TRAITE DE
«ift
Ile inlércssoit directcmont son honneur, sa puissance, sa sûreté celle de son royaume, cl il en soutenoil seul tout le poids. Celle qui se poursuivoit en Allemagne étoit indirecle pour le Roi et se faisoit principalement pour l'avantage de ses alliés et pour le bien de l'Empire.
Quelque fortes que soient les liaisons de TamiLié et de Tal- L liance. il est certain qu'elles ont de justes bornes. Les devoirs ^^rimitifs et essentiels du Uni étoient de réparer l'injure faite à sa r ^diirnilé par les Anglois, de maintenir sa puissance, de défendre nés peuples tH do rélahlir leur repos et letir sùrelé.
Le Roi éloil fort é!ui|:né de vouloir abandonner ses alliés;
ûsil vouloit modérer ses secours, de façou que leur défense ne
VmpècliAt pas de pourvoir à eclie de ses peuples ni de ses.pos-
ppiotis dans les dilTérentes parties du monde, el n'éuervAt pas sa
ncoau |>oinl de risqui-r de la perdre.
D'ailleurs, le véritable intérêt de ses alliés étoit attaché h la
conservation de sa puissance sur mer. C'est elle qui lui fournis-
»oit les moyens d'entretenir de nombreuses armées pour la
léfenso de ses alliés, comme c'étoîl la puissance maritime des
i^lois qui urmoit tant d'ennemis contre l'Empire ol contre la
rrmnce.
Ainsi le princi[iai objet devoit être désormais de porter des )8 directs à l'Anpleterre, afin de la forcer à une paix railable ou de lui causer de tels embarras qu'elle ne put soutenir guerre du continent avec la même vigueur que par le passé. On s*» flaltoit qu'il arriveront de deux choses Tune : ou que cette paJxculralneroit celle de rAllemagne, ou que rAngleleiTe cmbar> TUMée n'uideroit plus que foiblemenl le roi de Prusse et ses adhéreuts, et que les alliés de Sa Majesté auroient pu obtenir plus focilemenl une juste salisfuclion de la jwirl de 8a Majesté Pnis- ^hicnne, et qu'il auroit été plus facile de rétablir rordro et la paix ^ian» l'Empire.
^ Tel n été le fondement du traité conclu, le 30 décembre 1788, ^^^tre le Roi et rimpératriee^Reine ; par ce traité , outi'e le ^Hipitni do vingt-quatre mille homme» en argent porté par le ^iTMlé de 1766, le Roi promelloit encore de faire agir cent mille bomines on Allemagne pour soutenir les intérêts de l'impéra-
LE MAHQUIS DE OUHFOHT. i760.
tricc-Ilcme et ceux du roi de Polo^rno conU-o le roi de Prusse el rétuhïir la paix dan» l'Empire; Sa Majesté y assuroil le repos du ritulie en procuranL la sûreté au roi de Naples et un élâbli>> semeul certain à l'infant don Philippe et à sa postérité, et elle y afferiTiissoit l'union des deux maisons par des arrangenieiiU de familU' av(^c Leurs Majestés Impériales.
Lt' nouveau plan que la France avoil formé pour obliger l'Angleterre à une paix raisonnable n'a pas mieux réussi.
La perte des élalilissemenls fran<;ois en Afrique, raffoibli»semenl de. l'armée du Roi en Asie, la prise de Québec et la perte du Canada qui eu a été la suite, enfin la dispersion de la ilolte 80US les ordres du sieur maréchal de Contlans, qui a fait mauquer rexpédilion d'Angleterre, furent autant de motifs qui délenniuèrent le Roi à suspendre les plans olVensifs contre l'Angleterre, et à revenir à celui d'augmenter ses efforts en Allemagne et do forcer le roi d'Angleterre à la paix par la conquête do ses État» patrimoniaux et de ceux de ses alliés.
On exéeulu une partie de ce projet en 1760, Tan née du Roi rétablit la réputation des armées françoises pai' la conquête de la Hessect Sa Majeslé Fit assembler sur le bas Rhin, sous les ordre» du sieur maréchal de Soubise, une seconde armée pour eu imposer davantage aux eimemis et rendre plus aisée la conquête derélectoral d»' Uaiio\re, au casque les négociations qui avoienl été établies pour la paix dussent devenir iufi'uctueuses.
Comme la campagne de 1760 n'avoit pas été plus heureuse pour les alliés du Roi que les précédentes, et qu'ils se trouvoieal à peu près dans la mémo situation à la fin de 1760 qu'en 1758, le Roi, pour terminer une guerre si destructive pour le genre humain, si onéreuse à ses finances et si préjudiciable au commerce de ses sujets, avoil formé le projet d'amener ses alliés et ses ennemis h une conciliation.
