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L'AUTRICHE ET LA RUSSIE

ftt bien que Leurs Majestés Impériales crurent ou pai'urent croire que leur association à ses projets, dont elles ne se dissimuloienl |>a8 riuiquité. éloit le seul moyen d'éviter une guerre qu'elles

tredoutoicnt d'aut<int plus qu'elles no croyoienl pas pouvoir compter sur rnssistancc tle la France.

Telles furent au moins les couleurs dont la cour de Vienne couxTit ses démarches lorsqu'elle se trouva dans le cas de s'en expliquer avec le feu Roi. Elle articula même qu'elle n'avoit pris son parti que d'après le refus fait par Sa Majesté de concourir à empêcher Texécution de projets aussi pernicieux. Mais il est important d'établir que le résultat de toutes les correspondances et do toutes les démarches connues se réduit k des observations et k des ouvertures vagues et légères, aussitôt abandonnées qu'exécutées.

■ Quoi qu'il en soit, l'union résultant du traité de partage ne ^paroît pas avoir solidem^-nt rapproché les trois cours Tune do l'autre, et la paix qui vient de se conclure ' ne peut qu'ajouter de nouveaux motifs de jalousie et d'intérêt à ceux qui les divisent déjà.

I Jusqu'à celle double époque, lu cour de Vienne, maltf^ré la conduite [ileine de duplicité et de malveillance de Catherine 11 à Aun avènement au trône', n'avoiL cessé do ménager et d'espérer le retour de la Russie à rancienne alliauco des deux empires. Cette alliance étoit alors, en effet, la plus naturelle et la plus solide do toutes celles que des puissances quelconques de l'Europe puissent former entre elles : elle avoit pour but de contenir deux puissances, les Turcs et la cour de Herlin. qui étoient également ennemies de l'un et de l'autre des deux alliés. Nul objet de jaloii- •ic ni d'intérêt opposé ne les divisoit, d'autant que l'Autricho s'obslinoit à ri-garder avec indifTércnco le sort de la Pologne, et qu'elle sembloit même applaudir à l'ascendant que la Russie Hi'étoit arrogé dans cette république. Par une suite do celle façon de penser, le ministère autrirbîeu, malgré la haine personnelle ; deux souverains et l'intimité des liaisons de Catherine II avec

I. Traité de KaloArdji, 21 juillet 1774, enU% In Rnsueet la Turquie.

S. C«Ut«riae II ftvaîi ni&iolaau les eo^^agemeaU de Pierre tll a?eo Frédéric IL

LE BARON DE nRETEUIL. 1774.

le roi de Prnsfle. a constamment suivi un Byslème de ménagements et d*égards dont la moindre circonstance pouvoit lut faire recueillir les fruits.

Toutes ces combinaisons et rulations sont aujourd'hui cl gées par l'effet des avantages incalculables que la Russie acqtiiert par sa paix avec les Turcs, et par la destruction dont sa position nienuce désormais l'empire turc en Europe. Cet empire non seulement n'est plus un objet commun de crainte et de jalousie, mais la maison d'Autriche doit s'intéresser à sa conservation, si elle veut empêcher la Russie d'acquérir une prépondérance qui il Biettroil elle-même en danger.

Des réflexions directes et personnelles à la cour de Viaow confirment ces vérités. Les possessions respectives se Irouveal aujourd'hui rapprochées. Celles de la maison d'Autriche en Trunsytvanie et surtout en Pologne sont exposées & rin^iiÂioc des Russes et à la dévastation des essaims do Tnrtares, que leur fausse indépendance' n'empêchera pas do se livrer k l'ascendatil ou à la séduction de la Russie. On peut donc poser en fait que les royaumes de Gallicie et de Lodomérie ont affaibli la molla^ chie autrichienne, en énervant l'ensemble de sa défense et on consommant une partie des moyens nécessaires à la protection de ses anciennes possessions et qui seront toujours insuffisants pour les nouvelles. L'enthousiasme des grecs*, répandus dans le» unes et dans les autres, est encore un puissant ressort dont la Russie saura entretenir l'activité. Enfm la cour de Vienne a ouvert les yeux sur rimportance dont il est pour elle d'acquérir une influence directe en Pologne et de côutre-balancer celle i1m deux autres puissances qui ont le même intérêt, et l'on sait qu'elle a fait des démarches pour former un parti qui lui fût attaché.

Tel est l'effet subit et inopiné de la révolution dont on approfondit ici les effets, qu'à peine restc-t-il aujourd'hui, dans rinlérét commun de réprimer l'ambition du roi de Prusse, un point d'appui pour la réunion des deux cours impériiiles, et quand

t . Lui traité de Kalaardji déclarait les Tartares de Crimée indépendants, souj U garantie de la Russie.

2. Les sujets autrichiens appartenant au culte grec orthodoxe.

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