POLITIQUE DE L'AUTRICHE
2" Des alliances et du système politique du Roi relativement celle de Vienne ; 3* Des obslnch^s et dos inconvénients do Talliance et de la 'conduite à lenir a cet égard;
4* Du système politique du Roi vis-à-vis dos autres puis- ^Muaces de l'Europe ;
^P &• Des affaires particulières que nous avons h traiter avec la ^nour de Vienne.
Do système et de la situation de la cour de Vienne relativement aux principales puissances de rsurope.
La monarchie autrichienne, échappée aux dangers dont elle fut menacée pendant la guerre de 1741, a pris depuis celte époque des accroissements considérables de forces intérieures, quelle iloit à la sagesse de 1 administration de Tlmpéralrice- Reine et à la fermeté mêlé** d'adresse avec laquelle celte princesse a su se soumettre les Etats de ses pays héréditaires. Cette monarchie n'avoit eu jusque-là, si Ton peut s'exprimer ainsi, qu'une force d'inertie que des arrangements de toute espèce ont convertie en une force activa, dont la masse et la solidité l'avoieut rendue très supérieure à la puissance factice de la monarchie prussienne, alors uniquement due aux soins et au génie du prince qui la gouvernoit.
La position politique de la maison d^Aulriche répondit à cet état fortuné de ses affaires intérieures. En alliance avec la France depuiii 175fi, les événements d'une guerre malheureuse et la diversité des intérêts lors de la pacification, n'avoient point altéré la confiance qui peut seule former une base solide de l'union de deux aussi grandes puissances lorsqu'elles ne mettent tpas leur gloire à dépouiller un tiers innocent.
L'amour de la paix commun aux deux souverains animoil toutes leurs démarches et promettoit «i l'Europe une ti'anquillité durable.
LB'BAROiN DE BRETEUIL, 1774.
Russie.
L'union même de la Russie avec le roi de Prusse • sembloil en être un nouveau garant, malgré la jalousie qu'elle exciloil à Vienne, atleudu qu'il n'étoit pas possible que ces deux puissances alunissent d'intérêts contre la cour de Vienne, el qw celle-ci, d'un autre côté, n'auroit jamais pu former d'entreprises sans les faire précéder du rclonr de la Russie vci*s elle; retour que des tentatives multipliées et une animosilé secrète et réciproque, assez adroitement déguisée de part et d'autre, faisoienl regarder comme impraticable.
L'heureux équilibre qui résultoit de cette position en faveur de la Iranquillilc du rontinenl se trouva menacé par les suites qu'entraîna la guerre que la Russie s'étoit attirée par ses entreprises despotiques en Pologne. La cour de Vienne, intéressée à maintenir, une sorte de balance entre la puissance russe et la Porte, craignoit également Tinsolence dos Turcs, Tambition de la Russie el les succès des uns et des autres.
Ces dispositions l'ont fait pencher de préférence pour celle des deux parties qui paroissoit prèle à succomber. De là V-s négociations dont le sieur baron do Breteuil s'est instruit par les con'espondauces qui lui ont été communiquées, et le traité «lu 6 juillet 1771', par lequel la cour de Vienne s'engageoit à procurer aux Turcs une paix raisonnable moyennant des avantages pécuniaires et territoriaux qu'elle s'étoit fait assurer. Cette matière sera traitée plus en détail à l'article de la Porte Ottomane.
Fidèle jusque-là à rinlérél fondamental de sa monarchie, la cour de Vienne avoil contenu l'ambition du roi do Prusse ; mais un onchalnemenL de causes que l'amour immodéré de la paix a seul rendues actives, l'entraîna enfin dans les vues d^envahissement méditées depuis longtemps par ce prince, qui manœuvra
1. La Prusse et la Russie, Viéet, par le traité de paix du 5 tuai 1762* &Tftieiit renouvelé et t^tendu cetta PiUtance par le traité du 11 avril 1704. C« traité arail ea outre réglé leur iictîoD commune ea Pologne en rue de l'élection de SUiûitlM' Auguste Poaiatuwsl^t.
2. Traité s'sgaé ù Conatantiaople le 6 juillet 1771. L'Autriche «'«agageait i MOOttder, moyennant subsides, la Turquie dans son intervention en faveur de la Pologne. Ce traité ne fut paa ratiflé pitr l'Autriche.