Dans celte vue, Sa Majesté proposa à ses alliés d'établir deux congrès, l'un à Paris, l'autre à Londres, qui auroient terminé, sans embarras et avec plus de célérité, les discussions des diiTérentes puissances belligérantes. Ce parti é loi l d'autant plus coti> veuable que le Roi el le roi d'Angleterre étant chacun do son côté les soutiens des deux guerres, il étoit plus naturel qu'ils pro-
ÎÉGOCIATIO.N DE PAl
el
^Wji
«Hscnt & raccommodemcnl. gr^-nénil diins Inurs rapitalos, que .'enUKiiTusser les négocialions de la paix dos prétentions peu vorablos, vu les circonstnnri^s, des différents princes d'Aileagiie dont les Etals uvoient souffert dans le cours de la guerre. ; IjA cour do Vienne rejeta avec opiniâtreté un moyeu si simple parvenir a la paix ; elle crut que sa dignité seroil compromise 1 elle n'avoil pas au moins l'apparence de jouer le princi{ial rôle la pacifîcution de i\\Jlemag'ne; el quoique, dans le fond, il lui t impossible de ne pas sentir que des alliés subsidiaires sont nus, à la paix, de siii\Te l'iiifliHMice des alliés <jui paient, Sa ajosté n'eu a pas moins acquiescé à la délicatesse de la cooi' impériale, avec la modification juste de pouvoir traiter séparément &a guerre particulière avec l'Auffleterre. Celte délermilion opéra lu déclaration commuue que les cinq cours alliées cnl à celles de Londres et de Berlin, pour leur faire c.onnoîlre es dispositions de l'alliance au rétablissement de lu Iraiiquîllilé énérale el la tenue d'un, congrès dans la ville d'Augsbourg à cet effet. Leurs Majestés Britannique et Prussienne acceptèrent le HigriiS, el la France et l'AuglettuTe établirent une négociation our la paix particulière au moyen de l'envoi réciproque des leurs de llussy et Stank^y.
Le Roi, en faisant ces démarches, a eu pour objet principal de i*venir à la conclusion d'une paix raisonnable avec l'Any^lelerre, us se séparer de ses alliés, mais quoique rimpératrice-Reine l'impératrice de Russie eussent consenti à l'assemblée du ngrès, et qu'elles eussent déclaré qu'elles vouloieut pour l^amour de la paix renoncer à une grande partie de leurs préten- , iJ s'en falloil beaucoup que le désir do la paix fût aussi re de leur part que de celle du Roi, parce que leur unique objet dans cette guerre éloil la destruction du roi de Prusse et la conquête de la plus grande partie de ses États.
La cour de Vietme avoit toujours fondé de grandes espèces sur le concours des forces de la Russie ; elle se crut au moment d'en recueillir le fruit et de conquérir la Silésie, lorsque la plus grande partie de l'armée russe recul ordre de se joindre à celle de l'Impératrice-Reine et f|u'elle cffeclua celte jonction pondant la campagne de 1761.
llKClJKtL VU» INSTRUIT. DU'LOUAT.
LE MAHOI tS DK DURFOHT, \ ,y»<
D*uii autre côté. l'Angleterre, pressée par le roi de Prusse dr ni" pas l'ahuadoimer duns ce. danger où il se Irouvoil, vouhil ajouter aux Ruerifices que la France avoit résolu de faire au bien de Hiumanilé et de la paix, des conditions qui étoient contrains aux désirs et aux intérêts des alliés du Boi ainsi qu'aux png;&gemcnts qu'il uvoil pris avec eux. Sa Majesté, toujours fidèle aux devoirs de ralliance et de Tamitié, résolut do renoncer à une pais qui éloil devenue néccsBaire h ses peuples, plutôt que de s'interdire la faculté do remplir ses obligations envers ses alliés et de s'engaçer à la resiituliou des ronqtiêtt'S que ses armes avoienl faites, mais dont la rour de Vienne juge.i la ronservalion iadispensable pour ses intérêts.
L'inflexibilité ambitieuse de la cour de Londres fil donc échouer la nr^ncialioii de la paix. Le Roi en Ht rendre les détails publies, ot toute l'Eumpe admira la grandeur d'éme de SaMajpslé qui, en sacrifiant ses propres intérêts à la nécessité des circonstances, vouloit plutôt continuera s'exposer aux hasards d'uM guerre malheureuse que d'assurer sa propre tranquillité anx dépens de la fidélité qu'i'lle devoit h ses alliés et en les fon,'anlàj souscrire h des arrangements qui ne leur convenoient pas.
La campagne se passa infructueusement en Silésîe; Tanné* combinée fut obligée de se sépai'or. La cour de Vienne conserva néanmoins pour In i:ampagne suivante des espérances qoe la prise do ("olherg par les Russes fortifia; mais la mort de limpératrice Elisabeth, arrivée en 1762, renversa tout l'édifice de sa politique; elle eut même à craindre pendant quelque temps qoff reiithousiasme de Pierre III pour le roi de Prusse ne lui fil tourner ses armes contre elle. La révolution qui plaçai Catherine II sur te trône lit renaître ses espérances pour un moment, nuiis elle reconnut bientôt son erreur; d'ailleurs ses armées w^ faisoionl aucun progrès, et dix années d'une guerre semblable à celles qu'elles faisoient n\auroii'nt fait qu'au^Muenter son épuisement sans l'approcher du but qu'elle se proposoit; ses finances étoient épuisées. Toutes ces eireonslances réunies lui firent sincèrement désirer la paîx.
Les pertes que FEspugno avoit faites depuis qu'elle a\oil pris part à la fj;uerre. vetiulcnl encore d'ajouter de nouveani