Âutrichfl, Mémoirtt el DocumenU. T. XLII
2. Lora de l'assemblée du ctergé «.-a 1755, « les évéques, rapports Derti> {Mémoifea, I, p. 325), furent partagés sur celle question, savoir, si le rtim d'stceptalion de la bulle Unigenitus est un péché mortel, ou simplement ua pechi (B matière grave... Le pape Benoit XIV fut consulté par les deux parties, ti Uopat* de Stainrille, depuis duc de Clioisetil, fut chargé d'obtenir du Pape tioe Mi* encyclique qui fixât les principes sur cette matière, par rapport à U cunduilf ^ les évéques et les curés doivent tenir dnns radiuinietration des saeremeaU M f V<* défi opposants à la buUe UnigaïUun, n
;-Quinl, dovonu seul héritier des maisons Bourgogne, d'Aragon et de Castille, eut réuni la aronne Impériale à celle de l'Espagne et de riialie, et ii la poswion des Indes, et que le caractère ambitieux de ce prince lui L fait concevoir le projet chimérique de la monarchie univerle, la France regarda dèn lors ce monar(]ue et ses descendants nme des ennemis formidables ou du moins comme des voisins des rivaux dangereux.
Ce système de la France a dû être invariable tant que la t»sance de la maison d'Autriche a été trop a redouter, ou tant
Ilea liaisons de cette maison av*vr l'Angleterre, ennemie relie de la France, ont pu nous paroîlre indissolubles. Le conseil de Henri IV, de Louis XIII et de Louis XiV, même celui de Louis XV jusqu'après ta dernière paix d'Aix- Chapelle, ont suivi à c^t égard les mêmes maximes, Henri IV fit une plaie mortelle à la puissance autrichienne favorisant c^Dnlre l'Espagne la liberté et la souveraineté des rinces- Unies et en restreignant de plus en plus la puissance ^Empereur par Tunion de la France avec plusieurs princes împire.
'Ouis XIII employa le génie vaste e( profond du cardinal de
itïwu pour susciter h la maison d'Autriche des ennemis
iBis qui renaissoient sans cesse; il arma et fortifîa la Suède
le cœur de l'Allemagne; ébranla plus d'une fois les fonde-
Lh de la puissance autrichienne et prépara ces fameux traités
>stphalie qui assurent k la France, tant qu'elle saura se
lire, la législation de l'Allemagne et le droit de protection
•s États de l'Empire.
mis XrV, après quarante ans de triomphes remportés sur les bmnchefl de la maison d'Autriche, et après quelques années rers, finit sa vie en laissant h son petit-fils la possession Bible de l'Espagne et des Indes.
Roi a suivi jusqu'en 1755 les mnximes de ses prédéoes-
par le traité do Vienne il enleva à l'empereur Charles VI
postérité le royaume des Deux-Siciles avec une partie da
lois/et par le traité d'Aix-la-Chapelle, la Silésie entière elles
>iPanne, de Plaisance et de GuastaUa.
LE COMTE DE STAINVILLB, TtÏ
4.. Ouli'p lu ^loii*u d'avoir «ilubli ileiiK princes de sa maison en Italîo. d'avoir accru son domaino du duché à<^ Lorraine «t 4e Bar. le Roi a 8U metin^ l'Alsace el lu FiuTidre françoise en titreli par lii drinolilion de Friboiirg et des principales forleres&es de la Fiandie aulrichioimo.
Pour opérer de si grandes choses, Sa Majesté se servit on 1733 du roi de Sarihiigue et en 1741 du roi de Prusse, comme 1« cardinal de Richelieu s'éloit ser\i autrefois de la courounede Suède Ht de plusieurs princes de rEmptro, avec cette dilTérenœ cependant que les Suédois, payés assez foiblomenl parla Franfie, lui sont demeurés fidèles , et qu'en rendant trop puissants les rois de Sardai^ne et de Prusse, nous n'avons fait de c«s deiis princes que des ingrats et des rivaux, grande et importante l(M;on qui doit nous avertir pour toujours de gouverner l'un et l'autre monarquf' plutôt par la crainte et l'espérance que par des au£menlalions de territoire. Il nous importe de même de coiisener les princes de l'Empire dans notre système plutôt par des secours de protection que par des subsides; en général il faudrait que les uns el les autres dépendissent de nous par leurs besoins, mais il sera toujours bien dansrereux de faire dépendre notre svslèmc de leur reconnoissanco.
