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POLITIQUE DE L'AUTRICHE

en effet, deux Jours après, réclamer l'amitié et les engagements du Roi sur cel obji^t.

Le romte de Vergennes lui répondit dans des tenues affectueux pour Son Allesso Electorale et demanda qu'clln mît Sa Majesté'' au fait dt'S négociations que le baron de Beckors a suivies en 1763, h Berlin, sur cel objet, afm de fixer la londuile que Sa Majesté pourroit tenir.

Enfin le comte de Mercy s'est plaint vivement d'un écrit qui a circulé b. Dresde et qui a passé sous les yeux du Roi. Il a prié le comte de Vergeiines d'aider sa cour à eu recliercher Fauteur et à inspirer à la cour de Dresde des sentiments plus analogues au système do raliiance.

Le comte de Vergennes n'a répondu que très généralement à ces communications confidentielles; il a été néanmoins très expressif sur l'intention du Roi de maintenir raliiance avec la cour de Vienne, que Sa Majesté croit salutaire à ta tranquillité f^énée de rEm'ope. Quant aux objets qui peuvent donner lieu à un concert, il s'est réservé de pren<lm les ordres du Roi. en déoWrant que tout ce qu'il pourroit dire dans les conjonctures présentes ne seroil que l'expression de son opinion personnelle ; il annonça au surplus que le baron de Breteuil allant retourner à Vienne, il seroil probablement chargé de corresponrlre à la confiance que Leurs Majestés Impériales témoignoient au Roi, et do sui\Te les objets qui affectent la prévoyance des deux cours.

Les instructions à lui donner en conséquence font l'objet du présent mémoire. Le langage qu'il aura à tenir en général dans cette conjoncture est déjù indiqué ci-dessus ; avant de lui tracer les instructions parliculières sur les objets qui se trouvent expola lettre de M. le prince de Kaunitz, on croit devoir placer ici quelques réflexions générales et préliminaires.

La fidélité, la modération et la fermeté qui ont caractérisé toute la conduite du Roi relativement à raliiance, ont sans doute contribué h exciter h Vienne un mouvement de confiance et d'ouverture dont Tbisloire de notre untou avec elle n'offroit point encore d'exem}de. Il ne faut pas peuf^er néanmoins qu'une pareille démarche soit simplement l'effet d'une impulsion de MDtiment. Dans les affaires de cette importance, les confidences

l,E BARON DE BRETEtlL» i7T

aeroiiMil des faulos politiques si elles n'avoient pas un bul d'ulililé immt'dialp. La cour de Vienne a toujours paru pénétrée df cet axiome. Il importe donc de ri-rhercher le but qu'elle peol s'être proposé. Cette connoîssance guidera le Roi dans la détermination de sa ponduite.

On peut pr»''sumer que la rour de Vienne nous a donné la véritable clef de sa politique lorsqu'elle nous a confié ses sentiments pour la monarrhio prussienne et l'attente où elle est que rétablissement de l'empire <rOrient reserreroit les liens qui suîisislent entre bvs cours de Berlin et de Saint-Pétersbourg. Le prince de Kaunitz paroit sentir qu'une liaison, qui dans Fétat actuel des choses paroît forcée el contre nature, et qui semble ne pouvoir être que le résultat d'une combinaison et d'une séduction personnelles, contraire aux intérêts les plus évidents des deux Liais, dèvietuli'oit alors une union \Taiment politique, naturelle et en quelque manière aussi nécessaire que dangereuse.

Sous ce point de vue, la ressource même des partages exécutés sous la loi de l'égalité, qui ont été un moyen décisif f>our accorder les trois puissances ou plutôt les cours de Vienne et de Berlin sur la Pologne, ne peut plus être censée exister. Cet exp^ dienl perdra jusqu'à Tapparence de l'utilité qui a séduit la cour de Vienne dans le partage de la Polop:ne. En effet la Russie et la Prusse, supposées unies d'intérêt et d'alfection, se trouvant chacune accrue dans la même proportion que la cour de Vienne, les forces réelles et relatives nv seront plus égales, comme elles réloifut, lorsqu'il subsistoit entre la Prusse et la Russie un germe de rivalité et d'opposition.

Il est vraisemblable que celte combinaison a frappé lo ministère autrichien dont Fapathie naturelle no cède qu'à l'impulsion vive et présente des plus },a'aiids intérêts. Son activité actuelle, opposée à son cnractère, ne peut avoir que des causes majeures, et l'on n'en voit pas de plus puissantes ni de plus probables que celles qui viennent d'èlri! indiquées. 11 faut convenir que cette r^our ne pourroit, en effet, voir avec indifférence préparer celte révolution, sans s'aveugler volontairement; quoique l'amour immodéré et indélini de la paix l'ait entraînée ^aduellement au bord du précipice où eUe se trouve et dans l'humiliation des principes qui ont

POLITIÛUE DE L'AUTRICHE.

