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LA FRANCE ET LA SARDAIGNE

•nflro l'objet suspect, par rapport ii son rarnctÎT*» porsonnol ol lux liaisons qu'il a conlrnctécs à Viennr pendant un lonp séjour qu*il y a fait sous le nom de Tabbi' Monlagnini. Ces parlicularilés serviront à éclairer l'ambassadeur du Hoi sur les notions qui pourroient lui revenir à ce sujet et sur le système de la cour de Turin.

Venise,

Le gouvernomenl intérieur de cette république semble déchoir h mesure que ses dangers au dehors se multîplti'nt. Cernée et pressiie de tous rôles par la puissance aulriehieiine, elle a tout à craindre de sa prépondérance, et elle n'est pas sans inquiétude concernant les prétentions antiques de l'Empire sur ses posses- [sions de terre ferme. Celte position lui rend nécessaire la protec<lion éventuelle de la France ; mais la nature du gouvernement ne permet pas de compliT sur un système de politique suivi, ni [sur l'effet d'aucune insinuation. L'impulsion du moment fait tout une noblesse licencieuse et qui paroit prête à rompre les bar- 'tî^res que la foiiuc ancienne de l'administration avoit établies contre le» abus de sa propre autorité.

^^^ L'ambassadeur du Roi a vu plus haut la conduite passée de la ^EFrance dans les affaires de celle république. Le Roi ne peul point ^Pft'cn éc^irter; mais comme on ne voit point d'expédients capables de terminer la discussion de San-Remo, le sieur baron de Breteuil mettra tous ses soins à. la tenir assoupie et k empêcher par des insinuations fermes, mais placées à propos et sans affectation, que Sa Majesté ne soit forcée ^ides démarehx's qui lu peineroient, puisqu'elles déplairoient à l'Empereur et pourroient porter at- H teinte à l'amitié et à la confiance réciproques. Si« contre toute attente, le conseil aulique se porloit à quelque nouvel acte d'autorité, le sieur baron de Breteuil attendroil les ordres de Sa Jhjcsté.

( Pamie.

Il counott les sujets de discussion qui existent sur la féodalité

Gênes.

de Parme et de Plaisance, et le projet que l'Empereur avoit fonn« do les soumettre à rimpératrice. L'intérêt que la Fmnce et l'Espnpne ont montré prendre à lu conservation de la dignité et de rindépendance d'un prince de la maison de Bourbon, a arrêté toutes démarches à cet égard, et il faut rspérer que par considéniliou pour ces puissances et pour Finfante-archiduchesse, cette affaire demeurera assoupie, et que la cour do Parme éprouvera quelques ('«garda dans les discussions journalières qui s'élèvent dans les l'^Itats respectifs.

Il existe depuis plusieurs années une conteRtalion entre les duchés de Panne et de Mantoue concernant la souveraineté dos eaux du V6 et quelques terrains adjacents, ainsi qu'une levée qui y est construite, le tout situé vis-à-vis de Guastalla. La cour de Parme avoit donné en 1768 un mémoire pour établir ses droits. Ce mémoire étoit demeuré sans réponse jusqu'au mois de mars dernier; et au mois de juillet suivant, le gouvernement de Milan demanda la démolition de la levée, avec menace de la faire dé- Iniire par les Mantouans, si cela n'étoil pas exécuté dans respac« d'un mois.

Le ministère parmesan déclara qu'il réclamoit la garantie dns puissances intervenues au traité d'Aix-la-Chapelle, et offrit de traiter à l'amiahlc, par des commissaires, cette discussion cl d'autres de la même nature qui subsistent entre les deux Étals.

Linfant-duc s'est adressé dans ces circonstances au roi d'Espagnw et au Roi pour demander leurs bons ofBces auprès do Sa Majesté rimpératrice-lleine. Sa Majesté no doute point que le Roi Catholique ne donne à co prince dos marques d'intérêt et d'amitié analogues aux liens qui les unissent, et le Roi élant dans les mftmes dispositions, il autorise son ambassadeur extraordinaire à unir ses démarches à celles de l'ambassadeur d'Espagne à Vienne, et à le seconder par ses bons offices dans Texécutinn des ordres qu'il pourra recevoir de sa cour pour cet objet.

La Suède.

L'intérêt que le Roi prend h. sa conservation et au maintien

de son gouvernement actuel est connu do toute l'Europe. La cour do Vienne sait quelles sont les résolutions de Sa Majesté à

ANfiLETERRE, TlinQUIE.