Telles ont été les maximes politiques de la France pir rapport à la maison d^Autriche depuis François l" jusqu'à nos jours. Il est bon de rappeler en peu de mots l'époque cl les causes du changement qui vient d'y être apporté.
Avant et après- le Irailé d'Aix-la-Chapelle, le Roi avoit claiitraent reconnu quels étoient le caractère et les principes durci de Prusse : allié intéressé, ami pnu fidèle, jaloux en secret de li puissance du Roi, de qui cependant il tient la Silésie, ce priurt s'éloit plus d'une fois arrogé le droit de faire la paix et la guerre sans notre participation et toujours pour son intérêt particulier; ulîèclant en tout l'indépendance, tandis qu'il ne pouvoit cepeudanl conserver son inlkieuce dans les affaires que par la nôln', il étoit devenu en quelque sorle le législateur de l'Empire pari» faute que nous avions faite en remettant entra ses mains le crédit qu'il nous appartient d'y conserver; et tandis que la France, pour alFoiblir le pouvoir de la cour do Vienne, ne chercboit qu'àaffer-
coNnrîiTK nr roi de PRtrssB.
iniret à étendre In puissaoco du roi de Prusse, qu'elle appuyoit ïïlt'^fne sur r«' prince, comme sur une base solide, toutes les branches du système politique de lAllomagne et du Nord, le roi d* Prusse no se servoit du crédit de la Franco que pour se l'approprier; honteux d'être prolég<5 par nous et no pouvant M passer de Tètre, il s'omparoit peu à peu do toute notre influence dans les affaires générales, comme si l'électeur de - Brandebourg pouvoil jamais remplir en Europe la place qu'y
tceupe un roi de France.
' Des ménagements timides nous avoient fait dissimuler depuis rop longtemps l'indécence de la conduite <1p la cour de Berlin, el nous avions eu rimpru<lrnce d'associer cette cour à nos secrets les plus intimes, ainsi qu'à notre système sur la Pologne, Hfe Noi*d et la Porte ottomane.
^^ La Suéde, par égard pour le Roi, s'étoit prêtée, quoiqu'à ^■fgrel, à cette liaison ; elle eut bient/)t sujet de s'en repentir. ^■)n sait ce qai s'est passé, il n'y a pas longtemps, dans son Hbiérieur', et ce qu'a voient tenté les émissaires prussiens à la Porte».
Nous neiuii> peut-^tre longtemps embarrassés d'avoir remis les mains du roi de Pniss»* les intérêts et le secret du
i. La reine de Suède, Louil*-t31rique , sœur de Frédéric II, épouse du roi de Suéde Adolphe-Predério (1751-1771), vt&it en luUe ouverle avec les États. Elle aTait l*nta, eo juin 1756, ud coup d'Klat qui uvait échoué. Le parti qui remportait depuis l'irn. el que l'on appelait le parti p&triote, était favorable ù la France. C'est par son taflaence que la Suéde conclut aveo l'Autriche et lu France le traite d'al> ttaBM du ti septembre 1757. * Le sénat de Suède, mpporte Beroia (I, p. S99)i s« dAtoratoa arec asses de promptitude à entrer dans nos vues, malgré les iatrigVM Ai la reine, sœur du rvi de Prusse, qui gouvemoit absolument l'esprit du roi de 8oêd« : lei sénateurs flreut Hpprouver cette résolution au roi , mam ils n'osèrent la propoMr dans une diète générale, ce qui les expoioil à élj>e recherchés et peutétn puait dans la suite. »
t. An mois de janvier 1755, Frédéric avait, pour féliciter Osman III de sou Wéa—ent, envoyé à Constantinople M. de Rexin, qui s'elTorça de décider la Porte â conclure un traité arec la Prusse. Il suivit, après la mort d'Osman (novembre i7S7) et avec Mustapha III, son successeur, cette négociation, qui, d'ailleurs, •'aboutit |»oint. • Quelque grandes que fussent le» sommes qui paisoient à cette cour, rapporte Frédéric (Mémoim, éd. Doutakic, II, p. 50), quelque voie de corqa'oa tentit, les afTairas n'en furent guère avancées, A cause que les Autrif* Isa François répandoieot de l'argent et faisoient des largesses aveo in tpfoftuioD, et que les Turcs troQvoient plus leur compte à recevoir des réooB» pour oe rien lUre que pour entrer en action. ••
tm LE COMTE DE STAlNVlLtE; t7S7.
