L'AUTRICHE ET LA POHTK
libre de toute crainte, aniiisanl lo ininislèro autrichien par des discussions umîables, mais iritiTiiiiiiabli-'s, sur les conditions de la paix, ainsi que par de fausses ouvertures, par une médiation illusoire ' et par une roiifiance simulée, dont lu cour de Berlin crut avoir toute la réalité, gagnoit du temps et est parvenue à
^^lon but de la mnnièro la plus g-lorieuse, sans en avoir obli^^atlon à
^bc« uliiés.
^P On a déjà remarqué que les Turcs supportent avec une profonde dissimulation l'injure qui leur fut faite en rompant le traité du 6 juilletJjnTl '. La crainte supérieure que la llussie leur inspirera désormais, en étoulTera sans doute lo resseutîmeril ]>our peu que la cour de Vienne veuille leur marquer inlérèl et amitié.
P\ Dans cette position, sa conduite devient très intéressante. 8i la force des circonstances la tire de rinerti»." qui fait le rararlbro }t qui a fait la honlo de sa politique, elle a trois partis à prendre : l* celui de garantir aux Russes la paix de KaïuardjS ; 12" celui do itir aux Turcs leur état actuel par un traité défensif ; 3' de se înir simplement en mesure par des iasinuatinns et par imo ^attention suivie sur les événements.
Le second de ces partis seroil peul-étro le seul cou\enaLIe aux >Tais intérêts de la cour do Vienne et de Talliance; mais il ne seroit pas impossible que les circonstaDces rentralnassent dans le premier, quoiqu'il soil plus vraisemblable que Tinaction, analogue ii ses principes et à sou humeur, jnéseutera à ses yeux le troisième parti, qui est le plus commode, comme étant en mémo temps le plus sûr.
r i. L'Articl* IV du traité de partage du 85 juillet 1772 porCAtt ren(fa^m«>ol cl« r.\ulrich« « de continuer ù n'employer sioccrentcut nu succès du coDgrès et coixaéqtMnUDCDt nui bon«i offices auxquels ulle s'est engagée envers les deux p«rties b«lligiraalM. ■ Dn coagrés s'était réuni en nvril 1772 à Poktchany. Lorsque les Anlri* éhimkM »'y pré*eatèr«ni comme titediatcurs, les Russes refusèrent de 1«» recevoir eo fwttn qualité et de les nduiollro aux conféreDces, disant qu'il ne s'nginHait ^ue de bom 9flk*t.
t. L« traité du 6 juillet 1771, bien qu'il eût reçu ua couimeoMment d'exéoutioD dt la port de* Turcs par le paiement des subsides, ne Ait pat ratiflé et Tat même ll^ODiirl^ par l'Autricbo «u mois d'avril 1772.
Mk LE BARON DE DRETECIL, 177 i
Prusse.
Ounnt à la position de la cour do Vienne vîs-à-vis du roi de Prusse, rinlcr6t momentané du partag^c do la Pologne a para changer le système do la première qui est de tenir pour maxime fondamentale que la puissance prussienne est son ennemie essentielle cl irréconciliable. Malgré la nécessité des circOBslances et rillnsion volontaire que l'engouement de TEmpcreur pour le roi de Prusse et les petites complaisances affectées de Sa Majesté Prussienne dans les affaires de l'Empire, qui flaltiiienl l'ambition de ce jeune prince, concentrée dans ces affaires, ont fait naître, la rivalité est d'autant plus indestructible qu'il est impossible qu'indépendamment de la perle de la Silésie. dont le regret no s'alToiblit point, le ministère autrichien ne sente pu» vivement la faute qu'il a faite on donnant à la monarchie prussienne un accroissement énorme *, qui par lu position d«8 provinces envahies, par leur richesse et leur industrie, parle cours des fleuves et sa situation sur les plages qui offrent à k Pologne la seule communication qu'elle ait avec les puissaoees étrangères, et par les liaisons qu'elles mettent entre ses différents Ktals, rompent toute espèce de proportion avec les acquisitions autricliicnnes : de sorte que c'est vainement que le ministère de Vienne cherche à faire illusion sur le vice intrinsèque et irréparable de cetJc opération en prétextant le principe de l'égalité, auquel rexpéricncc lui prouve déjà qu'il lui sera impossible d'atteindre.
