Paris, 1903, Ionien, partie i, page
« Ausone est chrétien ^ ». Seul, M. Jullian met en doute le christianisme du poète, mais sans donner peut-être à son affirmation toute la netteté qu'elle mérite'. L'histoire des ancêtres d'Ausone nous a montré que cette opinion était d'avance peu vraisemblable; je ne crois pas que la lecture des œuvres du poète puisse nous convaincre.
Les arguments que l'on fait d'ordinaire valoir sont ceux-ci ' : d'abord, l'empereur Valentinien^ prince chrétien, a choisi Ausone comme précepteur de son fils Gratien ; — il y a dans les œuvres du poète un certain nombre de passages où il est parlé plus ou moins vaguement de l'immortalité de l'âme, et du paradis; — Ausone a même écrit des vers sur la fête de Pâques et un poème, VEphemeris, qui renferme une longue prière, évidemment chrétienne. — Enfin, il a été en relations étroites avec saint Paulin de Noie.
De tous ces arguments, seuls V Ephemeris Qi\e?> Versus Paschales sont à retenir. Les citations, que l'on offre comme preuves des idées religieuses du poète, sont très vagues et elles conviennent aussi bien à l'idée païenne de la survivance, qu'à la croyance chrétienne de l'immortalité; bien plus,