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L'AUTRICHE ET LA PORTE

même quelque incident imprévu l'opéreroit dans lf?8 conjonctures actuplles, elle ne scroit que précaire el sans doute fondée sur des intérôts momentanés; pt» par conséqutmt, une politique sa^e et pn'ivoyanto qui doit attendre que le mouvement des prissions apaisé remette chaque cliose. !\ sa place, ne pourroit point y î asseoir ses calculs avec quoique sùreié.

Ce coup d'œil suftira h l'ambassadeur du Roi pour le diriger dans ses recherches el dans ses observations sur un point aussi important.

La conduite que le ministëro autrichien tiendra vi»-à-vis de la Russie, nous donnera des lumières très utiles pour pénétrer le système nouveau qu'il va stms doute fonner.

La Porte.

Il seroit bien difficile de définir la position dans laquelle la cour de Vienne va se trouver vis-à-vis de la Porte Ottomane. Les 'égards constants et mutuels, Texécution fid»?lo des traités et le mvenir de la modération des Turcs pendant l'avant-dernibre lerro', avoient établi, jusqu'aux derniers évënemonts de la Pologne, une bonne intelligence assez sincère, quoique la cour de Vienne connût très bien le penchant des Turcs à l'attaquer do préférence, qu'ell<" seulU vivement les perles qu'elle avoit fuites ^par la paix do Ii«'lgTade el qu'elle vît s<«8 douanes d<^ Hongrie ^anéanties et l'industrie des nationaux étouffée par les privilèges exorbitants des marchands turcs. La cour de Vienne persista dans cette conduite, même après que la faute commise dans le

1. La guerre de Cbarl»s VI coatro les Turcs, en 1735, M t«nniim U 10 lep* l»D)br« 1739 |»ar le u>ait^ de Belgnule qui tlt [>enlrc à l'Autriche Ia plus gnuidfl partie d«t eonquétea acquises lors de la pnii de Pasaarovili en 1718, el ramenai* froQtiApe à Ia porte d» fer d'Orsova et nu cours du Daunhe, de Ia Save « l'ilunti. — • LftfUAfTAqui ft'Alltuuaea AUemaKne peu après l.-i signature des Iraiteit ilo Btilg^rade »!• reodii la politique du sultan MAhinoud ni plus élevée ni plus anibiti>>uitv. Soa parti étoil pris : il vouluil conserver la pais au ilehors ; il vit donc p.asaivonient lac puissances préteuduules à la succession d'Autridi(« en disputer les dépouUlfls... O fut même h la suite de cette crise que, ne voulant point laisser lieu à des défiances à la cour de Vienne, iiconseotit de convertir avec la nouvelle inaisoo d'Autricbe (1747), dnus une paix perpétuelle, lu trêve de trente ans qu'il avoit slip«U« arec l'ancieiuM. » — Mêmoirt tecret de M. dt? Vergermei iur ta politique de ia Ftwtet en Turquie, juin 1768. — Boutakio, Correspondance K<réte de Luvit XV,

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traité de Versailles ' Teut dégagée des entraves que les liaisons de la France et do l'Empire ottumiin lui avoient imposées. Elle eut soin de faire sentir à la Porte qu'elle se trouvoît privée do son appui le plus puissant; mais à cet avanUige elle voulut ajouter celui des Ums procédés et do la confiance dans ses tlispositious. Les aiïaires de Pologne et les cnLi'eprises de lu Russie ta servirent tr^s bien et redoublèrent les ménagements desTurw pour elle.

C'est ainsi qu'il s'établit entre ces deux puissances, naturellement ennemies, un commencement de confiance que les ofiiices dictés à la France par les conjonctures contribuèrent à affermir. Le premier fruit vu fui l'aveu que la cour de "Vienne obtint que la paix énoncée dans lo traité de Belgrade en termes équivoquos, susceptibles d'être restreints à un laps de quarante années, devoit être regardée comme perpétuelle. Les dispositions qui en résultèrent conduisirent à la confection de la convention du 6 juillet 1771. L'ambition do la Russie, avec lequel lo ministère autrichien avoit vainement oherrhé à renouer, et le déplorable étal des Tm'cs, furent les molifn d'une démarche aussi extraordinaire; elle produisit l'elFet qu'on s'en étoit vraisemblablement promis, relui rrami'ner la Russie à calculer avec la cour do Vienne. Dès lors 1rs Turcs furent sacrifiés. Quel que puisse avoir été le molif de cotte conduite, elle a entraîné la cour de Viemio dans une suite de fausses démarches qu'elle ne peut point justifier t»l qu'elle aura peine h réparer.

Les Tures ont eu le bon esprit de dissimuler un ressentiment impuissant; mais la cour rie Vienne n'atteignit pas son but. Elle se proposoit visiblement de borner les .succès de la Russie, dont la souveraine avoit d'ailleurs les liaisons les plus intimes avec le roi de Prusse. Il fallut donc chercher dans le partage de la Pologne un autre point d'appui à cette union, tandis que la Russie

1. « Les Turcs n'apprirent qu'avec la plus grande surpri&e qud deut court qu'ilf rëputoieat irréconciliables venoient de s'unir pnr les liens les plus étroits d« l'junitiA et de l'alliance. Maie leur surprise ne Uirci-i pns & Uégéuér«r dAus un sentitneat plai chagrin et plus aigre, lorsque le traita leur ayant été communique, ils obs^rr^real que la Fronce n'avoit pas jugé deroir les excepter des cas o(i elle seroit obligés d'admiotstrer des secours h son nouvel allie. « — Mémoire cité fie Vergcmes. — BofT-vRic, op. cit., p. 373.

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