Cette vérité est également sensible en considérant la position des Etats respectivement acquis. Le roi de Prusse a réuni le» siens dans une seule masse et a facilité les mouvements du centre aux extrémités.
Les royaumes do Gallicie et de I^odomérie se trouvent, aa contraire, coupés des Etats autrichiens pai' une chaîne de montagnes presque impraticables^ et, quelques efforts que la cour de
1 . L^ Piniftae prit toute la Prusae polonaise, sauf Thorn et Danltig, Ici dUtricts MpieatrioDaui de la grande Pologne el de la CtgaTie avec BromtMrp, «o tout 600,000 babitaals : cette annexion reliait les États pruasiens 01 r^oigoait le Brudehourg à la Pnuse royale.
l.*A'UTHTCnE ET l.k PRUSSE.
Vienne fll, il lui seroil impossible de les préserver de l'invasion du roi do Prusse, que ce prince est à portét^ d*ox<!'cuter eu partant de 1a Silésie et de la Prusse, comme la Russie en partant I des rive» du Borysthène.
H^ La bonue intelligence qui a régné depuis quelques années 'f'ntro la cour impériuk' et colle de Berlin relativement aux affaires de TEmpirc, ne préseule point une hase plus snlide h runion durable des deux monarchies que le partaj^c de la Polog:ue.
Les discussions, assoupies par le désir de captiver Joseph II par l'endroit le plus sensible, renaîtront dès que l'intéi^êt momentané oe«©ra ; et le retour de tous les Etats vers la cour de Berlin d'autant plus empressé qu'ils auront eu le temps de sentir iteur du joug de la cour impériale. Déjà ropinioii do »lle opposition est si fort accréditée que les princes allemands lignent qu'elle ne puisse être détruire qu'eu les assujeltisant un partage semblable ji celui de la Pologne, et que les plus ^Mclaves d'entre eux ne voient leur salut que dans la protection ^Bb la Franco. Cet objet sera repris plus bas. ^ Il résulte de cet exposé et de ce qui a été touché plus haut que tout ce qui s'est passé n'a fait que multiplier et nij^Tir les «ujets de jalousie et de mécontenloment fulre ces deux cour». On doit croire que le ministère autrichien en est vivement affecté j lor»qa*il fait réflexion qac c'est par sa faute que la puissance
kUMienne est parvenue k un tel degré de consistance, rt que I ie Lranquillise, pour le moment^ par la pensée que le roi do PruMe ê'est rendu odieux, il doit prévoir qu'avec le temps la haine des moyens qui ont accru nue monarchie, se dissipe, et que la puiftsauce reste.
Angleterre.
^P L'Angleterre qui, en d'autres temps, n'i^ût pas vu de pareilles résolutions avec indilîéreiioe, est tellement absorbée par ses affnirf ' I sii<jucs et tellement dégoftlée de toule liaison conlineuu.' , .,u(! la Pologne et l'Empire ont pu d'autant nioiuif compter sur son a[>pui qu'elle auroit élé foirée de faire causo commun» avec la France.
Le ministère britannique avoit d'abord agi par dos insinua*
LK B\RON DE RRETEUrt, 177
Sainl-Pélerabot
les afTaires
tions assez pressantes Poloffue, de Dantzi^ et de Suède ; mais celle seule considération, plus puissante que l'intérêt le plus évident de sa nation, le porta à changer de conduite, dès qu'il s'aperçut que l'identité de 8t*s démarches et des nôtres pourroît faire soupçonner un concert entre les deux cours.
La cour de Vienne ne désespéroit pas de se lier avec I'Adglolerre, si les circonstances la portoient à rompre avec le Roi. n est constaté qu'elle s'est ménagé avec soin un retour facile vers celte puissance, et que sous l'ombre d'une neutralité qu'elle a fait proposer, de connivence avec le ministère de Sa Majesté, elle a su établir adroitement, à Londres, le préjugé qu'elle s«ule pourra maintenir cette neulrulité et laisser les Auglois, libres do tout soin continental, porter leurs efforts siu* la mer.
