I. liutrtscuon du comte dû CheTerny, 10 jnnvier l(i
If INTRODUCTION.
Louis XIV so trompait. Les conséquences que cette grande aberration tie sa politique porta au dehors, loin tle compensrr les maux qu'elle causait au dedans, les augmentèrent au contraire.
« Lu révocation de l'édil de Nantes, dit Saint-Simon \..,.] dépeupla le royaume el transporta nos manufactures et presque tout notre commerce chez nos voisins el plus loin encore; lit fleurir leurs Etals aux dépens du nôlre. remplit leur pays de nouvelles villes et d'autres habitalions... » Elle eut cet autre effet, non moins grave et non moins funeste, « d'unir l'Empire avec l'Empereur ». Les catholiques d'Allemagne demeurèrent unis h la maison d'Aulriclie, el les protestants se joignirent h eus. La lerrihle guerre qui désola l'Europe de 1688 à 1697 vit FËmpirc coalisé et l'Europe liguée contre la France. Louis XIV y perdit la Loiraine, que la France détenait depuis si longtemps et (ju'il fallut rendre par le traité de Ryswick. 11 y perdit aussi les alliés de la France en Allemagne; ses violences avaient profondément ébranlé, sinon détruit, l'admirable édifice des traités do Weslphalie. Il cherche à regagner les Allemands * :
La défiance perpétuelle entrn l'Empereur el les princes de l'Empire produit souvent des évènemenls dont on peut utilomeut profiter; on a vu pendant la dernière guerre 1ns forces considt^rables que h'ur union donnoit à la ligue : mai.*? ils ont dû ronnoltn* en mfrme temps que leur soumission aux volontés de l'Enipprfur le rendoit, de leur propre consentement, absohi dans rEinpir»-, et que son autorilé deviendroit enOn assez grande pour en renverser les constitutions et pour leur ôler à eiix-in^nics Inurs droits les plus considérables. La paix peut éloigner le péril dont ils étoienl menacés s'ils savent profiler du retour de la tranquillilé générale et prendre de nouvelles mesures pour maintenir leur liberté contre les entreprises de TEmpereur ; ils ne le peuvent faire qu'en renouvelant avec Sa Majesté les mômes liaisons dont il^ ont souvent reconnu rutilité... L'intention du Roi est de maintenir la paix que Sa Majesté a rendue à l'Europe ; la cession des places qu'elle possédoit au delà du Rhin est une assurance certaine que Sa Majesté ne veut plus porter la guerre en Allemagne ; elle n'a désormais rien à démêler avec l'Empire ;... il esl sfulement h sou-
!. Parallèle des U-ois pmnieri Rois Bourbons, p. 224, publié par M. Fai'gèrb. Pari«, 1880.