‹ Ausone et les commencements du christianisme en GauleChapitre 44 sur 56 · Saint Augustin, Civ. Dei, xviii · texte numérisé non relu

Saint Augustin, Civ. Dei, xviii

rions le coiislalont ', cl In Tijnih^ j);iss;iil, poui'ùlre plus attaclice encore aux vieux cultes '. A'raiment Ausonc pouvait avoir la sensation dctre du côté de la majorité : ce n'était point pour lui déplaire. En quoi d'ailleurs ce que l'on constatait alors des progrès du christianisme en Gaule, aurait-il pu rimprcssionner ? Dans certains travaux, on mène grand bruit autour des évangélisations et des créations d'épiscopats ; mais après avoir d'abord prétendu montrer une Gaule chrétiennement organisée dès la mort des apôtres ', on a fini par faire quelques sacrifices aux réclamations des documents ' ; et l'on se contente de placer ce grand événement à la fm du iv*' siècle, ou du moins à désirer qu'il s'y place : « A la lin du « iV siècle chacune des 113 cités de la Gaule devait «avoir son église et son évèque ' ». En fait, c'est à ce moment seulement que l'épiscopat gaulois commence à paraître avec une vraie vie ' ; c'est à ce moment aussi que l'évangélisation commence

1. Pur exemple, Boissier, Fin du PcKjanisme, ii, 277; P. Alhuil, Le Par/anisine au mUieu du IV' siècle, arlicle cité, p. 368 et suivantes.

2. Voyez Beugiiot, ourrafje cité, i, 290... scjq, et Allard, article cité, i. Par exemple : Don Chaniai'cl, L'Étahlissetnent du Christianisme

et les orifjines des Eglises de France (Revue des Questions /nstoriqnes, 1873, tome xiv, p. 129 et 349).

4. Voii" Pexposé de la situation dans le livre de Iloutin, Lacontrorerse de Vajwstolicité des Éf/Iises de France, Paris, 1901.

.T. Duchesne, La Gaule citrètienne, dans La France cliréticnne dans Vlristoire, Paris, 1877, page 8.

6. Voir dans les Fastes épiscopau.r- de l'ancienne Gaule, \r.iv Tablié Duchesne (tome i, \). 31-33), les conclusions générales de fauteur sur l'origine des diocèses.

à donner quelques récoltes, sinon abondantes, du moins profitables '. Or, c'est tout au plus si Ausone, très vieux, a pu entrevoir le geste des semeurs ; mais l'a-t-il même compris? Il faudrait lui supposer une intelligence singulièrement éclairée sur les événements du lendemain et une habileté de prédiction, que lui aui-ait certes enviée son grandpère l'astrologue. Qu'il ait entendu parler d'évêques, c'est évident ; mais ni leur personne, ni leur titre ne devaient lui donner grand sujet de réflexion, puisque leui- action, extrêmement limitée, se J)ornait aux petites communautés chrétiennes, très réduites alors. Aujourd hui on a tendance à nimber ces premiers évêques de la gloire des précui'scurs, et à leur prêter l'idée de toutes les grandes choses qui, après eux, ont été réalisées au nom des mômes croyances. Ce furent sans doute au début, si Ton excepte quelques noms illustres, de très humbles personnages qui ne cherchaient point à faire ligure dans la haute société' ; et l'obscurité d'où ne peuvent les tirer ni les vanités locales des érudits. ni la bonne volonté de l'histoire ecclésiastique ', était assurément l'état où, presque tous, ils vécurent.

I. ni.<ti>lr(' i/f l-'iutiii-c, imlilirc soiis l;i ilircclitiii île M. I.avissr, loiiu! 11 : Lf (.'/iri.<li(nii.'<ii(c cl les /!(()-l)C()\'.<, p. 13; Iiiil);ul de la Tour, Ia'.< ji/d oi-'^c-f nir((h\< de rKii'icniii' Frame (Reçue /lit^lorifjite, liSOfi, i,x, -2 'il).

•J. Voir V. Aliiinl. Le rloijr </nr(ieii an i)iili('i( thi IV' .<iirli\ illec. f/iu'sL. //(.>i., i.viii, .'i, 1' juillt.'l lS!>.'i, p. -^J it •,';'.».

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