‹ AustricheChapitre 113 sur 179 · NÉGOCIATION DU TRAITÉ DE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATION DU TRAITÉ DE

prince aégocioil avec rAngleleri'e le traité qui fut signé quel- [ues mois apri^s.

Selon la façon de raisonner de la cour de Berlin, il devoit rt*suller do cotte conduite artificieuse de deux choses l'une : ou la I^rance auroit attaqué rimpérulrice-Reine, et dans ce cas le roi de Pru*»e seroit entré en Bohème avec toutes ses forces; et après en avoir arraché quelques lambeaux, il se seroit mis à l'abri des événements par un traité particulier avec la cour de Vienne : o'ost par cette méthode que le roi de Prusse depuis 1740 avoit trouvé le moyen d'aug^menter ses forces quand les autres puissances énervoienl les leurs.

Ou bien la Franco s'en seroit tenue à une guerre purement SHiuritinie, et dans ce cas le roi de Prusse croyoit avoir un prét.exie suffisant pour se lier avec l'Angleterre, pour dissiper parce xùoyen l'orage fonmé contre lui on Russie, et pour se faire déclarer le chef des princes protestants d'Allemagne, enfin pour par- -vcnir à rendre l'Empureur alternatif entre les catholiques et 1«8 évangéliques, la sécularisation des biens ecclésiastiques lui paroissant un moyen assuré pour arriver à ce but.

La cour de Berlin étoil Lien loin de se douter que la France osAl, par un coup hardi, s'allier avec son ancienne rivale, el <]n>lle sût ainsi déconcerter les artifices de ses ennemis.

Telles éloieut les dispositions du roi de Prusse au mois l'août 1735, après la prise des vaisseaux français VAicide et

Le baron de Knyphausen nous pressoit ouvertement alors d'envahir les Pays-Bas, tandis que son maître, par le canal du duc du Brunswick, négocioit avec le roi de la Oraiide-Bretagne \

Sur ces entrefaites rimpéralrice-Reino , qui depuis 1746 désiroil sincèrement de s'unir avec le Roi, tant pour s'aft'ranchir de la crainte d'un voisin dangereux que pour secouer le joug insupportable de l'Angleterre, chargea M. le comte de Stariiemberg, sou ministre plénipotentiaire, au mois d'août 1755, do faire au Roi des pntpositloiis sous le sceau du plus grand secret

!. L'Alcide et la Lyt furent prie, le 8 juiu 1755, à Terre-Neuve, apri's un rutnbAt lis cinq heures, soutcou contre l'eac.iiire anglnise. 2. Georges 11, d^ «u 1&83, roi de 1727 ù 17a«.

f.E COMTE DE STAIiNVïLLE. «TtiT.

el de Icnler encore uno fois ce que Iw comte de Kaunitx avû inutilement essayé de traiter pendant le cours de son arabassadr'.

Le Roi ordonna à l'abbé de fiernis, qui venoit d'être tiomon' à l'ambassade d'Espagne, d'écouter les propositions de rimpératricG et de n'en rendre compte qu'A lui seul. ^H

M. Rouillé, ministre des affaires étranfft'res, ot les priin liiaui-" membres du conseil ne tardèrent pas ^i être instruits surressivement de c<ctte importante affaire.

L'Impératrice proposoit au Roi : de convenir de l'échange d'une portion des Pays-Bas avec les trois duchés que riiifiul don Philippe possède en Italie ' , d'assurer la couronne d« Pologne à un prince protég:é par la France, de rétablir noire crédit h la cour de Madrid, de nous unir étroitement avec la Russie et d'a^^randir nos alliés.

Les conditions de ce plan étoient d'abandonner le roi di' Pmsse dont on dévoiloit les liaisons dangereuses avec l'Anglelerre, de mettre de justes bornes à la puissance el h l'ambition de ce prince et de contribuer aux frais de l'entreprise.

