I.E COMTE DE 8TAIS VILLE
tnjilt's If H orraHioiiR essentielles se parler directement ouvert ; leurs ministres ne peuvent Atre chargées que de Texéculion du système, c'est aux souverains h raffermir puisqu'ils en onl jeté eux-ùièmes les premiers fondements ;
Ramener les membres du conseil de Vienne qui sont 1<> moins favorables à IVxécution ; attacher fortement l'Elmpereur au système actuel : le bonheur do sa £imiiUe ainsi que Tuvautairc des Etats qu^ii |>oasède en propre, dépendent beauconp de la durée des engagements respectifs des deux cours;
Détruire le reste du penchant de la maison d'Autriche eD faviviir de l'Angleterre; insister sur toutes les pratiques que la nation britannique met en usage pour soulever le Danemark elia Hollanile, et pour détacher la Russie; le véritable avauU^que la France retireru du dernier traité de Versailles dépendra principalement de la rupture entière des cours de Vienne et de Londres;
Marquer la différence qu'il y aura toujours de la fidélité de la France et de l'efficacité de ses secours avec la bonne foi elles ressources dos autres alliés que l'Impératrice poun*oit se [iracurer; faire sentir quels services importants aura rendu» la France h la maison d'Autriche, lorsque la puissance du roi de F*russe sera considéralilemenl affoihlie;
Appuyer sur l'estime et la haute considération dont le conilo de Kaunitz jouit à Versailles, non seulement par la confiance que Ton a dans sa probité, mais aussi par l'idée qu'on s'est formée de l'étendue de son génie et do son courage^ qui lui ont fourni de si grandes ressources après la bataille du 6 mai;
Aplanir les diflieuUés qui naitrunl dans la discussion àei intérêts dillérents et quelquefois opposés des puissances qui doivent accéder au dernier truite de Versailles;
Se concerter sur toutes les mesures k prendre pour obtenir Taccession de l'Espagne; rimpératriee nous avoil promis de fortifier notre crédit à la cour de Madrid ; elle n'a pu sans doute nous tenir parole à cet égard ;
Veiller sur la Russie gouvernée par un ministre trop avide d'argenl et trop dévoué à l'Angleterre; s'informer des mesures que jirend la cour île Vie<niie pour s'assurer du grand-duc et de
CONDUITK A TE.MH A VIENNE.
jrraiide-duchosso de Russie '; savoir où en v»i le Irailé île snhlide qu'elle négocie avoe ce uritiee et i]uels on sont les objets; 'informer pareillement de l'élal de la négociation par rapport à l'échange du Holsteiii ducal ', idijct qui intéresse si fort le grandduc de Russie, mais qui, selon de certains rapports, n'est pas si ^agréable h la Czarint^;
Eclairer la conduite du Danemark;
Favoriser en tout la Suède, dont la lidélité et la bonne foi sont connues;
Travailler effiieacement au dédommagement de la Saxe; emlerqu'ony mette à Vienne des bornes trop étroites, el lorsqu'il ilemps, conseiller au sieur de Fleniming de ne pas revendiquer des portions de la Silésio et de savoir sacrifier de petits objets de convenance à des vues plus solides;
Enfin se conduire exlérieuroment h Vienne comme si l'union 1rs deux cours devoit être éternelle; éloulfer les déiiaiices des ministres impériaux en les écartant soi-m^me; saisir le milieu qu'il y a entre une bonne foi aveugle et d'injustes ombrages.
Il n'est question aujourd'hui que de marcher ra[>idement au
but qu*^ nous nous jjroposons et de lever tous les obstacles qui
s'opposeroient à l'entière exécution des traités do Versailles;
ï'cst après leur accomplissement que Ton pourra prendre des
précautions contre les inconvénients qui pourroient en résulter.
^11 faut, eti un mot, tout prévoir et ne pas tout craindre.
^1 11 n'est point d't^uvra^e humain qui n'ait ses défauts : le
^Bj'stème acluel embrasse trop d'objets pour n'avoir aucun danger ;
mais avec la protection du ciel, il restera toujoure k la Fi-ance
des ressources pour y remédier.
I. La fnoJ-dac Pierre, plai tard 1« ctar Pierra III, qui sucoéda eo 1702 à
iaabeth ; la graDde-tluchetse Cntherine, sa femme, qui lui luccéda en I7U2 et
aouk le nom de Calborine IT.
