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Autriche. Métnoires et Docwnentf. T. XLII

ANSPACH ET BAlHElilH.

VM

randebourg '. LVxécuiîon en paraissoit néanmoins éloignée;

lai.H tlos avis rérmls juirlenJ que 8a Maji'sli^ PrussIiMino a

igaj^û U< margrav*' <l«» Hairt^utli à lui abandonner dès à présent

Iministrnlion do 8i»k hJtals. Commo rox^ctilion de ce plan doit

umer l'Empiro ni en partirnlier \vs courg d© Vienno et de

^rend*^ et les ILtnls du i:ovr\iy de Francuniis le Roi a voulu que Ir

sipiir in«rt{ui$^ de Dnrfort fiil insirnil jjurlieultcromenl de tout

c« qui «îonwrno c*t objet. Il faut pour le mettre aw fail reprendre

Bps choses de plus liant. t*titt>

L'éiecfeur de Rrandclioiirtï. Albert rAcbillfl, fondateur <Ie ta

maison actuelle éii Brandebourg, lit en iil^ une disponition qui

portoil que. tant que le nombre do ses descendante; mâles le

■fermcttroit, il y auroit deux princes régnants dans les princi-

pauté? de Bairouth et d'Anspacb; tous les autres Ktats du Bran-

E bourg dévoient suivre la loi de la primo-iéuiture et appartenir colui de princes de la maison qui posséderoiL Félertorat. Cette disposition fut portée à l'assemblée générale des KtaU l'Empire, et. de leur ronsenlement, rempe>reur Frédéric III * la ntirma. et relie loi domestique fut pnr la élevée h la qualité de loi pragmalique et de reeès de TEmpiro; de manière (|ue non seulement elle doit servir de règle dans tous les cas où il s'ag-it do la succession à une partie quelconque dos Etats do Brandebourg, mais qu'elle donne un droit fornud à toutes les pailieit ^iii peuvent y être intéressées d'en réclamer IVxécution.

Les princes de la maison de Brandebourg ont toujours reli-

1. Lft U^^ae cadette des HohenroIIern <^tail établie eo Franconie, oii elle jhim^

it le» margrnriaLs d'Anupach e« Hairt'ulli, torsqu'uu de ses priaccj, Pr»iJ<inc Vt,

Mal. m fin. maryrav^ rt éFerlMir de Rrandrbourg bous I« noin d» Fmiéric !«♦.

Ala, Alb«rt l'Adaille, ctablil l'unitc politique de l'IClat par la l«i de succeMioa

\Hlifiiilc Conttilvliu AcliUlea. qui peniicttait de séparer les principautés frânco-

inet de IVIectoriit, et maiuletiait In diviiiion de i*?i pHncipauté* en d«ax lifnen;

rél«otoral était indiriiible. Albert l'Aciullfl «Ublil m» ciirlf>t« en Francoaie,

aa descendance r^gua jii«(jn'<'ii iyû3. Les principauus de Krancouie paiwèrent

ilon à dpux autres lu- It^ttes, qui a'étnl)Iin*nt l'une n Bnrn'uih. l'autre ft

Ampanh. Los deux pim i uia menaçant de mourir «ans euftiutit, FriJ^dèh^ H

eoncial, en 1752, avec les princei^ de sa mni&ou, une courentign stipulant, eu ce coa, l« rwtour de» principautés Tranconipune» nu prince rt^drnaut en Pruin»e et leur incorpMMlo* à U mouarcbie jiruatienne. Dans les nt^gooiatioaa d'HtthurtatMnirf . l'Aa» fûulut l'aire déclarer qu» la rùuniou projetée ëtait ixDpvrasible. Frédéric ■'; . — HmLt, II. p. a, 15, 2S. sn. — Rwm:, !lit,-<l,'uU,ij, i. p. 112. U FrmJerk III. duc d'Autriche. enipi>reur, t4IO>UPii.

tas

LE MAHQUiS DE DURFOHT, 1760.

fîieusement observé les dinpositions de cvlie .sanclron \\ lique. Au commuîicenienl du xvi" siècle, la branche de lîaii trouvant éteinte, le niarj«rave d'Anspnch posséda pendant quelqvLB!^ années les deux principautés; mais à sa mort^il se mit dbligé de les partager entre ses deux fil h.