Elle ajouloil, d'un autre côté, que la maison d'Autriche étoil la seule alliée que TAnj^leterre pût agrandir sans blesser le» règles d'une saine politique, tant par rapport à la situation de ses Étals que parce qu'elle n'éloit point susceptible de devenir puissance commerçante; enfin qu'il étoit même do l'intérêt de cette couronne de fortifier les possesseurs des Pays-Bas, qui forment en même temps une barrière et un point d'attaque contre la Franco, ainsi qu'un gage de la fidélité de l'alliance.
C'est sur ce plan que le ministère autrichien s'est constamment conduit vis-à-vis de l'Angleterre, et sa contenance pendant les démêlés concernant File de Falkland, a été calculée et dirigée vers le même but, qu'il regai'de comme le ^Tai pivot de sa politique.
On traitera, sous rarlicle de FAllcmagne, ce qui concerne le roi d'iVnglcterre comme électeur de Hanovre.
Dmiemark, Suède, Hollande.
On ne s'arrêtera pas à tracer ici la politique de la cour de Vienne relativement au Danemark, à la Suède et à la KolJande. Le ministère autrichien, accoutumé à ne pas négocier sans nécessité et qui regarde une activité perpétuelle comme un vice et comme un inconvénient, est d'ailleurs éloigné de toute liaisoa dont l'intérêt ne lui est pas direct. C'esl le cas où il se trouve
L AtTKICHE ET LES ÉTATS IW NORD.
■vis des trois coure qui viennent d'èlre nommées. Il ne 'est jamais lié avec elles que par des puissances intermédiaires, î» dispositions à cet égard sont conformes à ce que sa siluagéojifraphique indique. Si l'on comprend la Hollande d;ms ïtte catégorie, c'est qoo les liaisons politiques avec cette répuiqtie ont cessé depuis le refus que la cour de Vienne a fait, à la lemière paix, d'exécuter le traité de la BarritTC ', et de payer cinq cent mille pala^ons qui y sont stipulés. Les rapports les deux puissances ont ensemble, h raison de la couliguilé les Etats de la République et dos pays autrïchiens, est d une ilur© diiïé rente et n'offre aucun trait à placer dans notre Ideau.
Ou ne doit pas omettre do remal^quer que la cour do Vieuuo fait des vœux pour la conservation de la Suède, de peur que ses ïpouilles ne fortiiiout la Russie et le roi de Prusse ; mais ses îox. par eux-m«^mes, seront stériles, et linlértit ne sera jamais }Z puissant pour lui inspirer des vues actives, à moins que circonstances et l'appui d'autre» puissances ne Vy engagent. Le ministère autrichien n'a pas dissimulé qu'il seroit indiffé- >nt aux projets qui n'auroient pour objet que le chang:ement de constitution du royaume, et que renvahissement de la Poniélie suédoise par le roi de Prusse ne lui parnitroil pns une IM sufiisante pour secourir la Suède, malgré les stipulations In la paix de Westphalie et la garantie que la cour de Vienne a >mise à cette couronne par le traité de 1757 *. L'ambassadeur du Roi a vu. par la correspondance, que cette »ur emploie néanmoins ses exhortations et ses bons offices pour mtcnir la Russie et le roi de Prusse. On peut compter, à la ;, que l'amour de la paix, qui domine dans les conseils autri-
MVfV
t. 4 L'empcrear ■upporlail avec uo« impatience naturelle U présence des garkoUandaUcB dans les villes de la Barrière, qui, fo f^rnode partit*. 4^tui<^nl dénaotol^s depuis U campagne do 174R, et pour lesquelles, d'silloura, sa ainsi que l'alliance intime qui l'unissait l't U France ùlsient de bien meilgaranties que la protection, dorénavant quvlqu» peu dériaoiri', de La r^putquo n<^eri.indai8et sînguli^remeut déchue de son ancienne importanoe. i liiMLY,
Traité de Stockholm du 2\ inur-s 1757 enirc l'Autriche, la Su«V|», lu Friince, ta farjintie du traite de >A'esip|ialie, couiiiiné par le traitri du 12 Mpirrahre de ■nia* sauèe.
RBCt'ttL IIBt DUniDCT. DIPLOUAT.