I.A KHANCK ET LA SUEDE
Suède.
L'Hlliauce de la Frtmcc avec la Suéde dont l'origine remonte
delà d'un s\vrU\ et demi, a dans ces derniers temps é|irouvé
même» vieissiliides qui oui déchiré ce royaume et qui, après
«voir anéanti son existence politique, ont failli upérer sa des-
Imclion physique et son asservisseraenl.
La France lui a lendu une main secourable dans la crise la plus violente ' : elle a fait reunître cette puissance de ses cendres par l'heureuse révolution qui a fixé les jtrincipes du gouvernement dans un juste équilibre entre la liberté nationale et Ténorg^ie nécessaire à l'administration. Le Roi continue de lui donner des secours puissfints pour mettre ce royaume en état de résister aux projets de ressentiment que son voisin, également ambitieux et impérieux, conserve peut-être, mais que l'épuisement de Tempire russe, la lassitude personnelle do Catherine II, les agi- Uilions et les embarras intérieurs de sa cour et la crainte de
Ë' lumer le feu de la i^^uerre, sans pouvoir en calculer les progrès, itraindront probablement et tourneront vers les moyens rets qui auront ]iour objet d'exciter la nation contre la forme uello du gouvernement.
La conduite du Hoî envers lu Suède est daulaiil plus généi»e qu'aucun traité n'unissoit les intérêts de» deux couronnes au moment do lu révolution, et qu'il n'en existe point encore eu ce moment. Les motifs par lesquels Sa Majesté se dirige sont le souvenir de la fidélité di' la Suède à Talliauce dans toutes le» circonstances où elle a été maîtresse de ses actions, l'intérêt que la Franco a de maintenir l'équilibre dans le Nord et de préserver la Suède de sa destruction, enfin la considération, ce grand ressort des puissances du premier ordre, qui ne permet pus d'abandonner un Etat que l'Europe regarde comme lui étant itidispensablement attaché.
■ Toutes ces considérations tournent, comme on lo voit, au profit de ralliancA-^duRoi avec la cour de Viemie. Celle-ci devroil
1. OusUre III, qui avait succ^d^ en 177t i «on pér«, avait «a 1772 Tail no coup il'lîua qui, «D rorlifluQl le {«ouvoir rojsl «t «a auéantièMut U parii ruMe «t pnu- •i«u, Muva U Huède du sort qu'avait «u, la même aonve, )a Pologn*.
donc y entrer avec d*autant plus d'empressement, que le fardeau de ces liaisons tombe en entier sur la France, et que la maison d'Autriche ne peut pas se dissimuler que Tépuisemeni et les malheurs de la Suède sont, en grande partie, la suite des efforts qu'elle a faits pendant la dernière guerre, et que cette couronne seroit en droit de réclamer les engagements contractés par Tlmpératrice-Reine dans cette occasion. Mais le ministre autrichien est bien éloigné de s'unir d'intérêt et de mesures avec le Roi. On a déjà vu à quoi se bornent les démarches que le maintien de son propre système exige de sa part. L'ambassadeur du Roi cherchera à exciter son intérêt, en feignant de ne pas apercevoir les motifs de sa conduite. Il évitera. néanmoins de • témoigner aucune inquiétude; et si les circonstances l'exigeoient, il s'attacheroit plutôt à en inspirer avec adresse sur les suites possibles et probables de la rupture de la Russie avec la Suède. Ce ressort si puissant, attendu l'éloignement décidé de l'Impératrice-Reine pour la guerre, doit être manié avec l'adresse et la discrétion propres à l'ambassadeur du Roi.
Empire d* Allemagne.
La garantie des traités de Wcstphalie a toujours été regardée comme un des plus beaux fleurons de la couronne de France et comme un des moyens les plus efficaces qu'elle ait pu employer pour contenir l'ambition et l'inquiétude des grandes puissances de l'Allemagne.
Les princes et États de cet Empire ne se dissimulent pas pas qu'ils doivent leurs prérogatives à la protection de la France, et quoique la succession des temps et des événements les ait presque tous éloignés de nous, ils conservent ce sentiment intérieur qui se reproduit souvent dans leurs détresses.
On a déjà remarqué les efforts que les impériaux font pour détruire dans l'opinion publique cette barrière toujours subsistante à toutes les entreprises contraires au bien du corps germanique. Quoique ce ressort ne soit pas toujours actif, on en redoute les effets; et le roi de Prusse n'a pas paru désirer nioins vivement que la cour impériale l'abolition de la garantie du traité
LA FRANCE ET L'ALLEMAGNE. Htf
de Westphalie, kqiielk^ livreroit l'Alli'magne à rinflueiicc exclusive des deux cours.