En 4603. res deux branches ayant manqué, rùiccteur Je^ii- Georges partAgca ses btals entre ses fils, qui étoient au nomhii'à' tmpi; mais après sa mort réiocleur Joachim-Frédéric, l'aioé d'entre eux, voulut (]ue les choses fussent ramenés au paclf de !473. et il dnmia Baireuth et Anspaeh à se» deux frères, qui le suivoient immédiatement dans l'ordre de la naissance.

En 4703 le margrave apanage de Bairoulh, Chrélien-IIctiri, oéâm êOD dix>it de sucx:ession au roi de Prus.ie; mais l'Empereur ayant eu connoissanco du traité de cession» Sa Majesté Prustiictme jugea à propos de Faunulerde son propre mouvement, et va 17Î2 toutes les choses furent rétablies sur le pied de lu pragmatique de 4473.

Il parolt donc que cotte loi solennelle et l'usage qui ad a constaté rinterprélation veulent que les Étals de Franconic toient possédés par les puînés de la maison, et que les deux msTpruvials ne peuvent être réunis entre etw ni possédés par le même prinro que dans le cas où il se trouvcroit être le seul de* deux branches , enfin que la réunion des deux margraviat»! â réleclorut nV'st autorisée que dans le cas où rclecl«ur seroit le seul mâle de sa maison.

Cet ordre de succession, analogue aux principes politiques des siècles où il a été établi, a paru au roi de Prusse actuel contraire à la conservation du lustre et do la pui-ssance de sa maison, vu surtout que la pragmatique autridiienne «voit concentré à jamais la puissance do la maison d'Autriche dans un seul individu par rintroduction du droit de primo^éniture et de rindi\-isibililé de ses Ktat» héréditaires. Le roi de Prusse, îiprès avoir ajouté 1a Silésie aux Etals que ses ancêtres «voient réunis au Brandebourg, s'occupa donc des moyens de mettre sa maison en étal de contrebalancer dans tous les temps la puissance de la maison d'Autriche. Celle-ci lui avoit donné Texemplo, il l'imita et concltil en 1752 avec les margraves de Baireuth cl d'Anspach un [»acle de

ANSPACII ET BAIHEIITH.

îînp pour servir flf s.iiirlioii pragmaliqm.', pt-rpéltielle el irréwble dans la maison de Brandebourg.

L'objel priiiripal de ce nouveau parte a été d'élablîr cl d'aler CQ faveur des mAles de ladite maison le droit de primogé- Uire et l'indivisibilité de la masHo des Etals qu'elle pourra |u6rir dans la suile, et d'empêcher h perpétuité tout démemîmenl et tout partage, soit dans le cas de l'extinclion totale la branche royale et électorale, soit dans le cas où l'une des ^tix branches de la Franconie vint à matupier, soit enfin dans lui où les deux margraviats échussent h hi branche royale et slorale pai* l'extinction des deux brandies qui les possèdent tuellement. On joint à ce mémoire un extrait de ce pacte de ulle pour mettre l'ambassadeur du Roi mieux à portée d'en ëbnnoitre les stipulai ions.

