LE PRINCE DE ROHAN
« rien négligé pour pénétrer le secret de la proposition nouvelle que « la Russie doit avoir mise en avant cl relativement à laquelle nous « n'avons aucune notion qui puisse aider nos conjeclures, .i
Le prince de Rohan, qui était arrivé Ir 10 janvier, adressa. leîO. un long rapporta M. d'Aiguillon.
<f M. Durand m'a mis au fait de la posilion actuelle, et il voudra Il bien me continuer ses bons oflices pour me procurer tous les rcn- " soignements qui pourront contribuer à développer le plan de la « négociation. Je ne vous apprendrai encore rien de nouveau... Je ne «< vous prcsruterai aujourd'hui que le tableau que je me suis Irar^ <t ù moi-même pour mon instruction ; j'y ajouterai quelques idées « qu'a fait naltrp un premier aperçu. Je vous demande vos conseils i< Monsieur le duc... «
Le cardinal exposait ensuite les vues ambitieuses de la Russie en Orient et de la Prusse en Pologne. Il montrait rAutriche prête à entrer en guerre contre la Russie : elle devait soutenir seule le poids de cette guerre; mais la France en pourrait profiter i>oot étendre ses limites du côté de la Flandre, fixer l'État de la maison de Bourbon en Italie et tarir la source des prétentions de l'Empereur dans celte contrée. Il insinuait l'idée do faire jouer à la France unrôle principal dans la guerre on employant le contingent de vingt-quatre mille hommes, stipulé par le traité de 1756, à agir en Pologne contre la Russie. « Je vous supplie, Monsieur le duc, ajoutait-il, de me faire connoltrc votre opinion sur ces premières idées, afin de puiser dans vos conseils le degré de force et de fermeté qu'il faudra mettre dins ma manière de traiter avec le prince de Kaunilz. » Le duc d'Aiguillon, en réponse à ce rapport, adressa le 6 février 1772. au prince de Rohan, pour son instruction, la dépêche qui suit.