Inatructioa du duc de Richelieu
GtJKRHE DE SUCCESSION DE POLOGNE.
et redoutent la cofM]u<'^le. S'ils se soûl alliés h lu Franco, c'est pHiTo qu\\s se sentaieul monarés poi' TAulriche ; dès quo la France l«^s a menacés, ils soiil r«*veniis à rErn[H*rf'ur. Ce n'est plu* le temps ilu la Ligue du Rhin ; un est au lendemain de cse» guerres formidables où l'on avait vu, selon l'expression de Fléchier', « l'Allemagne, ce vaste et grand eorpH composé de tant de peuples et de nations diiïéienls, déployer tousses éleiulards ri marcher sur nos frontières pour nous accabler par la force aprits nous avoir effrayés par la multitude ». Le seul moyeu de ne les point rassembler, c'est île im les point elfrayor, en se mêlant de leui-s affaires et en prétendant annexer leurs territoires. L'instruction de llicbelieu marque tr»3S nettement ces nuances et iniii^ue la conduite ù tenir à ce sujet dans des conditions qui ne sont juis sans analogie avec celles où la France se trouva après Ie9^lraités de 1815.
Le sieur duc do RichfMi'Mi w tWd pas ignorer que, même par rapport aux Princes do l'Empire en général, il seroit dangereux de lémoipier trop d'empressement à soutenir leurs intér(>ts. Kncore iinbujt des préjugés que la cour de Vieinif^ a su leur inspirer dans )U5 les temps, ils sp porteroiont à ivgarrlcr col empri'sscin(?iil counne
effet de l'envie que le liai umitit (!<■ priMulrc uiu' part principiilf? uUK affaires intérieures de TEmpirc i.'t d*y Cumeu^T la (lîvi?<loii pour ivn inlérôls purliculiers. et c'i^sl ])iir colle rai'^on priii(i|t:di'ijient <(u'il fkul« en se bornant h des exprcssinns générales, laisser aux rriiices de il^mpire, sans l«;s y inviter, lu liberté de recourir de leurs propres iiuiuv«'mi!nLs aux Itons ofllcfs du Hoi, l'I se contenlf*r de leur l'aire connoltre que Sa Majesté sera toujours prête, comme garanlo dus traités de Weslphalie. à leur donner des marques df sa protection.
L'Aulrlcbe est donc loin d'abdiquer ; la France même n'avait ru J>i disposée ii rentcnle que parce qu'elle avait atteint son lud objet, la succession d'Espagne, ot qu'il lui importait ûv lunir ses adversaires après qu'elle s'était épuisée à les coniillrc. L'opposition des desseins et le conÛiL des ambitions les remet aux prises dans la guerre de succef^^iou de Pologne. Celte |[Oorro se termim^ au grand avantage de la France par le traité
t. OrmitfOD funèbre <lv 't^ireane.
INTRODUCTION
deYiennc en 1738. La France obtient la réversion de la Lorraine, qui esl altribuée viagèrenient h. Slaninhis Leczinski. L'Autriche cètlo Naples el la Sicile à un Bourbon, l'infanl don Carlos, fils du roi d'ïvspagiie : elle n'obtient en échangée que Parme, Plaisance et Guaslalla. En m«mc temps, elle recule du cMé de l'Orient. La paix qu'elle sig^ne h Belgrade avec le Turc, en 1739, lui fait perdre ses coïKinêtes du traité de Passarovitz. Ces grandes concessions sont imposées à Charles VI, moins par les défaites qu'il a subies que par la nécessité où il est, pour assurer /i sa fille, Marie-Thérèse, l'héritago de sa monarchie, d'acbetcr aux puissances la reconnaissance lie la Pr(if/matiqi(fi st^nction. Tous ces motifs sembleraient conseiller la réconciliation. Si elle paraissait possible après la paix d'Ulrocht, elle doit sembler naturelle après la paix de Vienne. C'est en effet ce qui ressort de l'instruction donnée ii M. de Mirepoix lorsqu'il se rend en Autrirbe en 1737, pour parachever le traité. Ces propositions qui paraissent si justes et si sages, no tinrent pas cependant contre Tesprit do jalousie et les traditions d'inimitié.
L'empereur Cbarles VI mourut en 1740. Les souverains de l'Europe qui avaient piranti son testament ou renoncé solennellement à toutes prétentions sur son héritage, déchirèrent leur signature, renièrent leur parole et se ligueront pour déposséder Marie-Thérèse. La France entra dans lu coalition. On lit dans une instruction dressée quelques années après ' :
Les deux maisons de France et d'Autriche, rivales et ennemies depuis près de trois cents ans, s'éloicnl fait de leur inimitié un système politique que les puissances subaUcrnos u'avitii'iil pas manqué d'entretenir soigneusement pour leur propre avantage. En vain avoit-on tenté en différents tem[>s de les réunir, La force du préjugé avojt surtout rendu la maison d'Autriche inaccessible à toute idée de reconciliation, et chacune continuoit h travailler h r'affaiblissemenl de la puissance de l'autre.
La mort de l'empereur Charles VI 111 croire que le moment do ranéanlissement de cette maison étuit arrivé, La jalousie et les îdarmes qu'uvoit inspirées à toute l'Euroiie celle prodi^^ieusc masse d'Étals que le feu Empereur avoit tûché de réunir sur la tôte de sa