Dans ces circonstances, il paroîl imporlanl quf^ le Roi marque 8on allachement invariable >m\ maximes et aux syslëmes de ses prédécesseurs et sa résolulion ferme et inébranlable d'exercer efficacement sa garantie toutes les fois qu'elle sera réclamée avec juslicv et dan» les formes légales prescrites par les traités et par Ici» usages des natious.
Cette conduite est autorisée par le traité mémo qui unit Sa
Majesté il la maison d'Aulriclie. Les traités de Wcslphalie en
sont la buse principale, et le Uoi doit assez bien augurer des
sentiments personnels de Leurs Majestés Impériales et do leur
attachement à rallianre pour se p4Tsuadcr qu'elles rendront jus-
Itic^ à sa conduite, et qu'elles sentiront qu'une politique aussi
[équitable est uu des moyens les plus eflicaces pour maintenir la
c-onsidéralion de ralliance et écarter des incidents fâcheux qui
^pourroient la troubler.
Gênes.
Lii protection marquée el eflicace que la France accorde
depuis longtemps h la république de Gènes, est fondée sur l'inté-
[rêt qu'elle a à sa conservation, ainsi que sur des engageineiita
formels. Ou a déjj\ vu plus haut quelques détails sur cet objet, et
|ron aura occasion de le reprendre brièvement plus bas.
Alliance de la France avec la maison d'Autriche.
Une inimitié de plusieurs siècles convertie tout à coup en une
amitié sincère, dont une expérience de dix-huit ans a constaté la
dtdtté, est un phénomène politique dont il sera d'autant (dus
Itile de développer brièvement les causes que le caractère d'une
aUianc« est communément déterminé, par les circonsiancos qui
Tonl formée.
Ou peut dire en général qu'elle a dû son existence & ta ^persuasion où toutes les puissances intéressées étoient que cette
Cou étoil impossible. Cette fausse sécurité trompa t'Anet, en égarant te roi de Prusse, faillit do renverser sa lie.
CVMlh DM IHiTRirCT. DIPLOUAT. I. — 3i
Les discussions sur les limites de TAcadie étoient au moment de dégénérer en hostilités ouvertes sans qu'aucune des parties eût des alliés prêts à épouser sa querelle. L'Angleterre soudoyoit à la vérité cinquante mille Russes ; mais, par une erreur assez commune, elle ne calculoit pas, non plus que la cour de Berlin, que des puissances livrées à Tinertie de la paix peuvent se réveiller à l'approche de nouveaux dangers^
La France, de son côté, qui payoit quelques auxiliaires en Allemagne, se croyoit assurée de trouver le roi de Prusse disposé à entrer dans ses vues. L'Angleterre s'attacha donc à lui enlever cet allié, et accoutumée à maîtriser la cour de Vienne et lui supposant peu de courage, la cour de Londres se crut certaine, en déterminant le roi de Prusse à la neutralité, d'enlever tout appui à la France.
Sa Majesté Prussienne, en rendant inutile le secours des cinquante mille Russes, se persuada que la France lui sauroit gré qu'il lui indiquât les Pays-Bas pour théâtre de la guerre, où les François, les Anglois et les Autrichiens se seroient épuisés, tandis qu'il ramasseroit ses forces et ses ressources pour attaquer la maison d'Autriche dans l'instant de son affoiblissement.
La dignité et la probité du feu Roi furent également blessées par une politique aussi insidieuse. Il se rendit plus accessible aux recherches de la cour de Vienne, et les conventions du 1"' mai 1756 furent le résultat inopiné de cette négociation.
Les motifs qui portoient la cour de Vienne à désirer cette alliance étoient pressants.
Celle de l'Angleterre lui étoit devenue odieuse et onéreuse. Cette puissance avoit toujours disposé arbitrairement de ses forces pendant la guerre, et, à la paix, elle sacrifioit ses intérêts à sa propre convenance. La garantie de la Silésie insérée dans la paix d'Aix-la-Chapelle étojt une plaie profonde et récente. Dans les affaires de l'Empire, l'Angleterre, liée avec les antagonistes de l'autorité impériale, barroit sans cesse son influence. La cour de Vienne soupiroit depuis longtemps en secret après le moment de secouer un joug aussi dur.
B'un autre côté ses liaisons avec la Russie étoient afToiblies; «lie redotttoit le penchant que les Turcs avoient à lui faire la