M. DURAND
onnepeul que s'en rapporter à sa prudence pour disremcr les objets qu'il devra communiquer k M. de Saiut-Priest, d« C4»uï dont la conuoissanco lui seroit inulilo.
Le sieur Dumas ' remettra au minislro plénipotentiaire du Roi tous les papiers de l'ambassade de M. le mai'quis de Durfort, ainsi que les tables des différents chiffres qui avoient été conGés à cet ambassadeur. Comme il ne s'est jamais servi du chiffre de réserve, le sieur Durand en fera usage pour transmeltrc les choses qui exigeront plus particulièrement du secret.
Fait à Versailles, le 30 mai 1770.
SUPPLÉMENT d'instructions POUR M. BUHAXD. 12 JUIN 1770.
Depuis la rédaction des instructions remises au sieur Durand, le Roi a eu la certitude do la vivacité avec laquelle la cour«l< Vienne désire de voir la paix rétablie entre la Russie et la Porlt"'; mais la conjecture qu'on avoit formée qu'on traitoit secrètement de la pacification à Conslantinople, no s'est vérifiée que quanta l'Autriche; carie ministère ottoman, loin d'en acx^ueillir l'idéts vient de proposer h Leurs Majestés Impériales do se déclarer contre les Russes *.
La cour de Vienne a fait répondre à l'office par écrit que le
i. M. Durons, charge d'nfhires ù Vienne.
2. L'Autriche avait, le 20 février 1770, écrit h Thugut, iotemoace t Conrtaati- Doplâ, d'inainuer aux Turcs l'idée d'une médiation.
3. Thngut écrivait da Conitantinople le 24 mars 1770 qu'il avait eu une entr««ii» secrète avec le reis-effeodi, et que cederuicr lui avuit offert de coaclure une alliaocxi étroite : r&baÎMement des Russes en serait l'objet et la Pologne eu rouminil ^^ prix. L'Autriche décliaa l'ouverturu; et KauQilx écrivit le 2i avril ft Thugut que le« Turcs devuieat chercher la solution de leurs embarras dans une îaterteation amicale,
AKFAIHES D'OHIKNT.
-effcndi a passé à ce sujiH, qu'ici Ir ne pou voit pr«?tulre pari à
la guerre sans embraser toute Tftliirope, et qu'elle désiroil plutôt
■ilitribuer nu rétablissement de la paix sous la double condition
que les parties belligérantes seroient remises dans l'état où elles
fient au commencemenl de la guerre et que les troupes mosites évacueroient la Polo|y;^ne.
L'esprit dans lequel cette réponse est conçue annonce que la eour de Vienne rend bommage à l'évidence des motifs puissants qui doivent la porter à désirer que les progrès drs Russes trouvent un terme prochain; mais elle suit pour parvenir à ce but ., une route assortie à ses dispositions intérieures, au caractère de
fknpératrice-Ueiu(! et h finquiétude avec laquelle elle envisage ule possibilité de perdre une tranquillité dont tes douceurs la séduisent et lui fout rejeter tous les moyens do vigueur qui pourfoient la troubler.
H Quoique le Roi ne puisse pas approuver cette méthode. Sa
HUjeslé ne peut se dispenser d'adopter le but qu'on se propose.
Bps intentions des deux cours vi leurs désirs se réunissent <iu
Boins dans la fin qu'elles se proposent. C'est un grand pas de la
part do la conr de Vienne, en énonçant positivement l'évacuation
de la Pologne. Ce désir commun sera désormais la base positive
ylll concert des deux cours. Le sieur Durand le conslalera dans
*WBs entretiens avec M. le prince de Kauiiitz, le temps et nos
soins pourront faire le reste. Le choix des moyens devient
plus facile lorsque le but est mfirqué d'une manière nette et
Eiilîve.
En faisant usage des faits que ramilié de l'Impératrice-Reine engagée à contier au Roi, le sieur Durand conlieni à sou tour à M. le prince de Kaunitz que la Porte Ollomano nous a fait faire ^brbalemenl une ouverture k peu près semblable, en y ajoutant ^ôiïre de rompre avec l'Angleterre.
^- Nous entrons trop sincèrement dans le système pacifique de la ^Ptir de Vienue pour accueillir ces insinuations dans un autre esprit que celui qui a présidé à la réponse qu'elle a faite ellemême à La Porte. Nous déclinerons donc tout ce qui peut kuduiro à étendre riiiccndie; mais nous avons de» ménagelia à garder avec la Porte qui ne nous permettent pas de lui
Utf M. DUHAND, 177U.
lenir de nous-mêmes un langage de paix, ol nous essaierons mémo de profiter do Toccasion pour nous assurer de quelques avantages sur les Anglois.
Les ministres respectifs à Constantinople pourront travailler sur ce plan chacun de son côté, mais en se concertant et de manière à pouvoir se réunir lorsque les dispositions des Turcs se manifesteront assez poumons mettre dans le cas de nous joindre sans restriction à la cour de Vienne. Le sieur Durand fera part à M. de Saint-Priest de ce qui se sera passé entre lui et H. le prince do Kaunitz à ce sujet, et il continuera d'entretenir avec cet ambassadeur une correspondance exacte et suivie. 11 recevra lui-même des instructions ultérieures selon Texigence des circonstances.
Fait à Versailles, ce 12 juin 1770.
LE PRINCE Di: IlOHAN
chule H la disgrîlco du dur de Ghoiseul, (nii siirvinn'nt fin •crnibrp 1770, eurent pour ellrl qmi M. de BrcUMiil ne so. rendit Mnt à Vienne el que M. Durand y resta. M. d'Aiguillon prit len Tairns ^tranjarèn's.
Lîi guerre de Pologne ol la guerre de Turquie se prolongeaient K :4e couiptiquuienL Le roi de Prusse el l'Empereur s'(?tajent revus à 'Neusladt, eu septembre HTO. Des négociations .se stiivtiienl entre Berlin. Vienne et Pétcrsbourg : lu France n'en était poinl instruite par CCS cabinets. Les rapports de Durand, malgré le soin que prenait Kaanitz de le tenir à l'écart, (étaient faits pour alarmer le gouvernement français. Continuant h stintr-nir secrètement les confédérés de Pologne, il avait en juillet 1771 rappeM Duinouriez et envoyé M. de iVioménil pour le remplacer.
I II était nécessaire d'avoir un ambassadeur à Vienne. On décida
d'y envoyer le prince Louis de llohan, rardinul et coinljuleur do
Strasbourg. Sa nomination lut annoncée à Durand, par une dépêche
lu i juillet 1771. L<L' 3 novembre, Durand fut invité à demeurer h
inoaprés l'arrivée du prince de llohan, «lin de te meltr^'au courant
affaires. L'ambassadeur se mit en route dans les di^rniers jour*»
ido n?!.
Le if janvier 177i, d'Aiguillon écrivait à Durand :
« Comme je vois par une lettre que m'écrit M. \v. pritice Louis de
im Hohan qu'il est arrivé .^ Vienne, je me réserve de lui mander la façon
de p«*nser du lloi sur les différents détails conti-nus dans vos lel-
Ire». lorsqu'il aura rendu » uinptfi fisses premiéns ronférencesavec
.M. !•' prince de Kauuilic. Nous summes bien pi.'rsuudés qu'il n'aura