‹ Ausone et les commencements du christianisme en GauleChapitre 19 sur 56 · Par., XXII, 15; xv · texte numérisé non relu

Par., XXII, 15; xv

2. M. Ebert. (Histoire c/énérale do la littcratiire au vioycn-âfie, trad. fr., i, 320) tilUriae leiu- authenticité ; leur style, dit-il, res-seii»bh; tout à fait au stylo d'Ausone. Les arguments littéraires sont en îîénéral bien mauvais pour ces questions d'authenticité ; ils deviennent détestables quand il s'agit d'Ausone : son style n'a rien d'original, et, si parfois il diffère de ses conteuqiorains, c'est qu'il a un peu plus d'habileté (pi'enx dans sa facture.

Ausone, précepteur de Gratien, habitait Trêves ; l'iempereur Valeiitinieii était chrétien ; aussi s^ rehgion était-elle devenue naturellement celle de la majorité des courtisans. Ausone cherchait à se faire bien venir du maître et de la cour; or, il lui était aisé de tourner vei's un sujet nouveay son talent poétique, et de célébrer le christianisme. On peut être désespérément incrédule et conter fort dévotement des légendes de saint ; il n'y a là qu"un effort de psychologie et d'art. De plus, ce poème où sonténumérées les diverses occupations de la journée, est de forme absolument impersonnelle : ce n'est pas une journée cV Ausone, c'esi \q journée d'un chrétien', thème tout à fait général ; et l'on aurait tort d'y chercher quelque confidence du ca;ur. D'ailleurs, ïEpherneris est d'une inspiration religieuse fort médiocre ; si les Bénédictins consentent à y voir « toutes les actions d'une journée sainte' », c'est qu'ils se montrent fort accommodants en matière de foi et de morale. Le héros d'Ausone se lève, et, au matin, il fait sa prière; la matière en est foi't catholique, mais on y chercherait vainement le sentiment ému d'un fidèle ; on dirait plutôt d'un philosophe ([ui voudrait, en termes dignes, parler de la divinité, et insisterait principalement

1. ( tb^t'i\ alidii (Icjà lailc |i;ii' Coi'pol : Iradurtioii viti'C, I, 30i. «lia cuiiluiiic (le prier cliaiiiie iiiatiii à sou réveil », dit M. Rjutlriiiarf, ouoi-ar/e rlti', p. 9. C'est de pure inveulion.

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