Aucun des eus prévus par cet acte n'a encore existé, el, par ^nséquent, les parties intéressées auroient pu tenir la même conduîto que l'on a tenue fors dr. la publication de la sanction igmatiq^ue autrichienne, c'est-à-dire attendre révénement mr se conduire selon les circonstances; mais la cour de Vienne it de sa prévoyance, lors de la négociation Je la pnix de ibertsbourg, de proposer au roi de Prusse d'établir une mde géniture dans sa maison pour les margraviats de Frauli«, en lui annonçant en même temps qu'elle étoil réstdue d'en iblir elle-même une pour la Tosc^me en faveur de Tarchiduc )pold. Elle demanda en outre le consentement de ce prince à îtative féodale du duché de Modèno qu'elle dcstinoil à un archiducs cadets; Sa Majesté Prussienne consentit i'i ce dernier iclc eu stipulant une réciprocité de complaisance de la pai'l de cour impériale lorsque Foccasion s'en présenleroit; mais quant k la seconde géniture à établir dans sa maison, il refusa nette-

tnt d'en prendre l'engagement ; cependant la cour de Vienne ut alors assez satisfaite du fruit de sa démarche, et soit qu'elle iii avoir pénétré les dispûsiti«)ns du roi de Prusse et deviné le |i!l pour luquel il se réservoit de réclamer la complaisance do Impéiiales, soit qu'on s'en nipporti\l à Vienne k lôn" qu'on supposoit que lit force avec laquelle cette avoit été traitée feroit sur le roi de l'russo, le ministère

KBCQHI. bU:i I.V$TU,i;ci. UITLOMAT. I. — 2S

U: MAUyLlS DE OUIUOHT. I7«i».

autrichien u paru depuis assez Iranquillo sur les projel* de la cour de Berlin, fîepnidanl depuis ht mort du margrave Frédéric de Bairoulh, arrivée en 1763, plusieurs circonstances onl faiUonuoitre que l'intentiou du roi do Prusse u'éloit pas d'alteudiv l'événemrnt ; mais de faire naître roncasion de s'emparer do radministraliûu des Etats do Bairouth en réduisant le mnrgnivc actuel à uno pension, ri en donnant un dédommagement tel quel au margrave d'Anspach. le plus proche agnat et successeur légilime du margrave de Baireulh. On ne sait pus si c'est par sénirili' ou par irrésolution que la cour de Vieinie s'est tenue dans la jjIw |iarfaite inaction, tandis qu'elle avoit des avis certains des manœuvres du roi de Prusse à Bairouth. Elle a néglige lou» les moyens ({u'on lui a ]»résentés, soit pour engager le margrave de Baireuth à se remarier, soit pour gagner le ministère de f* prince; mais comme on assure que le sieur de Knyphauseu vsi arrivé à Baireuth, afin d'y prendre Tudministralien du pay« poar le compte du roi de Prusse, quoique tout doive continuer à m faire sous le nom du margrave, et qu'on assure d'ailleurs que K* mai'grave d'Anspach, seul légitime contradicteur, a consenti k cet arrangement dann le voyage qu'il vient de faire à Berlin, il est probable que la cour de Vienne, désabusée de ses prétentions, ou forcée de sortir de sa léthargie habituelle, courra au rcmëdc et tâchera de prévenir l'exécution totale du plan dont elle voit maintenant le commencement. Comme elle voudra vi-aisemhlablomenl intéresser le Roi dans sa cause, il est nécessaire de prévenir le sieur marquis de Durfort sur tes moyens auxquels on (irésume qu'elle pourroit avoir recours»

Il est constant que le pacte de famille de 4752 est contraire aux disjtosilions du recès de 4473 et k Fusago qui en a fixé lin* lerprétation ; de plus, il est destitué de la coufiimation de l'Erapereurel de l'Empire, et il peut par conséquent être attaqué par toutes les parties intéressées. Tels sont :

1* L'Empereur et l'Empire, parce qu'on prétend introduiff sans leur aveu une nouvelle forme de succéder dans les fu'^ de l'Empire possédés par la maison de Brandebourg. La cour de Berlin peut, à la vérité, répandre ejue la plupart des pactes de fatuille des j^raiidets maisons d Allemagne ont été reganlés ûe

