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façon de peuser et rie ses Inuiières. Ilien ne seroit plus dési-
kmble, en vïïel, que de pouvoir élaltlir une roirespoinhuire liabiluelle sur tout ce qui peut intéresser h'S deux alliés et Fallinnce, I Les ouvertures dont M. lo comte de Merry s'est acquitlé ont roulé sur qualre objets principaux :
t1" Sur [a l*russe; «• Sur la HuHsie ; 3' Sur la Porte Oltomaue; 4° Et sur les successions palatine et de Bavière. Stir le premier point, la cour de Vienne ne dissimule point sa haine el sa défiance pour la cour <le Berlin. Au point oii la puissance prussienne est par\'enue, la maison d'Autriche la regarde comme son ennemie nécessaire et irréconciliable. Elle se [daint vivement des imputations odieuses que le roi fie Prusse ne cesse de mettre a sa charj^e. et elle clierclie à nous prémunir conti'o ses sug-pestions ; elle indique fortement la nécessité de coiilrc-balan- ^feer dans l'Empire le parti [U'olestant dont ce prince est le chef et dont il dirige les mouvements au gré de son intérêt el de sa politique.
Quant au «leuxième objet, c'est-à-dire par rapport à la Hussie, le prince de Kaunitz établit avec une force ég^ale deux uuiximes importantes : la première, que Tintérél poHtifjue d<* la France est inroiieiliable avec celui de la Bussie. puisque eelle-ci travaille à détruire l'équilibre du Mord el à énerver el anéantir l'empire fbttoman ; et. la deuxième, que la Russie et TAutrirhe ont de j^rands intérêts communs, et tpie la cour de Vienne ne peut se dispenser d'avoir ites Miéiiai^enn'iils pour la Bussie, malgré l'asceudant inumcntuiK' qu<> ta fascination de Frédéric 11 lui a donné
sur Catherine II. De ces ménagements et de l'espoir de ramener cette princesse aux anciennes liaisons de son empire, en déconcertant les suggestions du roi de Prusse, découle la conduite que la maison d'Autriche a tenue en Pologne et vis-à-vis des Turcs dans ces derniers temps.
Le prince de Kaunitz ne sq dissimule pas que l'envahissement de l'empire d'Orient ou l'occupation de quelques-unes des provinces turques qui rapprocheroient les deux monarchies, ne fussent d'autant plus nuisibles aux intérêts de la maison d'Autriche, que cette" position nouvelle reserreroit probablement les liens qui unissent la Russie et la Prusse. C'est sur cet objet que ce ministre s'est attaché à exciter notre vigilance de la manière la plus énergique et la plus immédiate. Son dessein est sensiblement de rejeter sur la France toute l'opposition à faire aux entreprises de la Russie, sans en indiquer les moyens.'
Pour ce qui concerne le troisième point, la Porte ottomane, le prince de Kaunitz déclare que sa cour ne la regarde plus désormais comme un .voisin incommode et dangereux. L'affoiblissement extrême des Turcs paroît au contraire exciter ses craintes et sa sollicitude, et l'appréhension de la puissance que leur destruction mettroit dans les mains de la Russie semble disposer Leurs Majestés Impériales au concert qui seroit nécessaire entre les deux cours alliées.
Sur le quatrième objet, la cour impériale paroit bien éloignée de favoriser Tarrangcment qui est agité depuis si longtemps entre les trois cours électorales * ; mais comme cet objet n'est encore que de pure spéculation, on attendra les éclaircissements dont on a besoin pour mettre plus particulièrement cet objet sous les yeux du Roi et pour donner des instructions en conséquence à son ambassadeur.
La cour de Vienne a fait, en même temps, prévenir le Roi que l'électeur palatin s'étoit adressé à elle pour engager le roi de Prusse k renouveler la garantie des duchés de Berg et de Juliers; et qu'elle l'avoit renvoyée à Sa Majesté. Le ministre palatin vint
1. Les trois cours électorales : l'électeur de Bavière, l'électeur palatin, son héritier présomptif, et l'tilecteur de Saxe, qui avait à faire valoir, du chef de sa mère, des droits & une partie de la succession.