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LE COMTE DE CHOISEUL, 17S

traire au maintien du systëme germaniqui', a déclaré n( ses intentions là-dessus en s'alliant avec ia cour de Vienne, et c'est parce motif qua les traités de Weslphalif» ont toujoui-s été mis pour base des traités que la Franco a faits avec elle.

L'intention du Roi est donc que son ambassadeur Iravaîllt' s affennir la nouvelle union do la France avec la cour de Vienne sans alToiblir celle qui est anciennement établie entre la Franc* et TEmpire, et dont le nœud le plus ferme réside dans la ^aniDlie de la paix de Westphalic qui, en fixant les bornes de l'aulorilé impériale, assure aux princes do l'Empire les di'oits de leur liberté et de leur religion.

Il est d'autant plus important que le sieur comte de Choiseiil contorme à ces prini'ipi's sa conduite à la cour de Vienne, t-t sod lan§:age aux ministres des princes de l'Empire qui lui feronl paroîlre quelque inquiétude sur les desseins de la nouvelle alliance à cet égard, que les rois de Prusse et d'Angleterre ne cessent de la représenter comme tendante à établir le despotisme de la cour de Vienne en Allemagne et à élever La roli^ou catholique sur les débris de la protestante.

S'il arrivoit, rontre toute attente, que le sieur comte deChoiseul s'aperçût que la cour impériale voulût faire quelque démiirche opposée aux lois et conslitulions germaniques, non senlement il s'abstiendra d'y prêter son ministëre , mais il emploiera les conseils les plus amiables pour tâcher de les en détourner, el il en informera .sur-le-chump le sieur duc de Choiseul, ministre des atTaires étrangères, afin que Ton puisse prévenir à temps les inconvénients qui en pourrolent résulter et qui seroient aussi contraires au bien de l'Empli'e et aux intérêts de Leurs Majestés Impériales qu'à ceux de la cause commune.

Outre les choses obligeantes que contiennent les lettres de créance que l'on fait remettre au sieur comte de Choiseul pour Leurs Majestés Impériales, il ne pourra trop les assurer de ia parfaite amitié du Roi pour elles, de sa pleine confiance dans leurs sentiments à son égard et du désir sincère dont il est aninn^' pour leur gloire et leurs avantages.

Comme il est important de donner à l'ambassadeur du Roi des notions préliminaires du caractère et des affections des prin-

CÉRÉMOÎSTAL.

^paux personnages q«i composent la cour impériale, ainsi que minislres L'Irangoi'H qui y rôsidonl, on en a fait un tableau ré quo le sieur comte de Chûi.seul ^artlcra très secrèlemenl el qui ne lui senira que pour sa direction.

Quant au cérémonial qui doit êlre observé à l'égard àe Tam-

isadeur du Roi et qu'il doit observer, soit avec la cour de

'^Tienne, soit avec les ministres »Mrangers, il en trouvera une

^partie dans le mt^moirc ei-joiiit qui contient une partie de ce qui

^■l'e»t passé relativement au sieur marquis d'Hautefort; mais

Veomme celte relation no suffiroit pas, il aura soin de prendre les

éclaircissements du sieur Boyer qui est instruit de ce qui s'est

>ratiqué pendant l'ambassade du sieur duc de Choiseul, el il fera

)rmer un mémoire circonstancié de toutes les civilités qu'il aura

iu à rendre ou h recevoir, soit aux audiences de Leurs Majestés

impériales et des archiducs et archiduchesses, soit dans les visites

icctives de l'ambassadeur et des ministres impériaux, des

Ûstres étrangers, des grands officiers de la cour, conseillers

l'Etat, etc., soit dans les fêtes publiques, festins, etc., poursup-

à ce qui manque au mémoire qu'on lui donne.

On finira par assurer le secret des correspondances du sieur

^^comtc de Choiseul. soit avec le ministre des ad'aires étrangères,

^PK>it avec les ministres du Roi on pays étrangers, el, à, cet elTet, on

lui r€?met un étal des chiffres qui sont joints à cette instruction.

el de ceux que le sieur Boyer lui donnera à son arrivée à Vienne.

Le comte de Ghoiseul-Praslin revint de Vienne au mois de mai 1 761 , laissant M. de Sainte-Foy comme chargé d'affaires. Il était rappelé pour remplacer aux affaires étrangères son cousin, le duc deChoiseul, qui prenait le ministère de la marine.

L'insuccès de la guerre continentale, les désastres de la guerre maritime, la perte du Canada, de Pondichéry, du Sénégal, d'une partie des Antilles, obligeaient la France à songer à la paix. Elle s'efforçait d'y décider ses alliés, et ce fut le principal objet de la mission du baron de Breteuil en Russie, au mois de mars 1760 '. D'autre part les cours de Londres et de Berlin avaient, par une note du 25 novembre 1759, fait connaître qu'elles étaient disposées à un congrès.

La France publia le 26 mars 1761, en son nom et en celui de l'Autriche, de la Russie, de la Suède et de la Pologne une déclaration proposant de réunir le congrès à Augsbourg. En même temps, une négociation particulière s'engageait entre la France et l'Angleterre. C'est dans ces circonstances que M. le comte du Ch&telet fût envoyé à Vienne, et reçut, à la date du 29 juin 1761, l'instruction suivante :

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