LE COMTE DE STAINVILLB
Londres, jamais le traité de Versnillos n'aurnil éié conclu, Franco auroit consoi'vé en entier son Ryslème politique.
Mais on no pou voit pas se flatter de posséder longtemps Tamitié et la confiance de la cour de Vienne si le roi de Prusse eût été on tiers dans cette confidence ; nous n'aurions jamais former avec l'Impératrice qu'une union passagère qui, on oblî^ géant les deux cours aux mêmes précautions/ auroit laissé] subsister entre elles tous les anciens principes de défiance.
Le beau rôle que le Roi avoit joué pendant tout le cours de cette négocialiou, loin de refroidir la cour de Vienne, lui fit rechercher avec encore plus d'ardeur l'amitié d'un prince si fidèle à ses alliés, et guidé par des maximes si pures et des principes si délicats.
Le public, qui juge toujours sur les apparences, n'a point connu la marche glorifuse d'une négociation dont le 'succès o-j pu étonner l'Europe et dont la suite doit affermir son re|>o8 et' remettre tous les princes dans la place qu'il leur convient d'occuper, en restituant aux grandes couronnes la supériorité et la prééminence qui leur appartiennent.
Jamais les cours de Versailles et de Vienne n'auroienl conclu un traité d'alliance si elles n'avoieut écouté que les conseils d'une politique ombrageuse; cet ouvrage ne pouvoit s'achever que par la bonne foi qui l'uvoit commencé; il ne sauroit subsister longtemps si la bonne foi no le conserve.
Le roi de Prusse, malgré les représentations du duo do Nivemois, ayant ratifié la convention de Londres, le Roi se résolut à signer le traité de Versailles et à s'arranger ultérieurement avec la cour de \l<.'nnc sur le pied des propositions ilu mois de septembre 17K5, dans le cas toutefois où le roi de Prusse^ en haine de celte nouvelle alliance, \iendroit k enfreindre le premier le traité de la paix générale et dégageroil ainsi la Franco des garanties stipulées par ce môme traité; quelqu< effort que tentai depuis la cour de Vienne, elle ne put jamais" déranger le Roi de ses principes de fidélité et d'exactitude qui seront toujours la règle de sa conduite.
Le traité de Versailles mît le roi de Prusse dans un état d'ol servation et de crainte d'où ce prince ne pouvoit sortir qu'en
CONDUITE 1)1 UOl DE PRUSSE.
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Uni la garantie de la Silénie ', et qu'en exposant en quelque le sa propre existence.
Tout le conseil <Ie Sa Majesté ne crul pas également que Je n de Prusse, pour prévenir les suites de l'union des cours de orsailles cl de Vienne, prondroil le parti hasardeux de tomber nopinément sur la Saxe et sur la Bohème, et de tâcher de kuapre de cette manière des liaisons encore récentes, qu'il (ouvoil regarder comme funestes à ses intérêts.
Pour éNiter ce danger, on avait cru devoir proposer au conseil
lu Roi de conclure promplemenl im traité de sul>sides avec la
\axv pour mettre cette puissancu en état d'armer cinquante mille
(lommes. Do cette manière, on croyoit pouvoir arrêter l'invasioa
subite du roi de Prusse, à laquelle on devoit s'attendre en pai'tant
tlu caractère impétueux de ce prince et de )a confiance aveugle
[uy des prospérités non interrompues lui avoient inspiiée.
La cour de Vienne elle-même, plus intéressée encore que la France h prévenir cet orage, ne fit que de foihles dispositions pour le conjurer, et cette faute la mit, quatre mois après la signature du traité de Versailles, dans le plus ^rand péril et CJiusa le malheur de la Saxe, Ion peut dire de TAllemagne [«Qlière.
D'autres précautions non moins essentielles vis-à-vis de l'Empire, de la Pologne, des puissances du Nord et de la Porte Ottomane furent un peu trop négligées \mv les deux cours; la négociation n'eut pas toute TactiviLé quelle dovoit avoir dans la secousse universelle qu'une révolution si considérable produisit dans le système de l'Europe.
Les deux plénipotentiaires du Roi furent plus heureux dans leur négociation uvec le comte de Starhemberg ; au lieu d'une partie de la Flandre autrichienne, qui devoit êti'e échangée avec les petits États de Parme, de Plaisance et de Guastalle, ils curent le bonheur de faire consentir la cour de Vienue à traiter de la totalité des Pays-Bus, et à mellre le Roi en possession des places maritimes de la Flandre '.
1. Ariicltf XXII (lu traité d'Aix-lii-€hap<>ll«. — Article séparé Uu traité du 5 juin 1741.— MusoN. Betnin, 1, p. iM.