L'AUTRICHE ET L'ALLEMAGNE
wexnent des temps et des cirronsianreB. Ils voudroient prendre
mr modèle du gouvornement les lois faites par les empereurs
>inainA, dont ceux d'AlIemagQe n*onl jamais été que les
[simulacres. Il ne tiendroit pas aux Impériaux que les vains bon-
leurs et les vaines formules, conservés par la pédanterie et
rignomnce des temps, ne devinssent des litres formels d'une
I autorité absolue.
Ce système fuit pour flatter un jeune prince, dont toute l'am- Htion et l'aulorilé se trouvoient concentrées dans ces sortes d'ob- Ijets, a fuit des progrès considérables sous son rèfrne. Les com- I plaisances affectées du roi de Prusse lut ont fait tout oser. Le [parti protestant n'a cependant pas suivi l'exemple de son cbef. Depuis que la cour de Berlin affiche un système d'indifférence >ur ses co-htats, le Hanovrf i\ pris sa place, et l'opposition a été 'HOutenue avec une telle fermeté, que dans les dernières délibérations de la diète, les minisires impériaux n'ont pos osé se prévaloir do la pluralité des suffrages pour ériger en loi des dispositions propres h assurer et à étendre Finfluence de l'Empereur dans la chambre impériale do Welzlar.
Le ressentiment que la conduite de la cour de Danovro a inspiré à l'Empereur vient d'éclater en plaintes les plus vives et Jes plus amères. Il a fait annoncer publiquement ses projets do vengeance. Ses ministres suscitent partout des ennemis h l'électeur de Hanovre.
Une conduite aussi impétueuse et la réclamation peu décente l'engagement pris par le duc de Brunswifk, loi"s de l'é- 'redion du neuvième électoral, do voter selon le vœu de la cour impériale, caractérisent les dispositions et les principes de l'Empereur et portent une vive atteinte à la réputation de justice et de patriotisme que ce prince a ambitionnée et à laquelle on peut, en partie, attribuer la déférence que le rorps des protestants lui a manjuéo en lui rruvoyaiit la dérision judiciaire des griefs de religion.
Dans une position aussi violente, on ne peut que prévoir une crise que la complaisance passagère du roi de Prusse hâtera et que son retour aux maximes fondamentales do sa politique fera un jour éclore. La crainte de voir terminer celte crise par le
in
tage de TAllemagne ou par rassujettissemeni des États a déjà frappé tous les esprits et elle fermente en secret; mais t\W ne pom-roil produire des effets salataires à la constitution qu'en donnant un point d'appui à des princes foibles, craintifjt, isolés et que leur mauvaise adminislralton prive des secours que leurs États pourroient iiatureilement fournir.
tl paroit néanmoins évident que la cour impériale n'y tmoveroit pas la compensation proportionnelle des avantages qu'elle travaillo sourdement à consolider.
Il faut placer dans cette catégorie ses prétentions sur les fief» de Bohème ', répandus depuis la frontière de ce rovaume jusqu'aux portes do Francfort, et Tespëce de supériorité quelle surrogo au titre de mai'quisnt de Burgau, sur lu plus grande partie des principautés formées des débris de Tancien duché de Souabe,
On ne doit pas omellro de rapporter ici TalTaire de la Visitation de la chambre irapéjiale*. Les États la désiroient pour corriger les abus de ce tribunal; la c^ur impériale ne la vouloil, ainsi que l'événement Ta démontré, que pour étendre et assurer son inllueiice dans une cour de judicaluro qui doToit être entièrement indépendante d'elle.
L'eiïct des vues de la cour impériale seroit que les deux tribunaux de l'Empire fussent à sa dévotion, et par conséquent que les Ltals foîbles ne pussent plus espérer de justice que de sâ bonne volonté, et que les Etats puissants même eussent à craindre l'adresse avec laquelle la cour impériale sait saisir les circonstances pour les humilier.
L'Electeur de Bavière vient d'en faire la triste épreuve dans une cause dans laquelle son tort n'est rien moins que démontré.
i. Les princes qui possédaieat en Allemagoe des flefs relevant de la cooroeii* de Buhétue y exerçuient les droits de 8upr<$iaatie territoriale. Âpre» Cbaries VI. l'Autriche reveudiqua b souveraineté de ce* fiefs. Lie conflit commença arec l'ëtctour jialatia à propos de la Beigaeurie de Pleysbeim. On vit Ji un ersténie dettiiM ù. éebL'Iouner des garnisons autricbtenues depuis Kgrst. jusqu'à Nuremberg, jusqu'au Palutiuat et & Mayence. — Observations concernant les flefs qui relèvent de la couronne de Bohème en Allemagne. — Autriche : Memotm, t. 1.
