‹ Ausone et les commencements du christianisme en GauleChapitre 25 sur 56 · Ep., XXIV · texte numérisé non relu

Ep., XXIV

nismo du poète. Mais il n'y a là qu'un artifice : pour revoir Paulin, Ausone lui vole ses arguments; il lui vole son Dieu et s'adresse à ce Jésus (|u*il ne reconnaît pas', mais qui a tant d'influence sur son ami. C'est une phrase polie et une pensée délicate. Mais partout ailleurs on ne lit, malgré les affectueuses précautions du style, que des reproches sur l'amitié trahie, des appels au sentiment, des évocations d'anciens souvenirs communs.

La preuve, jusqu'à présent, est, si je puis dire, purement négative : Ausone ne parle point, dans ses lettres, de ses propres sentiments, ou du moins il ne les laisse apparaître que d'une manière détournée. Mais les réponses de Paulin de Noie ont de quoi nous édifier : outre les déclarations formelles qu'elles contiennent, il est bien évident que jamais, si Ausone avait été le moindrement chrétien, Paulin ne les aurait écrites telles que nous les lisons.

Dans une première lettre assez brève', il se défend d'avoir oublié son ami, parle vaguement de sa propre conversion et ne fait qu'une ou deux rapides allusions à ses sentiments chrétiens. Cette réponse ne pouvait évidemment satisfaire Ausone, et dans une seconde lettre', beaucoup

1. Mais il rroviiit probablement à sa puissance; de même beaucoup de chrétiens n'osaient ]ias nier tout à l'ait rexislence des dieux païens.

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