opéré le partHfie île la Pologne, et quoique cet amour soit pcul-

Iélrc tl« tous les ressorts possibles le jjIus puissant et le plus iiirjilculable dans se» effets, le minisl«>re nutrichieu cherche «les moyens de détourner les dangers dont l'approche le frappe. Cependant il semble plutôt se proposer d'e.vciler notre activité qutî de. déployer la sienne. I! ne présente aucun but déterminé, aucune vue fixe, aucun moyen actif. Il semble se reposer sur le sentiment profond que l'ambassadeur du Roi a établi, il y a queU que» moi», avec une énerjtrie et une précision qui ne laissent rien à désirer relalivcmentà la conservation de l'empire ottoman'. La cour de Vienne croit sans doute pouvoir s'en autoriser pour ne

I présenter «on propre intérêt dans cette crise que comme secondaire. Elle cherche d'ailleurs à se donner, dans toute k suite dos négociations et des mouvements que ces objets peuvent entraîner, le rôle commode et tranquille de nous voir entrer en lice les premiars^ et de ne pai'oîlre elle-même que céder à nos désirs et à noire impulsion.

11 est, ce semble, de Tintérèt du Roi de ne pas lui abandonner,

dès le premier pas d'une intelligence ronlidentielle, un avanta^^o

qui Beroit également considérable et dangereux. Dans le fait, les

périls prévus touchent bien plus directement la maison d'Au-

K triche que la France. L'Autriche peut voir son existence politique

™ compromise dans la révolution dont la possibilité paroll animer

Aa sollicitude. La France, de son côté, ne risque que des avantages

de cximmerce, importants à la vérité, mais qu'elle ne seroit pas

H sans espoir de remplacer ou de recouvrer avec le temps, peu t-*Mre

avec un surcroît d'avantaj;es; et pour peser sur sou existence

politique, la Russie auroit à passer sur les débris de la monarchie

autrichienne qui nous servira de rempart.

t. Br«l«uil relniani dans ua ra4>|>ufl du 'H oclolira 1770, uue cooven«tion av«o Jo«4^pb II Hiip lit Porte et la Russie, ajout« : « La coQclusion dv o«* r«A«sioa» da l'Emperuiif, luez elouaiintes nvec moi, n él« que 1«8 Turcs »e lrouv«nt dans l'état la plu» m«|» iKAlile «l tout h U Uni le plus exposé à subir le joug que la Russie parolt «oulotr impocer à ConsUiitiuopl^. J'avoi» jusque-là plu» écoulé sur les Turcs qu« >T«^oudu; maÎH le prononce de l'Empereur sur le» vues russes conln» la puissaooe itomaoe m'a fait croire que j« devais lui articuler, aussi ctuiretneul que je Tni fait •JA i plusieurs reprises a M. le prince de Kaiuiiu, les résolutions fermes di«s priodu Roi et de la monarchie pour la conservation de l'empire ottomao •. AffairM rta. Citrreêpondance de Itenne.

Il importe donc de rétablir l'ordre naturel des choses et de» intérêts, et en entrant dans les sollicitudes de la cour de Vienne, il nous convient de l'amener à expliquer la première ses Nues, ses projets et ses moyens et à rechercher le concours du Roi; Sa Majesté no se chargera par là ni des récompenses, ni de* impulalioiis, ni des événements, et sa conduite sera loujourï plus libre, plus honorable, plus fructueuse et peul-élre plus efticace.

Ces considérations deviennent plus puissantes encore lorsqu'on les applique k la pai'tie des vues de la maison d'Autriche qui ont ta moiiari'hie prussienne pour objet. On ne doit pas m dissimuler que toutes ses mesures actives seront dirigées princîpaleinenlet peut-être uniquement contre cette puissance. Comme il ne convient pas au Koi de se mettre en avant à cet éçard. ou Ton déplairoil à Vienne en gardant le silence sur C4ît objet, ou l'on refroidiroil le germe de la ronlianco qui commence à se développer, ou Ton compromeltroit Sa Majesté vis-à-vis de la cour de Berlin. Il semble donc que notre rôle est d'attendre le* ouvertures qui pourront nous être faites, afin de juger ce pourra être analogue à nos engagements et à nos intérêts.

Si le Roi adopte ces réflexions, la conduite de son anibansa deur 80 trouvera suffisamment indiquée. Les assurances les plus fortes d'amitié, d'union et de confiance en seront la base; l'uniformité de vues et de sentiments et le désir de former un concert solide et efficace en seront le résultat.

D'après ce point de vue> on va tracer le langage qu'il pourra tenir plus parlicultèremcnl sur chacun des objets traités par le prince de Kaunilz; mais en les résumant dans un ordre inversa de celui de ce ministre, qui les a rangés selon le degré de l'intérêt que sa cour y prend.

La Porte Ottomane.

L'ambassadeur du Roi est instruit des principes auxqaeU le Roi et son conseil se sont invariablement fixés relativement à la conservation de cet empire. Il sait «|ue nous regardons sa destruction, son envahissement par la Russie ou son partage entre les deux cours impériales comme une des plus grandes caJamité«

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