‹ AustricheChapitre 150 sur 179 · I.E UAHO> UE MHKTEUIL · texte numérisé non relu

I.E UAHO> UE MHKTEUIL

rhn^ns, cl la crainte de voir aJlunier un nouvel incendie, <loiit une étincelle pourroit uisémenl porter le ravage au loin, reiid^iil ses démarches sinccros.

ftalie.

L'Italie lient une pluce principale dans le âyslème politique de la cour de Vienne :

l" Relulivement aux possessions considérables qu'elle y &j directement ou indireclemonl ;

"i" Pur rapport à ses prétentions sur différents Élats et i\ Ténergio qu'elle entend donner à rautorité impériale el amJ droits surannés de l'empire d'Allemagne;

3' Par les dangers auxquels l'expose rambition aussi sige] qu'active de !a cour de Turin qui ne peut guère s'agrandir qn'4 ses dépens, el qui a eu presque toujours lo talent de ne pas] éclater ses projets k conlre-temps;

4" Par les facililés que lui offrent la Toscane et lu position dùl ses autres Etuis, surtout lorsque THcquisition du duché de Modène ' sera consommée, de les lier avec ceux de l' Allemagne , par une double communication avec la Souabe el avec le T\to1| et de fondre pour ainsi dire tous ses Etats dans une seule et même masse, eu farililant tes communications et en écartant le» obsta-j des physiques el politiques qui ralentissoient son autivité cl l'impulsion des ressorts du gouvernement.

Grisons,

C'est pour remplir ce grand objet que la cour de Vienne sollicite vivement les Grisons d'ouvrir par l'Engadine et le comlédej Cbiavenna une roule militaire et marchande qui abrégeroil et i faciliteroit, dans toutes les saisons^ la communication entre le Tyrol cl le Milanois. Rien n'a été épargné depuis dix ans pour porter les Grisons à exécuter ce projet, auquel les stipulations du capitulât de Milan Je ITiîS (article 45) no sont que trop favorables. On a employé presque la menace de leur enlever la Valleliae.

1. P.ir le mariage île l'archiduc Perdioand avec Marie d'E«te, fiUc at b«nlii>« du duc de Modène, 1171.

L'AUTRICHK ET GKNES.

eelle porlion si précieuse ilc It^-urij [lossoasions, et Tou a si bien maneuvré, qu'on a rompu les ancioimes liaisons des Grisons «vec Venise, qui pouvoient 8oiilt*s ménager k cette répuliliquB les voie» de tirer ses subsistances de l'étranger sans avoir besoin

w Glanes,

L'ambassadeur du Roi sait les attaques que la république de Gènes a eu à essuyer depuis plus de vingt ans relativement à

tSan-Rcmo, sur lequel la cour impériale a prétendu maintenir sa souveraineté^ à titre de fief de l'Empire. La perte de cette place teût été également filcheuse, soit que la cour de Vienne eût prétendu y exercer le droit de la prolecfion impériale^ soit qu'elle Veut mise à la garde de la cour de Turin. Aussi le feu Roi lil-il décltirer en 1754 qu'il feroit marcher cinquante mille hommes au ecours des Génois si Ton prétundoit exécuter, par voie do fait, le» décrets du conseil aulique de Vienne.

Depuis cette époque, les poursuites judiciaires ont recom-

encé avec plus de violence et d'appareil que jamais, L'indépen-

ance de la ville et république de Gènes a même été fonnellemeiiL

Uaquée; et l'Empereur, irrité de la fermeté avec laquelle le

ênnl a n'poussé les arrêts de son tribunal, brûloit du désir de

se venger et de punir les Génois. De nouvelles déclarations du

Roi» analogues à celles de 1754, amortirent sa colt;re, L'Impé-

ralrice-Reine eut l'air d'înlerpost^r ses bons offices. On ébaucha

un plan favorable aux San-Hcmasques, et dont l'objet devoil

'être de fair^' cesser leurs plaintes; maïs il s'est écoulé un temps

^^Pconsidérable en pourparlers et en malentendus : rien n'a été

terminé ni fixé jusqu'ici. L'affaire est assoupie momentanément ;

maison ne peut pas douter que rEmpereur n*ail intérieurement

^>le projet arrêté d'humilier et peut-être d'envahir Gênes à la pre-

^^u&ière occasion favorable.

Naples.

A l'égard do la eour de Naples, la cour de Vienne n'a que les Ualftons personnelles résultantes de ralliance que le roi des Deux'

LE BARON DE BIlETELIl., I77i.

Sicile» a contractée avec olk '. Il existe un traité de 1759, conclu sous les auRpices du fou roi et du roi d'Espagne, conccmaol !•' partage des Étals det/li presiflj, moyennant la renonciation au droit de réversibilité du duché de Parme et de Plaisance el fl l'abandon des biens allodiaux de Farnèse. Los obslacles (\w i rexécutioii de cet arrangement a soufferts de la part de la cour de Naples depuis l'avënement de Ferdinand IV au trône OQl tenu cette ulTuirc en suspens; el il semble que Inutes les parties intéressées l'onl perdue de \ue, k l'exception de l'Espagne qd a paru plusieui's fois désirer d'en voir raccomplissemcnl.

Rome '.

La conduite de la cour de Vienne envers la cour de Rome e«l semblable à colle qu'elle tient vis-à-vis de son propre citTgc, remplie d'égards extérieurs, mais pleine de fermeté et iniper> lurbable dans ses principes, marchant sans éclat, et se couteotanl de la réalité de la puissance sans en ambitionner les dehors. La cour impériale, de son côté, soutient d'une main vigoureuse non seulement la constitution antique do l'église d'Allemagne et les libertés germaniques» mais étend journellemeiil les droits de répiscopat extérieur el sa juridiction sur toutes les matières temporelles qui ont de la connexilé avec les spiriluelles.

Cette conduite ne laissant aucune prise à l'intrigue et à de fausses idées de piété et de respect pour le Saint-Siège, la cour de Vienne est de toutes les puissances catholiques celle qui éprouve les plus grands égards de la part de la cour de Rome et dont les vues et les désirs y rencontrent le moins d'oppositions et d'obstacles.

Espagne.

Quoique l'Espagne n'ait point de liens ni d'intérêts commaiiS avec la maison d'Autriche, il existe entre elles des rapports indirects et intermédiaires dignes de fixer leur attention respective :

1. Marie-Carolia«, née ea 1752, marié« «n 1708 au roi de NapJes Ferdioand IV.

2. L« pape Clément XIV étant mort lo 22 septembre 1774, son succMseor, Pie VI, ne fut élu que le i.% février 1775.

Page 1