S. La Diète de l'Empire envoyait quelquefois une députation pour visiler li chambre impériale ù Wetzlar et examiner comment la justice y était reodoe. Uoi u Visitation w de ce genre eut lieu en 17ti7.
ITÂUTRICHE ET L'ALLEMAGNE.
La cour impériale, artit^nlo h Ici poursiiivro tant quo. ra(Taire a dt^pondu do la diète, lui fait éprouver des lenteurs depuis qu'elle lient dans ses mains le sort de celle utraire. Elle a d'ailleurs saisi toutes les occasions d'opprimer ce prince qui a pris, à plusieurs reprises, son recours au Itoi. Elle a fait occuper de forro le comté de Werdenfels qui fournil un passage de la haute Autriche dans le Tyrol. Elle n*a rien épargné pour intercepter le commerce qui se fait entre la Bavière et la Suisse. Les projets d'arrangement que ce prince médite pour sa succession, (excitent sa jalousie, et elle les traverse sous main'. Des offres cniisidérahles fuites à la margrave douairière de Bade pour céder h la maison d'Autriche ses droits à la succession allodiale de Bavière, prouvent ses vues à cet égard, qui se portent d'ailleurs sur plusieurs portions du haut Palalinal et sur les contrées de la Bavière voisines de liiin qui faisoient autrefois partie de FAutriche. On 110 connoîl point précisément la nature des prétentions qu'elle peut former à cet égard : on soupçonne seulement qu'elle partira du principe que les traités faits avec les anciens ducs de Bavière expireront avec leur lignée. L'ambassadeur du Boi cherchera a constater ses vues et ses moyens à cet égard. L'ouverture des successions palatine et de Bavière étant un événement possible, tout ce qui la concerne mérite toute l'attention du Boi.
La succession aux duchés de Juliers et do Berg est dans le même cas, et le sieur baron de Breleuil se donnera pour cet objet les mêmes soins.
La cour de Saxe étant intéressée dans l'une et l'autre de ces alTaircs, il sera bon d'observer si elle ne cherche pas à se lier d'intérêts avec la maison d'Autriche.
Au surplus, cette cour, malgré les sacrifices énormes que son attachement à lu cour de Vienne lui a coûtés pendant la dernière guent*, n'en est traitée que comme une alliée incommode et dont neu ne répond de la iîdélilé. L'Impératncu-Beine avoit fait proposer à la paix de construire une forteresse h Torgau ou &
I. La ligne otdellc de Bavière menaçait de s'éteindro en la pertoano de l'iJee- \t$Kt ll«xiniilien. Jowph II méditait de revendiquer In BUCceMiou et d'amener, par fli enîute» l'héritier lé^ptime, Tt^lecteur palatiu. Cbarlet-Tb^odora, h lui «n abanaar om partie.
Wiltembprg,quidéfendroit la Saxe do cAlé des marches deBrani> debourg ; elle offrit d'en faire les frais; mais la Saxe ayant cru de son inlénM de conserver une sorte de neutralité ou plutôt de persévérer dans son système foible et versatile, la cour de Vienne s'est crue dégagée de toute reconnoissance envers un ttat qui ne savoit être ni ami ni ennemi. Cette position précaire subsiste, et le ministère autrichien ne cherchera probablemeDl pas à la faire changer.
Los autres princes et Liats de l'Empire ne fournissent, dan» le moment actuel, aucun détail qui mérite de trouver place dans ce tableau.
Un des objets les plus importants dont l'Empereur s'occupe, est le recrutement que les officiers autrichiens font dans l'Empire.
On a tenté d'établir sur cette matière des principes destructifs des droits des Etats : au droit de recruter avec appareil, dans les villes impériales, on prétend ajouter le droit exclusif de faire de» enrôlements dans le» possessions de la noblesse immédiate*, et même des comtes de l'Empire. La noblesse, toujours soumise aux volontés de son unique protecteur, a contracté l'habitude de fournir une quantité considérable de recrues; et ce système est poussé au point qu'il a été question de former plusieurs régiments sur les divisions des cantons qui leur auroient fourni leur entretien. Ce projet, suspendu, pourra bien être repris.
Les comtes ne sont pas aussi dociles : plusieurs d'entre eux ont usé du droit d'armes et de recrues dans toute son étendue, malgré les contradictions et les menaces des ministres impériaux. Lu cour impériale leur a fait témoigner le ressentiment qu'elle en conserse.
Ces tentatives particulières, pour exclure directement et formellement tout recrutement étranger, ayant échoué, les ministres impériaux ont pris la voie détournée do les faire envisager comme des émigrations, et ils ont essayé de les faire (^omprendre cx>ranie tels dans les décrets des cercles; mais les Etats du haut Rhtn,
1. La noblesse immédiate était celle qui jouissait dans se* terres des droits de souveraineté, confnrmôment aux conrlïtiitinna de TEmpire.