1. Par un traité du 23 arril 1750, l'hurilier présomptif du ir6oe de Suéde,
loIphv-Prederic do HoUlcin, roi de Suéde eu i7ôl, avnit renouvelé la rcnon-
à toulp pretentioo «ur le Slcsvig et s'était engagé, si In porlie ducnle du
•taio venait u lui échoir, ù l'éulianger contre l'Oldenbourg.
LE COMTK DR CIlOlSEliL
1.0 comte de Slainviltv, lait (hw. *1«> Ch«»isi>ul en août I7.SS, quitta Vienne en novembre, et vint à Paris remplacer au\ iilfuires étrangères Bcrnis, fait cardinal, puis disgracié le 13 décembre de la même arméo.
l^ duublc guerre que la France soulenait contre la Prusse el contre rAngletcrre, avait été désastreuse. Bernis conseillait la paix *. n écrivait au dur, de Choiseul, à Vienne, le 9 octobre 175.S * :
« Le Uoi, depuis le mots de dércmbre de Tannée dernière, a lâché « de convaincre la cour de Vienne de la nécossilé de faire la paix r« par l'inipussibilité de soutenir la guerre el par lo peu d'espoir de '< remplir tous les objets du [.raitc secret. L'Impératrice a encore •• demandé une campagne au lloi. Sa Majesté la lui a accordée... '< (>u*en est-il résulté? qu'il a perdu la clef de ses colonies d'Amé- •' rique, qu'elles Mont exposées à tomber au pouvoir de ses ennemis... " que la marine de France est détruite, le commerce anéanti, la cono lianco perdue... que l'épuisement de la France e.nt total, que les • ressources >unl taries...! Llmpéralrice choisit le parti de la conti- M nuution de la guerre : il faut que le Itoi, pour la secourir, einploii- " les moyens qui restent en sa puissance, el comme Sa Majesté ne » peut pas utanquer à ses engaj^'ements, et que d'un outre côté, elle n n'est plus en état de satisfaire à ceux du traité secret, elle se troun rera donc forcée, dans le cas de la continuation de la guerre, à ne « donner que son contingent de vingl-(]uaLre mille hommes do « Iroupes en argent, et à s'en tenir au premier traité de Versailles... »
I Voir Maiwo!*, Uerniit U, p. 471.
Ces viios no prévalnrenJ point. Lun des premiers ad ■!(•
Choiseul uu minislère fui de signer avec le comte de > rg
dfux nouveaux traités, les 30 et 31 décembre 1758, dont on trouvera lanalyst' ci-après.
Il désigna, pour le remplacer à Vienne, son cousin le comte, plu? lard duc de l^hoisoul-Praslin, qui reçut, au mois de juin 1759. rinstniclion suivante :
MÉMOIRE POUR 8ERVIH d'iîîSTRCCTIOîS AU 8IKI R COMTK l>K OlOlSBUl. ALLANT A VIKHNE EN QUALITÉ D'AMBAt^SADËl R Di; BOl PRÈS UllS MAJESTÉS IMPÉRIALES*. JUIN 1759.
llSP
Si jamais evènrnmnl a eu des droits à rêlouiiemeul pu' r/(«st celui de i'uiiittti du Roi avec rimpêratrice-Rcine. coriflBe en 1756.
Lm deux maisons de France et d'Autriche, rivales et ennemies depuis près de trois cents ans, s'étoienl fait de leur inimilic un système politique que les puissances subalternes n'avoient pas nuuiqué d'euLreleuir soigncusemetit pour leur propre avantage. Eu vuiu tivoit-on tenté, en diiïérents temps, de les réunir. Lo force du préjugé «voit surtout rendu la maison d'Autriche inarressihle îi loule idée île réconciliation, et chacune continuoil h travailler à rafroiblissement Je la puissance de l'autre.
La mort de romperour Charles \I, demior prince d'Autriche, Itl croint que b moment dv> ranéaiitissemeat de eolle miiiwo étoit arrivé. La jalousie et les alarmes qu'avoit inspirées à lotile TKurope cette prodigieuse masse d'Ktals que le feu Empereur avoit tâché de réunir sur la tête de sa fille aîné; les disposilioo^ de plusieurs princes considérables qui prétendoienl avoir dw