A.NSl'Ai I! bi HAlliLl IIL

vas

loul l<'mps comme drs lois jmremiinl domrstifjurs . «'l i]iii iravoionl mil besoin Av la roiilirmatioii impérialr; mais quoique C6tle muxime soil confîrmée par une mulliliido d'oxi'mpioH et même en quelque Rorlo par les dernières capitulations, la maison df» Brandobourg sf Irouvo dans nn cas purlitutlicr par rolîel de l'acte de 1473. lequel ayant pasHé eu force de reci-ii eL de loi de l'Kmpiiv, pareil ne pouvoir être renversé que de ta manière qu'il

Iélé établi ; 2" Le roi et la n'^publique de Pologne, parce qu^on a étendu droit de succéder dans le duché de Prusse aux branches de Bairenlh et d'Anspacb qui n'y ont aucun droit; K 9" Los princes radiais <]uelcunques de la maison de Itran- Bebourg auxquels les margraviats de Franconie devroieul ser\ir Tl'apaiuif;e, et qui pourroîeut en outre prétendre aux nouvelles acquisitions que la branche électorale a faites dans le siècle précédent el dans celui-ci;

m Knfîu 4"* les princesses de la ligne électorale \ par rapport aux biens provenant de la succession de Clèves h laquelle les jnor^^ves de Franconie ne sont pas appelés de leur chef, puis- ||ii*iU ne descendent pas do Morie-Éléonore , princesse de Clèves *.

Il y auroit deux manières de faire valoir tous ces moyens pai* les voies de droit : la première seroit d'enji^ager quelqu'un des prétendants, h qui le parte de -1752 fait tort, d'en ilemaiider la cassation à l'Empereur, et la deuxième de faire a^ir le fiscal de l'Empire d'oflire pour le même but. La première de ces méthodes Broit sans contredit la nieideure, mais l'on ne voit pas quelle roil la partie intéressée qui pourroit hasarder un*' pareille

Par r»rtjcle XVIII du trait» «l'Uubertiibourg, le roi «l« Pruwe ri'nuuvelaii lu im tùle eatre lui ei l'électeur palutin en 1741, nu 8ig«l ilft la KUCCeMton (Je ClèveN el Berg'.

Marit'-Klénaore de <'l*«v«««, wi»ur alnév du duc de Clève>s iiutrt «ans ear«ni» «a avait «(Hiutis le duc de rrus»** Albcrt-Prvdérii.'. Sa Ûllo aloee, Anm^ ep«.)UAa ood] elect«ur «Je Brundebourg, auquel elle apiuiri.'i la PruMe ducale cl « »ur Juliens, C]ëv(i« et Berp. Jeun Sigteinoad reuuit aioai à réle<Morat le 1 ' ' ■ l*ni(t»«t iju'Albert de BnmdeWourK. >jrr»ud-ni«ilre île TOrdre trutoniqu^,

:i> ne en «lucbé ber«JU;iiri>, «ou» la »uj!eriuu«'le |K»k<ii:iiH<?, jnir un traite d»»

' ' ' ■>«»« J« rot de Pid^Roe Siinsutoud. Il eu ulitinl l'iuvtistiini-v de U Pologao en

LK MARQUS de DURFORT, ITt;<..

levée de boucliers du vivant du roi de Prusse. OuauL a la deuxième mt'lhodc, elle ne seroil pas suflisante parce qup l'omission de la confirmalion impériale n'est point un moyen de iiullilé, et que lo pacte de i752 n'est pas contraire aux lois de rKmpire, ce i\\\\ pourroil seul auloriser h l'annuler. D'ailleur», celte demande îilarmeroil les princes de l'Empire entre lesquels il subsiste des partes qat no sont pas confirmés par l'Empereur; elle olFenseroit le roi de Prusse qui prélendroil y voir un attentai aux libertés des Etats, un acte de despotisme et un abus do pouvoir judiciaire, et on ne poun'oit qu'en attendre des suilM les plus considérables et les plus funestes pour la cour impériale, puisqu'il est certain que cette conduite aliéneroil tous le» esprits.

