‹ Ausone et les commencements du christianisme en GauleChapitre 7 sur 56 · Par., TV · texte numérisé non relu

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tèrent longtemps' ; les druides, qu'ils aient été ou non persécutés, conservèrent leur influence jusqu'au iv'' siècle, échangeant, il est vrai, « leur antique suprématie contre une popularité de bas étage' w. Mais aucun texte ne permet une telle affirmation : il y avait beaucoup d'astrologues païens; les pratiques de l'astrologie étaient parfaitement compatibles avec le paganisme ; et il est plus simple d'admettre que Argicius Arborius fut un de ces innombrables astrologues qui pullulaient à la surface du monde romain, exploitant l'universelle crédulité. D'ailleurs, si le grandpère d'Ausone avait été d'origine druidique, son petit-fils, toujours vaniteux, n'aurait pasmanqué d'en faire état dans les Parentalia. « Un druide « en tète d'une généalogie gauloise du iV' siècle « de notre ère faisait le même effet que de nos « jours un croisé dans une famille française' » ; s'il l'avait pu, assurément, Ausone n'aurait pas manqué à rehausser de la sorte l'illustration de sa famille. Il n'a pas oublié ce détail dans l'éloge d'un des professeurs de Bordeaux, son collègue, Attius Patera : « Il était de race druidique, si la

1. Voir Scliultze : Geschickte de? Untergangs der grieschichromisclien Heidentums, 1892, tome ir, p. 103.

2. JuUran, Gallia, p. 287, VoirFustel deCoulauges, Gaule romaine, Paris, 1891, p. 115, et Nouvelles rerherche? sur quelques points (Vhistoire, Paris, 1891, p. 183-sqq. Bouché Leclercq, L'astrologie dans le monde romain (Revue historique, lxv, 260). Bloch, La Gaule romaine. D'Arbois de Jubainville, Revue archéologique, xxxviii, 374, etxxsix, 111. Duruy, Revue archéologique, xxxix, 247.

3. D'Arbois de Jubaiuville, Revue archéologique, xxxviii, 377..

renommée ne nous trompe- pas' » ; le frère de cet Attius, Phœbicius était plus ou -moins un druide : Ausone nous dit^ formellement qu'il était prêtre de Bélénus'. D*ailleurs, trait singulièrement caractéristique, dette famille druidique passa rapidement au paganisme' ; le fils d'Àttius Patera, le neveu de Phœbicius, Attius Tiro Delpliidius, reconnaissait les dieux de Rome '. Dans le milieu universitaire auquel appartint Ausone, il n'y avait que des fidèles de la vieille religion romaine.

On peut donc admettre que le grand-père' d'Ausone, l'astrologue, était un franc païen, de ceux dont les empereurs chrétiens et les conciles' condamnèrent obstinément ^ les superstitions et les pratiques magiques ; il n'a, dès lors, certainement pas élevé ses enfants dans les croyances chrétiennes'. vEmilius Magnus Arborius, son fils, l'oncle dAusone, né au début du i\ •" siècle, fut un avocat d'une grande renommée" ; rien ne permet de conjecturer qu'il se soit converti ; au contraire, la Parentale que lui consacre Ausone

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