LA FRANCE ET LA PORTE
^ntiques que la prévoyanco de Sa Maji^slé puisse '0nVidâ^g|^
duus l'ordre dos événeinenls possibles, L«j baron de iirotettil
a établi cet intérêt vis-à-vis de la cour de Vienne avec pré-
Keisiou ot énergie. L*opiniou qu'il a fixée à cet ég-ard paroîl ne
pas influer peu sur les combinaisons actuelles du ministère
I autrichien.
En partant de celte base . il sera facile au baron de Bretcuil de persuader le prince do Kaunitz que le Roi est très disposé à entrer dans toutes les vues qui tendront à préserver l'empire ottoman de la destruction dont rambilton de (Catherine II le menace. 11 pourra faire sentir que Sa Majesté est résolue do prendre, selon les circonstances, les mesures les plus vigoureuses et les plus Beffic^ces pour le protéger; qu'elle n'a ni ménafiement à garder, ni intérêt à combiner à cet égrard ; mais qu'elle en doit être d'autant plus réservée à faire des propositions formelles à son ulliéo dont la position et les convenances rassujetlisscnt à des combi- Boaîsons moins libres, et qui se trouve d'ailleurs beaucoup plus à portée qu'elle de saisir l'ensemble el les détails des projets russes et prussiens, d'en prévoir et apprécier les moyens, et par conséquent de déterminer les mesures les plus propres à y être op[io- Bfées; que c'est par ces motifs que le Hoi désire que Leurs ^■hAMlés Impériales veuitleiil bien lui expliquer et lui indiquer ^^COmme base du concert à établir, le but que tes deux cours doivent se proposer, ainsi que les mesures dont la maison d'Autriche Iesl disposée à se charger et celles qui de\Tonl être exécutées par le Roi.
L'intérêt évident do la Frauce est garant de l'exaclilutle avec laquelle Sa Majesté exécutera ce concert. La réputation de probité et do bonne foi qu'elle s'est déjà acquise et qu'elle regarde comme une des bases les plus importantes de son gouvernement, contribuera h fixer ta coufiatue de la cour de Vienne.
Celte cour a déj^i quelques notions des dispositions do l'Ks-
pagne à s'unir de vues el de mesures avec le Roi. L'ambassadeur
pourra la confirmer dans cette attente: En fj^énénil, il fera usago
Kde tout ce qu'il l'roira propre h donner Tidée la plus positive de
^Ma volonté du Roi, ainsi que de ses moyens à cet égard, parce que
de cette opinîûti dépendra probablement le degré d'énergie et
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celui di> la coniiance que la cour de Vienne montrera dans la suile de celte affaire.
Le baron de BriHouil se prévaudra de celle occasion pour convenir du langage et de la ronduile h tenir par les deux cours h Constanlinople. L'on sait à Vienne que nous travaillons à déterminer les Turcs à raccoinplissemenl du traité de Kaïnardji ; mai» te succès de nos insinuations et des démarches analogues dos cours de Vienne et d'Angleterre est encore incertain. Il semble mémo démontré que Tarlicle de l'indépendance des Tartares est inexécutable par rapport aux maximes religieuses des mahométans, comme il est illusoire relativement aux postes que les Russes occupent en Crimée et dans lu mer Noire à rembouchare du Borysthène ol dans le Cabarta; il faut donc prévoir qu'une rupture entre les deux empires sera tôt ou tard inévitable. Peutêtre la Russie se contonteroil-ellc actuellement d'envahir k Crimée sous prétexte que, les Turcs voulant qu'elle soit dépendante, elle a autant de droit qu'eux d'y dominer, et il est possible que ceux-ci, sentant leur impuissance, s'endorment dans celle position.
Elle menaceroit cependant immédiatement et insensiblement la capitale ottomane el exi^emiL par conséquent la même prévoyanre qu'une guerre plus immédiate. 11 importe donc de faire expliquer la cour de Vienne sur le langage et la conduite à tenir dans ces différentes suppositions, car il est nécessaire d'avoir à cet égard un plan an'été évenluellement, parce que la distance M des lieux fait toujours manquer le moment d'exécuter avec fruil ' les mesures qui sont arrêtées après révènement. Si lagm-rrese doclaroit, il ne devroit plu» être question que d'encourager, de diriger et de soutenir les Turcs; c'est un point d'autant plus critique, que la (lolilique Je la cour de Vienne lui permettra difficilement de former un concert avec la Porte Ottomane, ainsi que ITmpératrice l'a franchement conlié au baron de Breteuil, mais il n'en est que plus important de jiénétrer le plus avant qu'il se pourra dans ses dispositions à cet égard, et le Roi est bien persuadé que son ambassadeur saura y procéder avec autant de zèle qut' d'adresse.