Le Roi fut étonné que l'Impératrice, sans aucune prejtaraliou, le mît dans lu confidence d'un projet si contraire à leurs engagements respectifs ut aux maximes politiques de la France; mais ce prince ne crut pas que l'Impératrice-Reine, qui nous recheiThoil depuis si longtemps , fût capable de le tromper, siu*tout iûrsqu'élle s'adressoît directement à lui.

Sa Majesté ordonna à l'abhé de Remis de répondre en sud nom et de déclarer à l'Impératrice que, sur de simples soupçous, lo Roi ne seroit jamais capable d'abandonner ses alliés; qu'il attendoit el demandoit des preuves non équivoques des prétendues Irabisons du roi de Prusse; que, sans les plus justes motifs, la France ne renonceroit pas aux garanties stipulées par lo traité do la paix générale ; mais que Sa Majesté se préteroît volontiers à tout autre plan qui, sans blesser la délicatesse de 969

i. Voir Mémoirei lieBemis, I, p. 223, ch. xiv : « Des ourortures que fil lacourd» Vienno au commencement de seplemhrc n'iS. »

3. Don Philippe, fils de Philippe V et d'Elisabeth Parnèse, né en ^^i<i, ta>n«, en 1739, à Louise-KUsabeth de France, fille de Louis XV, née en 1131, due At Parme â la suite <lu Lraîlé d'Aïx-la-ChftpelIp.

NBGOCIATION OU TRAITÉ DR f7f»6.

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ptfiaupMt pourroit resserrer encori? rlax-antage et assurer même pour Inujoun» son union avor In rour t\(* VioriiK*.

Celle néguciation fut suivie d'après des prinrip*?s si épurés et si dig^ufîs du coMir de Sa Majoslé, jusqu'au fommrnri^ment du BOÎi do février 1756. temps auquel le traité du roi de Prusse avec rAnjçlelerre fut rendu puhlir.

Jusqu'il celle époque le Rot rejeta const/imnienl les propo- BÎtious du mois de septembre 1155; et Tlinpi^ralrire-RiMne» qui iKMia ttvoit confié ses secrets les plus intimes, commeiiQôit même à »o prêter de bonne grâce h conclure un traité de g^arantie des ÉlaU respectifs dos deux puissances et de ceux de leurs alliés (les |»058e8sions de l'Ang^leterre toutefois exceptées). Il ne rcHtoil que de légères dtfficullés à aplanir pour signer ce trailé dont la rédaction étoil comme achevée, lorsqu'on apprit la conclusion de celui df Lomlres.

Ainsi, tandis que le Roi essuyoit une ingratitude si mur-

(juée de la part du roi de Prusse, Sa Majesté refusoît de se

prêter aux propositions de la cour de "Vienne et songeoit à

^bssurer par une nouvelle garantie les États d'un prince qui le

™trahi«âoit.

L© duc de Nivernois, «jue le Roi avoit envoyé h Berlin, eut la douleur do voir ratifier sous ses yeux, sans pouvoir l'empêcher, nii traité que le principal allié de la France venoit de coiiolure avec noH eiineniîs déchirés.

Si Sa Majesté avoit écouté d'autres conseil» que ceux de sa gloire oirenséo, et qu'elle se fût refusée dans ces circontlanoet à Talliance de la cour de Vienne, la France auroit été peut-être exposée à la ligue de tons les princes de l'Europe, à l'exception de la Suède.

Si cependant le roi de Prusse qui, en raliliant son traité avec

l'Angleterre, nous pi-oposoit de renouveler le traité que noua

avions avec lui et qui éloit prës d'expirer \ avoit eu ta sagesse,

s de mûres réflexions, de renoncer h la convention de

\, he traita (l'nlliaiic« entre lu France et Ivl Prufise, du 5 juin I7il, ratiflt* le ^1 jttiltel, avmit été conclu pour quinze ans; il expirait le !• juillet HM, — M.iri^uM, f'Uflndr, I, p. S78, doI«.

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