‹ Ausone et les commencements du christianisme en GauleChapitre 46 sur 56 · Le Chfi^lianiainc et les Barbares, p · texte numérisé non relu

Le Chfi^lianiainc et les Barbares, p

ble, que le vieux poète se soit préoccupé beaucoup des progrès et de la marche réelle, mais encore lente et contrariée, de la religion nouvelle: et que, désireux d'en avoir quelque. idée vraie, il ait eu la pensée d'aller consulter ceux qui. à cette époque, étaient les dirigeants de la future religion apostolique et romaine. Partout, malgré l'exaltation de la pensée, il n'aurait entendu que récriminations obstinées, plaintes sur les souffrances de ri<]glise. Les textes de saint Saturnin, de Sulpice Sévère, de Grégoire de Tours sont assez connus pour qu'on ait pas à les citer une fois de plus. (( Quoique le christianisme, dit Tillcmont, se (( fust sans doute beaucoup augmenté [en Gaule] (( depuis que les empereurs fussent devenus <( cln'estiens, y en ayant mesme presque toujours « eu quelqu'un dans les Gaules, néanmoins sept « illustres évoques du vi'" siècle nous assuixMit « que peu de personnes y connaissaient encore (( la vérité en compai'aison du grand nomjjre <( des idolâtres. jus(iu'à ce que Dieu qui ne (f voulait pas avoii' moins de serviteurs dans cette « province qu'il s'en était acquis dans le reste du « monde,., choisit saint Martin ' ». Les fidèles du iv" siècle avaient-ils de leui- propre puissance une idée plus glorieuse ? leurs descendants, deux

I. Tillcinoiil, Histoire cr(h'si((.<ti.rjuc, X, HI7. Voir (irO{ï. Tiii', Ilifit. Fr<(iir., ix, o9, 011 >«! Iidiivc le Icxlc viVé par ce passatic. Vdir aii^si y\.rLn Salurniiii, ^2. Siil[). Sévère, Hi.<loria !'acr<(, ii, :Vi, i'( \7f(( .S. Martini, xili. Greg. Tur, Ilist. Fr., I*r;ol'alio ni i, ;50.

siècles après, auraient-ils indriniciit (liniiiiiiô leur méi'ite? il est peu vraisemblable, et ce nestpas en tout cas saintMartin qui nous en avertii'ait. Le récit de sa vie, telle que Sulpice Sévère Ta représentée, donne l'impression d'une lutte âpre et multiple contre une idolâtrie vigoureuse et éparse ; on y recueillerait plus aisément des textes pour prouver la persistance des traditions païennes que pour alïirmer l'installation des nouvelles églises '.

Mais l'effort avait été grand ; et au V siècle la résistance du paganisme commença, mais commença seulement à fléchir. C'est aussi à ce moment que la religion nouvelle s'introduisit dans la famille d'Ausone ; la manière dont elle y pénéti'a témoigne assez combien grandes étaient les résistances héréditaires.

1. Voir J'. Allard, Le Paijaiiisnte au milieu du JV' siévh', aiticle cilé.

ÎX

Page 1