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cl'Ausuiic. La proiniôi-c pousse do christianisme en cette famille semble donc èlre moi'le inféconde avec Julia Dryadia; et il a fallu pour (jue le terrain devînt propice, la greffe d'une pousse étrangère.
En un latin inhabile et confus,. Paulin de Pella nous a conté, vers la fin du v" siècle, les aventures de sa vie et de sa conversion : le document est assez rare, il se rattache d'ailleurs assez étroitement à l'histoire de la famille d'Ausone pour que l'on en fasse quelque état '.
Tous les enfants et petits-enfants d'Ausone, ses neveux aussi, trouvèrent place dans l'immense administration romaine, où le crédit du poète leur ménagea une belle carrière ; aussi n'avait-il eu garde de chercher ses gendres ailleurs; et quand Paulin naquit, son père, Thalassius, était proconsul à Pella en Macédoine. Le monde des fonctionnaires était fort récalcitrant à la religion nouvelle, puisqu'il mettait même beaucoup d'empressement à annuler l'effet des édits impériaux, sans cesse répétés contre les païens. Rien d'étonnant à ce que Thalassius ait représenté à son fils, dès le jeune âge, l'utilité qu'il pouvait y avoir à suivre les idées de son père et à penser comme le monde au milieu duquel on vivait : Paulin reçut donc cette éduca-
1. Voir Histoire Utt&raire, tome ii, page 263. Ebei't, oucrage cité, louie I, pages 432 à 437. Corpel a, dans l'appendice du tome i de Ja traduction d'Ausone, repioduif le texte de l'Eucliaristicon.
tioii littéraire et philosophique ' dont Ausone avait si bien tiré parti. Mais l'enfant n'était pas satisfait et, impressionné par ce qu'il savait du christianisme, il aurait voulu se convertir; c'est du moins ce qu'il nous assure une quarantaine d'années après, et peut-être bien met-il quelque exagération à nous parler des ardeurs chrétiennes qu"il ressentit vers l'âge de cinq ans ! En tout cas, jeune encore, il eut le dessein de se faire baptiser; mais ses parents s'y opposèrent formellement et il dut y renoncer '. A ce moment là, Ausone vivait encore, très proche de sa mort, et si on le consulta en la circonstance, il est peu probable qu'il ait appuyé les désirs de celui dont un mariage faisait son petit-flls. La résistance de Thalassius ne fut pas d'ailleurs aussi courte qu'aurait pu le souhaiter son flls ; quand son père mourut (vers 400-410), Paulin n'était toujours point baptisé : il avait eu le temps de se marier, et de subir les désagréments que multipliaient à travers la Gaule les invasions barbares. Il est curieux même qu'après cette mort il ait attendu plus de quinze années encore avant d'achever sa conversion et de recevoir le baptême. C'est seulement en 422, dans la quarantesixième année de son âge, qu'eut lieu ce grand
1. Eiirliari-ttlcon Panlinl, vei"s 72. Nec. vero cxacJo priiiii mox 1*!ini)ore liistri, Dor/inata Socratiifi. . .
2. I/)i(/en), 94. Consoiia si iiostris primo sub teinporc volis
Hiuc in parffi ctiatii mansisseiil vota part'iilmii Perpétue ut puerui» sorvaroiil me tibi, Chiistc.
évùiicniciit ' : et ce ljii[)t(".'nio e^;l, dans la l'amille d'Ausone le seul dont nous ayons une preuve irréfutable.
Très probal)lement d'ailleui's Paulin de Pella a eu des cousins chrétiens, comme lui ; et ce n'est pas une simple conjecture, puisque nous savons qu'une petite-nièce d'Ausone (la petite fille de sa sœur Julia Dryadia) fut religieuse ' ; elle ne faisait ainsi que continuer l'exemple donné par sa grand'mère. Paulin eut desambitions plusgrandes : il voulut que sa famille se rachetât de la longue indifférence marquée au christianisme ; aussi ne se contenta-t-il pas qu'elle donnât des recrues à la religion nouvelle ; il tint à ce qu'elle prît place parmi le clergé : un de ses fils fut prêtre ' ; mais il mourut jeune. Quelques années après, dans la seconde moitié du v*' siècle, il y eut un évêque qui s'appelait Ausonius, comme le poète-consul ■ ; on a confondu autrefois ces deux personnages qui vécurent à près d'un siècle de distance ; et l'erreur de quelques anciens historiens donna la mitre et la crosse au vieux païen qui témoignait tant de chagrin devant la conversion de Paulin de Noie.
« Ainsi la famille d'Ausone, écrit Gorpet, qui
]. Eucliari^licon, vers 468 et 476.
'J. Ausone eu parle, Par., xvi, 2. Cf. Sulpice Sévère, \'ita Martini, !i.
3. Eiirharisticon, .508. Sed cito {ira'replus juvenis (luain pres^bytcr uiuis.
4. Voir V Édition Peipei', p. cxv : Duchesne, Fastes èpiscopauM, w, 64, 68, 1.35.
civait cummencô par un astrologue fliiit par un pénitent ' ». Ce n'est pas assez dire, puisque trois ou quatre générations après Ausone, elle comptait déjà, en plus de ceux que nous ignorons, un pénitent, une religieuse, un prêti'e, unévèque! il y aurait là de quoi contenter les exigences les plus suceptibles.