont exceptionnels. Beaucoup plus souvent qu'on ne pense il se rencontre des pauvres éduqués par la douleur. Non seulement ils ont souffert : ils ont réfléchi. Qu'une fréquentation familière éveille leur confiance et ils vous diront ces confessions intimes, que chacun de nous réserve aux seuls amis sûrs. Vous serez très surpris, ce jour-là, de voir ce que l'âme d'un malheureux peut renfermer de trésors. Les pauvres ont besoin de nous, nous avons encore plus besoin d'eux.
C'est une triste vie de famille que celle où ne se remarque pas le souci des pauvres, où leur place n'est pas marquée. Il faut un degré d'endurcissement extraordinaire, pour aimer les siens et ue pas se laisser guider par cet attachement même, vers une sympathie plus large. Si vos petits-enfants, dans la sauté comme dans la maladie, ne vous rap-
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pcllent p;is renfance déshéritée cl ne plaident pas sa cause devant vous, je dois en conclure que vous les aimez mal.
Le foyer ne doit pas être oublieux, méprisant, dur; mais libéral, accueillant, affable. One jamais n'y soit déserte la place où la bonté vient s'asseoir. Que les souITrances du dehors y troavcnt un écho, et que l'herbe ne pousse pas sur le chemin conduisant de 90s demeures vers celles de nos amis les pauvres. C/est un des chemins de la terre où l'ou a le pljs d'espoir de rencontrer la paix.