TRAITÉ DE I
h entrer dans des mesures plus élondyes coiilre le roi
^ Prusse, Sa Majesté s'y refusa par délicatesse pour ses euga-
||mcDls, jusqu'à ce que Sa Majesté Prussienne eût enfreint le
traité de la paix g;énérale conclu à Aix-la-Chapelle et dégagé la
France des garanties stipulées en faveur de ce prince par C6
métme Iraité.
Alors Sa Majesté qui venoit de donner deux rares exemples ■l la générosité de ses sentiments à Tégard du roi de Prusse, m donna un nouveau plus singulier encore en faveur de l'impéice cl du roi de Pologne, électeur de Saxe. Le Roi avoil îndu que le roi de Prusse eût enfreint les traités pour se lier |ec colle princesse, et dès que Sa Majesté Prussienne eut iqué la Saxe et la Bohème, Su Majesté fit passer cent mille les ù leur secours sans attcndiL' que le traité qui devoit les avantages promis pour Les eflforts qu'il faisoit, fût lé. 11 ne le fut que le i" mai 1757.
Ce Iraité stipuloit le concours des efforts militaires de Leurs lj«§lét pour procurer à rimpéralrice, au roi de Pologne et k I Suède une ample satisfaction sur li< passé et des sûretés sufiiiles pour Tavenir, comme aussi pour maintenir le système germanique et rétablir le repos de TEurope en réduisant la puissance du roi de Prusso dans de telles bornes qu'il ne fût pla« en son pouvoir de troubler à Tavenir la tranquillité publique.
É8 olTorls militaires du Roi néloient pas les seuls auxquels il Rgageoii dans ce traité; Sa Majesté s'obligeoit encore k donner trente millions de subsides aimuels à Tlmpératrice-Rcine ■I il soudoyer à ses frais et pour le même but le Danemark et Wà Suède, le roi de Pologne, les électeurs de la maison palatine et de fia>iëre, le prince de Liège, le duc de Deux-Ponts, le duc de Wm'temberg, les margraves do Brandebourg ' et la république de Gènes. De sorte que te Roi payoit tous les coups qui dévoient être portés soit par lui, soit par ses alliés à rennemi de l'Empire, de i'Impératrico et de la Saxe, et toutes les résolutions qu'il Ulloit faire prendre aux princes d'Allemagne contre lui. Enfm lur prix des efforts excessifs que Sa Majesté faisoit en tout
tDMTgmye» d'Aïupach et de Baireulh.
vu iMsraucT. uiixuiiat.
LK <JOMTE UE CUOiSEUL. 1759.
gpnre , on slijiuloit uii établissement <J«n» les Pays-Bas i>our linfaiil don Philippo el sa postérité en éc4iaiige de Parme, Phiisancô cl (îuastjilla qui resloient à l'ImpérHtrico; de« préi'ontious ]>our la tranquillité du roi de Naples; la cessioo de quolqut's places dans les Pays-Bas pour la France et uu accommodcment sur les dilTércnds de limites entre les deux Etals liuiitrophcs des deux cour.s.
Quelque vaste que fùlce projet, on crut qu'il pouvoil être le fruit d'une cumjtagne ou deux; mais jamais succ«s n*a répondu plus mal aux apparences : aucun de ces objets n'a été exécuté: il en est résulté l'épuisement total du royaume, et le Roi n'en a retiré d'autre avantage que celui de prouver que le» intérêts df ses alliés et ceux de l'Empire Tavoieul emporté dans so& oœar sur les siens propres.
Les perles immiMises et les malheurs mullipiiés quo la France a soulferls dans les deux dernières campagnes de terre et de mer ayant mis le Roi hors d'état de continuer les mêmes efforts en faveur de ses alliés. Su Majesté a été forcée de prendre un nouveau système qui pût s'accorder avec sa fidélité pour ses alliés, ses devoirs k l'égard de ses peuples et le véritable état At ses affaires.
Comme les motifs qui ont déteiminé la conduite du Roi dp peuvent que gagner à être connus, on déduira ici ceux qui oui décidé Sa Majesté à former ce nouveau système.