parti patriotique' en Pologne; si ce prince sorloît' vainqueur <i« la guerro présbule, il auroit sans coulredll lu plus grande influence et la plus grande autorité sur cette république.
On doit se rappeler avec quel url le roi de Prusse avoil écarté la conclusion des traités de subsides projetés avec le landgrave de liesse, le duc de Brunswick et Télecteur de Saxe, roièi Pologne». ""
Non seulement nous avions eu la bonne foi de consulter la cour de Berlin sur ces traités, mais nous avions en même Timprudence do lui en abandonner en quelque sorte la négociatioD.
C'est dans ces circonstances que le roi de Pmsse com mençoit à s'attacher secrètement à TAngleterre daiis h vue d'unir plus fortement à lui le parti des princes protestants H dans l'espoir de conjurer l'orage qui le menaçoit en Russie*.
L'intérêt do la cour de Berlin exigeoit par conséquent que la Saxe restât désarmée pour avoir toujours la facilité, en s'en emparant, de surprendre la Bohème lorsque le moment en serait venu.
Le roi de Prusse voyoit avec plaisir depuis longtemps nolrf querelle s'échaulîor avec l'Angleterre, tandis que les liens qui unissoient les cours de Vienne et de Londres se relàchoient tous les jours; la France, pacilique par inclination, alloit bientôt être en proie à une guerre maritime qui, selon le roi do Pruss«, devoil l'occuper tout entière ; c'est celte époque qu'il osa choisir pour se lier sérieusemeul avec la cour de Londres, et tandis qu'il prossoit ouvertement le Roi d'attaquer les Pays-Bas autrichiens*,
1. On désigDait aiiiBi le parti qui r^sititait ù Li (ioiuuialion de ia Ku»»)**.
3, « NouB proposâmes iiiu(il«meDl au landiçrrave de Hcsse d'entrer àtas no* mMur««, ainsi qu'aux cours prot^staatca de l'Alletnagne : tout«ï, a i'escepÙQO 'i" duc de Wurteuilwrg, refusèrent l'attitude offensive, mais nous jurèrent «ne «»**• neutralité... Je fus plus heureux avec les cours catholiques : l'électeur f^Wii (Charles-Théodore) et ensuit« celui de Bavière [M&ximilien «Joseph i enti^rrut J«n* nos projets et nous donnèrent leurs plaoes et leurs troupes. • Mémcàrtt de Btr»^> 1, p. 301.
'i. AUuision au trailé de subsides et d'alliance entre l'Angleterre et la Iln<ii*i Pëtersbourg, 30 septeiulire 1755. — Voir Masson, Demis, 1, p. 242.
4. "Le baron d»- Knyphuusen, ministre plénipotentiaire du roi de Prusse, »«"• quittoit pas... Il me représentoit... qu'il (alloit provenir ses ennemis, et qoe, taftai' que le roi entreroit daus les Pays-Bas, sou maître ^toit prêt à entrer en Bobèux^^** tète de cent qu.iruDte mille lirtmnies. •• Mfiuoimt dr Demis, I, p. 210,