Il est donc plus probable qu'elle voudra temporiser, attendre l'époque do l'exécution entière du pacte de 1732 et préparer des oppositions de la part de quelque prince ou de quelque princesse de la maison de Urandebourg. La procédure seroit alors en règle. La cour de Vienne pourroit se promettre PassistanC'C des cercles de Franconie, de Bavière et de Souabe auxquelles l'établissement des forces prussiennes en Franconie causera les plus vives alarmes; elle sera également certaine du concours de la cour de Dresde dont les Etats se trouveront pris à revers par les forces que le roi do Prusse ne manquoroit pas d'entretenir on Franconie L'assistance de tous ces Etals que dos périls et des cniintcs communes lieront à la cour de Vienne, peut entrer pour beuucoup dans son plan et influer sur la disposition où on a tout lieu de croire qu'elle est de faire plutôt la gueiTC au roi de Pfus**, que de soulTrîr que les margraviats de Franconie soient réunis à la masse des Kt<its de la maison de Brandebourg-. En effet, en considérant tous les maux dont cette réunion ta monaceroit. il paroîl que ce parti seroit moins de choix que do nécessité.

Les margraviats sont riches, fertiles et peuplés, l'économie prussienne y trouvera facilement de quoi entretenir vinj^l-cinq ou trente mille hommes. Leur possesseur e.st directeur au cercle de Franconie; il dictera des lois à l'assemblée des Etals. Outre cet accroissement réel et important de puissance militaire el politique, la position géû<5afip bique de ces États les rend e.vtiV'tncment iuléressaols. La Franconie est au centre de l'Empire; sa

ANSPACH ET nAIRElITH.

situation et nfs forces lui ont toujours (loiiné une influence dominante Hur les résoUilinns des cerries, rt c'est pn'squo toujours par elle que la rour de Vienne a fait entrer Tlvmjiire dans les meroiles. Le margraviat de Haireuth confine, à la Bohème t'I à la ce; celui d'Anspach coiifiur à la Bavière et à la Souahe et touche presque a» Danube. Le roi de Prnsso, maître de ces pays, iroit donc unt* entrée de [tins en Bohème, se Irouveroît à ^rtéo de contenir la Souuhe et la Bavii-re, où Téloignenn'nt du lire do sa puissance lui donnoit jusqu'ici peu ou point d'inleDce. Mais ce qui touchera le plus la cour de Vienne, il interceptera la communication des htats autrichiens avec l'Empire et surtout celle avec les Pays-Bas; la cour impériale devra renoncer à toute inlluence dans les cercles, et le roi de Prusse se trouvera à portée de pénétrer jusqu** dans les provinces autrichiennes situées à la rive droite du Danube, tandis que les armées autrichiennes seront occupées à défendre la Moravie et la Bohême; ou pour se garantir ^]^' ce péril, la cour de Vienne sera obligée d'augmenter son militaire dans la mémo proportion que le roi de Prusse augmentera le sien, au moyen des ressources que lui foumii-ont les margraviats de Frunconic,

Toutes ces raisons persuadent que la cour de Vienne préférera la guerre h. une situation si critique; mais elle attendra sans >utc, ainsi qu'on Ta déjk remarqué, le moment de la réunion leH États de Hrandebour^. A l'égard de t'adminisl ration du pays de Baireuthdonl le roi de Prusse parolt au moment de s'emiiarer, quoiqu'on puisse considérer cnlte démarche comme un commen- L cernent d'exécution du jiacte de 17o4, il ne parolt pas que FEm- ^B^reur ait qualité do s*y opposer, tant que le pays sera administré ^au nom du margrave régnant, et que ce primée et le margrave d'Anspach, son successeur féodal, ne se plaindront pas de vio- L lencc; il n'y a point de loi qui défende à ces princes de renoncer ^B l'administration de leurs États en faveur d'un agnat, et il seroit "nouveau et dangereux de leur contester cette liberté.