Mi

il égard, et celle counoissanco faciiitom rexécution des inslruclions énoncées ci-dessus sur cet objet. Au surpluR, il paroît que, dans le moment ocluel, rétat întérieiir de la Suède exif<e plus ^d'allentiuii (jne sa défense extérieure.

L'Atiff/etenr.

Les embarras do loute espèce que cetle puissance éprouve ^doivent fortifier l'éloijîuemonl qu'elle marque depuis quelques iéc8 pour la guerre. Ces embarras ne sonl, en ellet, point do lature à èti'e dissipés en fixant rattention de la nation sur une pierelle étrangère. Dans cette position, il est probable que la Dour de Londres travaillera plus sérieusement que jamais à dé- )uriier la Russie (Fatlaquer la Suède. Des exhortations directes le notre part feroient ombrage et détourneroient le ministère iglais de sou but. Il faut donc laisser agir sou intérêt et ne Toxîiter que jiardes voies iiulirecles el détournées.

Quant à lalliance, l'Ang^lelerre la voit ccrtaincmeut avec jalousie et cherche à altérer notre bonne intelligence avec la cour do Vienne, ainsi qu'avec TEspagnc. Nous n'avons rien à faire direclement h cet égard, mais seulement k observer avec allention la conduite réciproque des cours de Vienne et de Londres.

P^doit

Fm Porte Ottomane.

L'état d'humiliation et de danger où elle se trouve réduite

doit nou.s faire redoubler d'intérêt en sa faveur, et l'ambassadeur

ne négligera pas d'insinuer, dans ses conversations, d'après les

ibservatinns qui ont été rapportées plus haut, que le moment est

où la cour de Vienne dcvroïl dépouiller ses anciens préju-

contre la Porte. Le baron de Breteuil ne s'avancera néaii-

ins pus à c£t égai'd et s'arrêtera au point où il croii'a avoir

iré les sentiments de la cour de Vienne, car îl impoiie que le

oi en soit instniit avant do prendre aucun parti positif ji cet

igard.

La conduite que la cour do Vienne tiendra envers l'empire ottoman accélérera sa politique sur ce point, et TambastMideur du Hoi mettra tous ses soins à eu être instruit.

?iou9 avons donné tous les uûlrcs, depuis quelques aimées, à

LE »ARON DE BRETEUIL. ITTi.

inspirer aux Turcs uue granité opinion de notre union avec U cour de Vienne. Si celle-tû s'allachc à gagner leur confiance, sa conduite paroitra notre ouvrage, et nous nous mettrons en mesure d'en partager le fruit.

La Prtisse.

Le minislère autrichien nous a quelquefois accusés d'incouserqucnce, d'attendre la mort du roi do Prusse pour travailler à la conser\'ation de celte pui.ssance; mais ce ministère aura bien plus à se reprocher d'avoir attendu, pour s'efforcer de l'anéantir, que ce prince lui ait donné une consistance telle que celle qu'eik vient d'acquérir.

On a déjà remarqué que cette résolution est favorable à nos intérêts poliliqurs. La France ne doit donc pas se prêter facilement à ce qui peut tendre à l'affaiblissement do la monarchie prussienne.

Cet intérêt semhleroil devoir établir une sorte de bonne intelligence entre ces deux «^ours, pareille à celle qu'un intérêt secondairr a maintenue entre les cours de Vienne et de Londres: mais le caractère personnel du roi de Prusse et les maximes qu'il met sans cosse en pratique n'ont jamais permis d'entretenir avec lui des rapports analogues à lu position respective des deux cours.

Attentif à saisir toutes les occasions de nous compromettre avec la cour de Vienne et de susciter des discussions cl des défiances entre nous, ce prince s'est fait une habitude de relevur et d'envenimiT jusqu'aux moindres fautes et aux moindres discours qui lui ont paru propres à le faire atteindre à ce but capital de sa politique. C'est avec répugnance qu'on prévient l'ambassadeur qu'on emploie, de .sa part, les calomnies et lus suppositions, cl qu'il ne pourra pas être trop on garde contre Tavidilé àei ministres prussiens à recueillir tout ce qui peut plaire à leur maître, ni contre lusage que le roi de Prusse fait à Vienne des notions vraies uu fausses qu'on lui transmet sur la Franco et sur SCS négociations.

L'alliance fait en effet son désesjioir ; mais nous devons êtra d'autant plus en garde contre les pièges qu'il nous tend sans cesse, qu'il est impossible de compter sur la sincérité de ses du-

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