‹ Ausone et les commencements du christianisme en GauleChapitre 6 sur 56 · Né vers · texte numérisé non relu

Né vers

'i. Pai., IV, 2. *

l.ii'oiit toujoui's (le la calnsli-(»i)li(.' : ri ricii sans doute n'y rappelait les exilés \ ^

Dès à pi'éseiil, nous pouvons elierchei" quelles étaient les croyances reliftMeuses de la famille d'Ausone ; il est naturel de commencer par le bisaïeul. Autun et In région avoisinantc avaient sul)i fortement rinlluence du polythéisme romain. C'était là un elTet des relations très anciennes qui. dès le n'' siècle avant J.-C unirent le peuple des luluens à Rome ; la langue, les mo'urs. les usages politiques, et surtout la l'eligion de la toute puissante alliée s'y étaient établis et développés plus solidement qu'en aucune autre partie de la Gaule : de nombreux temples enfermaient dans Autun les statues des dieux de Rome, et la persistance de ces traditions païennes fut assez vive pour retarder longtemps Tinstallation d'abord, ensuite l'expansion de l'église chrétienne '. Or, les ancêtres maternels d'Ausone étaient parmi les puissants de la contrée: la famille était sénatoriale : elle appartenait donc ù la classe des citoyens qui, par leurs intérêts et leurs relations, étaient le plus directementsoumis à l'influence morale de Rome. Pour toutes ces

1. Voir Blocli, nvi-raf/c rite, )). SIJT-S drs dôlails ft di^s lexlos pur lîi (lô.ciulonce (rAuluii.

•>. A i-on arrivée dans Autun, saini Marlin trouva lo culte dos idoles f[ui sY'xereait publiquenient ; un (louii-siécle ai)rés lui il y avait encore des païens et des sanctuaires )ailjlics. Le plus ancien é,vè(|ue d'Autun que l'on connaisse est Tielicius qui vécut au début du iv« siècle. Ducliesne, Fastes cpisccquatâ', i, p. S; n, 174 et 17(5.

raisons, ni Arborius, ni son Iils, ne pouvaient avoir été gagnés par les idées nouvelles.

Ausone, d'ailleurs, nous en donne la preuve formelle. Ca?cilius Argicius Arborius, son grandpère, se maria à Acqs, avec une jeune fille de la ville, .^"milia Corinthia Maura, qui, comme lui, était très pauvre'. La situation de la famille, autrefois si riche et si puissante, était donc au début fort gênée ; toutefois, grâce à son activité, le grand-père d' Ausone put se donner une petite aisance' ; le métier quil exerçait nous édifiera sur ses croyances religieuses : « Tu connaissais, « lui dit son petit-fils, les nombres célestes et les « arbitres de nos destinées ; mais tu pratiquais « cette science en secret'. » En d'autres termes, Cœcilius Arborius était un astrologue ; mais comme cette profession n'était pas tenue en grande estime, il s'en cachait prudemment ; voilà qui s'accorderait bien mal avec le christianisme !

Faut-il supposer que cet astrologue, n'aurait même pas accepté la religion romaine, et en serait resté aux primitives superstitions de la Gaule ? Serait-ce un dernier descendant des druides, qui, comme le dit César, « enseignaient le cours des astres »? La conjecture ne serait pas invraisemblable ; en effet, les dieux gaulois résis-

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