Les deux guerres dont le Roi est chargé sont de divers*'! nature : celle qu'il a avec les Anglois est personnelle h Sa Majesté et à TEtal, elle intéresse directement son honneur, sa puis.sanw, sa sûreté et celle de son royaume, et il en soutient seul tout le poids; celle qui se poursuit en Allemagne est indirecte pour If Roi, elle so fait principalement pour l'avantage de ses alliés t't pour le bien de l'Empire.
Quant aux avantiiges personnels que le traité de Versailles du 1" mai 1757 réservoit h la France, ils dépendoient des évéDcmonts de la guerre ; au lieu que les secours excessifs on hommes et en subsides que le Roi donnoit à F Impératrice étoieut présents et nullement dépendants tle la fortune des armes puisqu'ils d**voient durer toute la guerre.
TRAITÉ DE <T:i7.
Quoique forlcs que tyoîciil les liaisons do l'amitié cl do Taire, il est cprlaiu qu'ellen ont de justos bornes. Les devoirs imitifs du lloi sont de réparer Tinjure faite h sa dignité par les ^loi», de maintenir sa puissance, de défendre ses peuples et rétablir leur repos et leur sûreté.
Les devoirs de l'amitié el de 1 alltunee, tout respectables qu'ils ni, doivent être subordonnés a ces devoirs primitifs el essentidb.
Le Hui est fort éloigné de vouloir abandonner ses alliés; mais veut modifier ses secours, de la fa(;on que leur défense ne empêche pas de pourvoir h celle de ses peuples et de ses posions dans les difTérentes parties du monde et n'éner^•e pas sa puissance au point de risquer de la peixire*
(^uand ses alliés auroienl, comme on n'en doute pas, les meil-
ures intentions du monde pour secourir la France, quand, par
c supposition impossible, ils auroienl recueilli tous les avan-
es qui leur étoient réservés par le traité de 1757, leur assistance ne pourroii ni rétablir la marine du Uoi, ni lui faire recouvrer les colonies qu'il auroit perdues, puisque les uns n'onl point Ij^ marine et que celle des autres est trop fuible pour suppléer à la ruine totale de la sienoe.
Il y a plus. Le véritable intérêt de ses alliés est attaclié à la conservation de l'étendue de sa puissance par mer; c'est elle qui lut fournil les moyens d'entretenir de nomk'euses armées pour U défense de ses alliés, comme c'est la puissance maritime des Anglois qui arme aujourd'hui tant d'ennemis contre eux et contre la France.
Ainsi le principal objet doit être de porter des coups directs k rAngleterro afin de la forcer à une paix raisonnable et de lui causer de lelu enibarruB qu'elle ne puisso soutenir la guerre du continent avec la mémo vigueur que par le passé. U arrivera de deux choses l'une : ou cette puis entraînera celle d'Allemagne, OO l'Angleterre embarrassée n'aidera plus que foiblomeut le roi de Prusse el ses adhérents.
I>aus CCS deux cas, la ligue des princes réfracUiires à la paix publique se li-ouvera rompue, et le roi de Prusse recevant jien ou [toint de secours des Auglois, les alliés du la France seront
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plus libres dans leurs opéralioas, et la France se Irouvaut olor» en état d'auji^menler ses eiïorts eu Allemagne^ il est évident que ses alliés pourront obtenir plus facilemeol une juste satisfaclioo de la part du roi de Prusse, et qu'il en sera plus aisé de rétablir Tordre et la paix dans l'Empire.
C'est d'après ces principes de justice et de prudence que le Roi a pria la résolution de sacrifier les avantages que lui réscrvoit le traité du 1" mai 1757, en diminuant le nombre e£ce!i»if de troupes et les subsides exorbitants qu'il donnoil à rirapéralric*. et de réunir ses plus g^rands eiïorls contre l'Angleterre ; mais eo même temps d'employer encore assez de troupes et d'argent à la guerre de terre pour mettre i'Impératrico^eine et le roi de Pologne en état de tirer une juste satisfaction du roi de Prusse et de parvenir à une paix raisonnable dans TEmpire.
Tel a été le fondement des traités conclus les 30 et 31 décembre 4758 ' entre le Roi et l'Impératrice, dont on fait remettre cijoint des copies au sieur comte de Choiseul.
