L AUTRICHE ET L'ALLEMAGNE
où iU avoient porté tous leurs efforts, éclairés et encouragés par la France, ont rejeté une proposition aussi contraire h leurs droitii, à leur dignité, et k leurs intérêts. Il faut s'attendre néanmoins à voir renouveler ces démarches sous une foraie quelconque, cet article devenant trop important dans le système actuel des puissances pour que la cour impériale le perde de vue. On évalue à cent par jour les recrues qu'elle fait dans l'Empire, el dont une partie est employée à peupler quelques contrées de la Hongrie.
11 est important d'observer ici que c'est à tort que les troupe» autrichiennes prétendent user du droit de recrutement qui ne peut, dans l'esprit de Tinslitution, appartenir qu'aux troupes impériales, c'cst-h-dire h celles que l'Kmpereur entretïendroil comme chef du corps germanique, et qui seroient employées à la garde et à la défense de l'Empire. Une vérité aussi sensiblo n'a point échappé aux anti-impériaux; mais jusqu'ici les grandes puissances se sont moins attachées à lui enlever celte ressource qu'à la partager-
C'est aussi ce dernier parti que le Roi vient de prendre en so déterminant à ramener ses régiments allemands à leur constitution primitive, et c'est la raison qui a engagé à s'étendre sur cette matière. Nous devons nous attendre aux oppositions sourdes de la cour de Vienne. Elle a déjà détourné l'électeur de Bavière de l'exécution précine de se» engagements avec Sa Majesté, et elle a exigé de lui qu'il leur donnât une autre foi*me. Mais quelque ingénieuse que sa jalousie, sur ce point, puisse être, il n'est pas possible qu'elle attaque de front le droit formel et positif que les princes et Etats ont, pai' les constitutions, de fournir des troupes au service et à la solde des puissances étrangères; et la manière d'exercer ce droit peut être iiidifférente : l'objet essentiel est dVn établir solidement l'exorcico. C'est do quoi le Roi s'occupe. Sa Majesté pourra, dans la sniU-, adressi»r à son ambassadeur des inistructious particulières sur cet objet; on a cru, en attendant, convenable de lui donner une idée des principes et de la situation de celte affaire.
La Stmse.
II ne reste qu^ù dire un mot de la politique de la cour de Vienne vis-à-vî» de la Suisse.
Elle n'a point adoplû^ comme tant d'autres puissances, le système d'avoir des troupes do cette nation, soit qu'elle voulût éviter de se compromettre avec les cours qui ont des établissements tout formés, soit que les recrues qu'elle fait dans rEraptre
fussent plus faciles, plus sûres et moins dispendieuses. ^^|
Elle n'a pas non plus entretenu de liaisons politiques avccl^| corps helvi'tique, depuis que Talliance de 1715 u attaché les cantons catholiques à lu France.
Le seul rapport qui existe entre ce corps et la maison d'Autriche résulte du voisinage de leurs possessions. Depuis le Rliin, près do Bâle, Jusqu'au Ine Majeur, la maison d'Autriche est limitrrqihe de la Suisse. Elle a pris des mesures pour négocier quelques langues de teiTe en Souabc, qui servent h la commumcalion des Suisses avec ce cercle et avec la Bavière : par là. ceuici se trouvent dans la dépendance de la maison d'Autriche pour leurs premiers besoins, les blés et le sel.
D'un autre côté, elle conserve, indépendamment de ses anciennes prétentions sur la meilleure pai'tie de la Suisse, des prétentions parlîculii?res sur des portions des cantons de Schaffousc, d'Appenzel et de Zurich, et sur d'anciens démembrements de révéché de Constance. Le projet de faire valoir tous ses droits a été annoncé h différentes reprises, et les tentatives faites k cet ég^ard ont jeté l'alarme dans tous les esprits. On a cru y voirie genne du système de convenances exéeuté en Pologne. Plusieurs circonstances indifférentes en soi, et des bruits populaires, ont fortifié celte impression, très répandue aujourd'hui et très accrt»ditée en Suisse. Il sera bon d'observer si la cour de Vienne y attache assez de valeur pour cherther à la détruire, et si elle s'applique à inspirer aux ^Suisses de la crainte ou de la c-onfiance, en un mot, si elle s'occupera de la Confédération helvétique.
Elle a respecté, jusqu'ici, nos liaisons avec ce corps, et le Roi se flatte qu'elle ne cherchera pas à y élever un nouveau parti, qui ne pourroit se former qu'aux dépens do celui de la France,