LE COMTE D'ESTRÉES, I7S
pièges qu'on lui tendra de toutes parts pour gagner sa conGancc, avec le dcssoin secret d'en abuser ou pour doimerà ses discours des interprétations peu conformes à ses pensées et aux vraie» inleiitious du Roi.
Eu arrivant à Vienne, le comte d'Estrées rendra visite, dans la forme usitée, au vice-chancelier de l'Empire, le comte de CoUoredo\et au chancelier de cour, Iccomto de Kaunitz-Rietber^.afin que ces ministres lui fassent obtenir promplemenl audience de Leurs Majestés Impériales, des archiducs et archiduchesses; ou lui fait remettre, à cet effet, les lettres de créance pour Leurs Majestés Impériales.
On lui recommando d'avoir soin, avant que de partir, de s'instruire, du marquis d'Aubeterre, de tout ce qui concerne ii' cérémonial qui se pratique dans les audiences, dons les \i&ilej rendues tant aux ministres de Leurs Majestés Impériales qu'i ceux des puissances étrangiires, ainsi qu'aux personnes le» plus qualifiées de la cour de Vienne.
Le marquis d'Auheten*e est bien propre à Féclairer sur le choix des personnes qui méritent le plus d'estime et de confiance et qui peuvent être employées plus utilement au service deSa Majesté.
La bonne correspondance avec les ministres étrangers qui résident dans une cour est absolument nécessaire, mais il yade» précautions à prendre dans le commerce qu'on entrelient avw eux ; la connoissancc des différents intérêts des cours et iIm liaisons que les mémos cours ont avec la nôtre ou avec, oo» alliés rend aussi indispensable que facile à saisir et à observer les différences du traitement ol les degrés de confiance.
1. Le comle Colloredo, vjce-chancelier de l'Empiro et tntntetre dt lACùoUm^t prince en 1763 ; né ea IIOG, mort eu 1788.
it C'est au fond un très bon bamtne, vivant ea grand seigneur, fiicile i gap^ par dos déraonstratioas d'aïuilié, «uxquellps il accorde bientôt nne conflue* Oti étendue, pourvu qu'on ménage son amour-propre et qu'il ne s'aperçoive pa« qu»* veut lui tirer les vers du nez...
M En affaires, le comt« de Colloredo a l'opiniâtreté des gens bom^; fl Mtl*'' et timide. L'habitude lui a fait conaoltre les affaires d'Allemagne. Mail et 'pi'i' sait le mieux, c'est la politique tiére et tortueuse de la cour de Vieune lur <*> mêmes affaires. Qu&iit au Hystème, il le suit et ne travaillera certaiaeiuent p»*'" renverser. • — Tableau des ministi'es et des principaux personnaye* de la W * Vienne, (766. — Autriche. Mémoires, t. XXXVIU.