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L'AUTRICHE ET I/ESPAGNE

V L^Espagne «*mlL'res8e par sentiment, par politique, à la

^conservation des princes de «a maison établis en It-ilie. La pré-

^kondéroiice que lu maison d'Autriche y arquiert est pour elle un

^■kbjet de jalousie d'autant plus grand que la féodalité ou l'impé-

riaJité prétendue des duchés de Parme et de Plaisance, la

réversibilité de ces hlals' et la souveraineté prétendue sur San-

emo et sur Gènes même, sont autant de germes d'embarras et

e discussions que la cour de Vienne paroit avoir à c^ur de lais-

r subsister, sans doute pour en tirer avantage dans des con-

ionciures à venir.

Par une suite de la prévoyance inspirée par ce même système,

ministère autrichien a vu avec un dépit extrême Tacquisition

e la France a faite de la Corse *, attendu les facilités que f>a

SMSsion donne dlnsuller les côtes de la Toscane et d'éclairer

e port de Livourne.

â" Le même minisire a cherché h captiver la cour de Madrid

toutes sortes de prévenances personnelles et par des égai'ds

'il lui prodiîjfuoit, dans le temps qu'il n'affichoit vis-à-vis de la

rance que de la roidnur et des prétentions. Leurs Majestés

périales, sachant <|uo le roi d'Espiigno désiroit leur accession

,u Pacte de famille, réludèrenl en insinuant k TEspagne

'accéder elle-même à l'alliance du i*' mai 1756.

L'Espagne, abusée par ces apparences, crut pouvoir proposer e devenir partie princifiale dans cette alliance; mais deux considérations puissantes arrêtèrent secrèlenieut la cour de Vienne : la premii're, que les secours réciproques entre les deux couronnes ^Hloîenl illusoires ou impraticables et la réunion dans un point "d'intérêt commun impossible; deuxièmement, qu'un nouvel acte quelconque dans lequel on auroit pour ainsi dire repris l'alliance 1 en «ous-OBuvre, auroit fourni h. la France l'occasion de revenir ^hontre l'omission si fâcheuse de l'exception des Turcs. ~ La cow de Vienne mil donc toute son adresse ù faire naître

1. La r<é?«nion éTentuelle d« Parme, PlaiAanc« et Quutalia, lUpnlée en fkvvnr d» rAuLricbM par le traité d'Aixla-Chap*ll,e, article V, «t déflaie par l— trùtéa «Btr* b Praac« et PAutriche de 17r.G et 1758.

2. Lm. Cvrus avait éi« r«uiiie «n 1708, à la suiui da U MMkm f&iie par U repu* tiiqiMda Oénet.

incidents sur incidents, et elle atteig^nit son but, qui étoit d'avoir fait preuve de bonne volonté sans s'engager, de s'être mise à l'abri de toute recherche incommode et de pouvoir invoquer l'appui de TEspagne, même pour contenir la France en tonl« occasion où, sous le prétexte de Talliance, elle auroit det complaisances actives ou passives à demander à celte dernière couronne.

Telle est, à peu près la situation politique de la cour de Vienne, vis-à-vis de l'Espagne, quoique la conduite de la première dans les affaires de Pologne et vis-à-vis des Turcs ait paru porltr atteinte h la confiance et à l'estime du roi d'Espagne.

Empire dAUemagne.

II no reste plus qu'à traiter en racxîourci la politique de lacouf devienne relativement à l'empire d'x\.llemagno.

Depuis plusieurs siècles, la grandeur de la monarchie autrichienne a pour base essentielle la dignité et les prérogatives „ impériales, de sorte que toutes les parties de Tadminislratioa ■ aboutissent à ce centre commun. D'ailleurs on ne craint pointa " Vienne de donner aux prérogatives impériales une extension dont, par ses privilèges et sa puissance, elle ne ressentiroit pas le contre-coup, quand même la couronne impériale sortiroit de sa maison. fl

Tels sont, en effet, les privilèges qu'une longue suile d'em- \ percurs autrichiens a successivement procurés à leur maison, j qu'elle ne tient à l'Empereur et au corps germanique que par des fl liens qui lui sont utiles et qu'elle n'est tenue envers lui d'aucun devoir onéreu.x.

Les avantages que la maison d'Autriche trouve à étendi-e la prérogative impériale, constituent le vrai motif du .soin qu'elle prend de maintenir la constitution, non sur la base de la liberté légale des États, mais sur celle de l'efficacité de cette prérogative. Elle s'arroge, on conséquence, un pouvoir de conservation qui rendroil inutile la garantie acquise aux Etals par la paix de Weslphalie. Aussi les piiblicisles impériaux traitent-ils celle loi fondamentale et sacrée, le vrai palladium de la liberté germanique, comme un acte caduc, détruit par sa vétusté et par le chan-

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