Il y verra en substance que le Roi réduit h six millions de livres le subside de trente millions qu'il fournissoit ci-devanlà rimpératrice, mais qu'il lui donne, outre le secours de >'iogt* quatre mille hommes en argent porté par le traite de 1756, ceut mille hommes pour soutenir ses intérêts et ceux du roi de Pologne contre le roi de Prusse et rétablir la paix dans l'Empire; que Sa Majesté y assure le repos de l'Italie en procurant la sûreté du roi de Naples et un établissement certain à l'infant don Phi-
t. Lg traite du 30 décembre réglait les conditioas ^nérales d« ralli&ac«: te traité du 31 décembre était secret et modiliait le traité du !'<' tnai 1757. H. Mai- TBMS, Traités de VAutridie et de la Russie, I, p. 224, a publié le traité du 30 décembirr. Voici les principales dispositions du traité du 31 décembre : Art. le'. Anaolation du traité du \" mai 1757. — Art. 2. Paiement des subsides. Art. 3. Équivalent en argent du secours de 24.000 hommes promis par Jea tr&ilés de 1736 et 1757.- Art. 4. L'Impératrice promet ses bons offices, lors de la paix, pour faire abroff les dispositions du traité d'Utrecht relatives à Dunkerque. — Art. 5. OartaW réciproque des conquêtes que les alliés pourraient réaliser à la paix, et promasi» de compensations éventuelks pour la France au cas oii l'Autriche obtiendrait « tjwlques avantages considérables aux dépens du roi de Prusse ». — Art. G, 7, 8i 3. 10- Règlement de la succession do Parme. — Art. 11. Conditions du droit <l* réversion stipulé pour l'Autriche. — Art. 12. Garantie des bien» allodinux d«* maisons do Médicis et de Farnêae. — Art, 13. Indemnité éventuelle du roi deSar daigne. -^ Art. 14. Subsides de la France au Danemark.
TRAtTÊ DE 1758.
>pe el à sn postérité, et qu'elle y afîermil l'union dos deux maisous par dos uirangements de famille avec Leurs Majestés Impériales. Enfin il trouvera dans ces traités la stipulation de TaccessioQ de TEmporcur, et comme il manqueroit un lien essenlicl k Tunion des deux cours si Vépoux de Flmpératrico ot 1c chef
tTEmpire n'y dounoit pas son accession^ il aura incessamment » ordres de la solliciter et de Taccélérer le pluR qu'il sera possible.
On fait remettre de plus au sieur comte de Ghoiseul le plan
(^ opérations des aimées du Roi^ de Tlmpératrice et de leurs liés en Allemagne, en conséquence des nouveaux traités; et Ml pour veiller à rexéculion do cet important ouvrage et cul- S'er et consolider runion des deux maisons que le Roi a nommé BÎeur comte de Ghoiseul son ambassadeur près Leurs Majestés Impériales. Comme sou zèle pour le service du Roi, ses talents, ■pu application et Tavantago qu'il aura de trouver la cour de Benne préparée à lui donner sa couliancc, par celle que le sieur Bkc de Ghoiseul s'est acquise auprès d'elle^ oui fait le motif du choix de Sa Majesté , ils le font aussi de Tespérance qu'elle a
e*tl s'acquittera de cette commission à la satisfiicttou réciproque » deux cours.
Quoique le sieur comte do Gboiseiit ait pu reconnoître par les différentes lettres qui lui ont été communiquées quel est l'état
E cours étrangères relativement à la France, cependant on a devoir lui donner un mémoire d'observations séparées sur cune d'elles. On n'y a pas oublié les affaires de lu diète iéi*ale de Ratisbonne; mais par la connexion intime qu'elles 6d1 avec la cour impériale, on ne croit pas pouvoir se dispenser ie faire connoitre ici en général le système du Roi par rapport à rEinpire.
Quelque forte que soit l'union du Roi avec l'Impératrice, Koiqu'il soit animé du désir le plus sincère de la rendre à jamais durable, son idée n'a jamais été, en la formant, d'abaudoaoor TEmpire ni les princes protestants en particulier, ni de se prêter mcune mesure qui pût donner atteinte aux lois et constitutionf l'Empire dont il est garant. Au contraire, Sa Majesté, perléo que Leurs Majestés Impériales n'ont aucun dessein con^