Dans cet état de choses, le sieur marquis de Durforl qui a vu, par la c-orrespondîmco du sieur comte dti tliiAtidet, que cette affaire a été traitée entre les doux cours h litre du coiilidcnce, marquera dans Toccasiou aux ministres impériaux l'intérêt que

^eii

i.K ^ARO^îs nK ninronT. i7Kn.

h" Hoi |»j'oii<l ù irn ohjol si iniporlanl |io»ir \v i'e|Ki8 et lu sûivti^de Leurs Majestés Impôrfalos «t de leurs Ltats. Il fera conuoUrv qup Sa Majesté s<miI paiTailement le dan^^er auquel le système lie FEmpirc soroit exposé par la réunion des États de Franconif» Il l'éleclorat de Brandebourg et h la masse dos Etats de Prusse'. Il assurera la cour de Vienne de la résolution où est Sa Majesté de concourir h toutes les mesures compatibles avec les constitutions de l'Empire et propres à empêcher l'exécution du pact«* Ar 1752, lorsque le cas arrivera. Mais l'ambassadeur du Roi ne dissimulera pas que cet objet doit être traité avec la plus jîTande d^ conspection. et que Sa Majesté croît que la moindre démarche précipitée pourroit allumer la guerre en Allemagne. Il tâchera d? pénétrer quelles sont les notions do la cour de Vienne sur les projets du mi de Prusse : si elle rroilque ce prince donnera k% États do Franconic au prince Henri ', son neveu, ainsi que quelques particularités semblent l'indiquer, ou si elle croit que le projet de Sa Majesté Prussienne est d'effectuer dès à présent 11 réunion de tous les Etats de la maison de Brandebourg. Il cherchera aussi k démêler les dispositions de la cour impériale et les moyens qu'elle compte employer dans une conjoncture aussi délicate et surtout si des idées de guerre entrent dans ses combinaisons. Enfin le sieur marquis de Durfort veillera aux démarches que la cour de Vienne pourni faire sur cet objet, soit à I» cour de Dresde, soit au cercle de Francouie qui v sont les plus intéressés, et il rendra un compte exact de sis déroiiveHe* jn ministre des alfaires étrangères.

Fait à Versailles» Ip 2 novembre 1766.

I. Fré(Jëric-H(»tiri, fils (rAugu«t«>i>OutllAum(^, frère de Prédërlc II. nn en iVit, mort ea Hffî.

ià. DIIHAND

II. dt* Duifort r<''sjcla à Vii'nne jusqu'au mais ilp iiint 1770. (hi y «ovoya, nu mois de juillet di^ la m^me année, M. Durand, ijrardi' dos Archivt^s do|iuis 17rt3, en attendant qiif^ lo barDJi dr Bivteuil, désigné cûuitue titulaire do l'ambassade, pùl quitter san pusto de Hollande pour se rendre en Autricho.

Les affaires do Pologne et d'Orient étaient les principales affaires que devait suivre M. Durand.

Auguste 111 était mort en 1763. La Russie et la Prusse firent alors BOcmner roi de Pologne Stanislas-Augihsle Poniatowski. Elles inipo-

•ni »i Ja diète de Pologne, en 1767, des lois? qui accordaient aux rotestants et aux grecs la liberté religieuse et Tégalité politique. 'Catherine II dicta le 24 ffHrier 1768 à lu diète un traité qui consacrait l'assujettissement de la Képublique à la Hussie.

Les catholiques et les patriotes polonais, oppos('>s à la Russie, se rèrenl fl foriîièi!*ent la confédération connue sous le nom de léralioii de Bar. Lu Turquie les soutint et di^clara, le 6 oclo-

1768, la guerre à la llnssie. Le duc de Cbotseul, qui songeait à soutenir les Polonais, so pn^occupait naturellement du rôle quo l'Autriche jouait en cette affaire. Le rappiocliement qui s'était fait entre elle et la Prusse, à la suite de l'entrevue d«^ Joseph II et de Pri'd^ric II à Neisse, en août 1769, l'inquiétait à juste titre. C'est dans ces conditions que l'instruction suivante fut donnée à M. Durand, le 30 mat 1770.

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