‹ Ausone et les commencements du christianisme en GauleChapitre 48 sur 56 · Par., VI, S,'(!l xxvr, :i · texte numérisé non relu

Par., VI, S,'(!l xxvr, :i

;i. (îiKîlliT, Ui.<liih,' i/i' ri';ill:'c (If Frunrc, |',iii<, ISST. iii-S", i, IJO cl x'JO.

De virglnibîis velandh ; Saint- Ambroise, qui a consacré aux l'cligieuses plusieurs petits traités', les appelle rir^o, virgo sacra, virgo consecrata, devota Deo, mais jamais virgo devnta\ Mêmes expressions dans les décM^ets des Conciles '. où paraît une ou deux fois, pour désigner la religieuse, le mot devota tout simplement \ II serait bien étonnant qu'Ausone eût fait choix, pour écrire l'état civil de ses tantes, précisément d'une formule inusitée. L'argument, en lui-même, n'aurait pas grand poids, mais il est remarquable f|ue le poète n'a pas employé cette expression ; les mots virgo devota, d'ailleurs absents en certains manuscrits, font partie du titre de la pièce et ont été écrits certainement par un copiste postérieur; celui-ci les aura tirés sans peine de l'expression virginiias derota', inscrite par deux fois dans les vers d'Ausone. Ecartons donc cette appellation, qui ne saurait faire preuve, et venons au texte luimême.

Il ne peut s'agir évidemment, et personne n'y a songé, de donner à yEmilia Hilaria et à Julia Gataphronia le voile d'une religieuse cloîtrée;

1. Mlf/ne, tome xvi. De virr/initate. De inatitutlone virf/ùiis. E.cJiortatio rirf/initatis.

2. Le litre du LiheUus ad virr/ineni clevotavi est coiileslé ; et dans le corps de Touvrago, Texpression ne paraît pas.

3. Corpus Jiirii^ canonici, Bàle, 1682, iii-4% col. 7'i2, 9]î, 918.

4. Concile de Valence (.'^7'i). Concile d'Orléans (Corjnrs juria rationicl, col. 921).

j. Forcelliiii ne cite pas d'autres exeni|des de celle expressif

ion.

dans les deux pièces qui évoquent leur mémoire, tout nous assure qu'elles ont vécu la vie du monde, mais sans se marier, Ausone, à leur propos, ne prononce pas même le nom de Dieu et ne fait pas mention de leur piété, ce qui serait pourtant convenable en l'éloge d'une religieuse morte. Il lui suffît de nous dire qu'elles gardèrent le célibat et de nous en donner la raison. yEmilia Hilaria avait des goûts masculins et étudia la médecine:

Feminei sexus odium tibi semper et inde Crevit devotœ virginitalis amor'.

L'idée du mariage lui fit peur jusqu'au jour de sa mort; quant à Julia Cataphronia, ce fut tout simplement la pauvreté qui lui fit acceptei* l'état de vieille fille :

Innuba devoUe qute virginitalis amorem Parcaque anus coluit*.

Ce seraient là de bien singuliers mots pour parler de deux vocations religieuses; mais apparemment Ausone n"y entendait pas malice; il tenait à féliciter ses tantes d*avoir gardé le célibat, et avec quelque raison, semble-t-il. puisqu'il fut ainsi l'héritier de Tune d'elles. Tout naturellenient, il dit la chose en bon latin de l'épo({ue classique: derotus^ a pour équivalents lesexpressions rofo promissus, roto consecratus, roto desti-

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