LA PRUSSE KT L'ANGLETKHRK
SM
conduite, qu'ils donneront à Sa Majesté le temps do leur faire connoitre les dernières ouvertures de la Russie a\'oc l« réponse qui \n y étro faite et que le Divan préférera de lier un«« négucîation. quelque illusoire ou quelque désavnnt4igeuse qu'elle puisse lui paroître, aux dangers dune guerre qui auroil probablement les effets les plus désastreux pour Tempire ottoman.
Le marquis de Noailles trouvera le ministère HUtrichien instruit du système que le Roi suit à l'égard de la Porte, 8a Majesté lui ayant fait communiquer la réponse qu'elî*' \i»'nt de faire à rimpératrice de Russie.
Après avoir fait connoîtrc au marquis de NoailleN le» nouvelles liaisons que rEm|ièrenr a formées avec la Russir »>! l'i'ljtl incertain de TalHunce de ee prince avec Sa Majeslé. il rotnieni (le lui donner une note succiiicle des rapports politiques qui existent entre Sa Majeslé Impériale et les autres puissances de l'Europe.
Ltt Prussf.
La Silésie est une pomme de discorde iiitrc les luatsons d'Autriche et de Ilrandebourg, et elle empêchera coiishiinmenl toute liaisim sinciT»' enlre elles. Leur rîvalilé « d'aillrnrs une '•OUrce qui purolt inlariss.thti*. L'Empereur, à l'exemple de ses prédéce.sseurs, a une Imiluin ■; naturelle à étendre son autorité et son influence dansTKmpire, et Sa Majesté Impériale n'est an-ôtéo que par le Roi de Prusse, Ce prince est en état, par sa propre puissance, d'en imposer au chef <ie rKmpire; il est d'ailleurs le centre de la réuninn dt^s principaux membres de i'iCmpire, et il fbrmt avec eux le parti d'np(Misition qui a maintenu jusqu'à présent la constitution gennatiiqui' contre la prépondérance «?l rambitirin.
L Angieterre.
Ou regardoit autrefois 1* Au! riche et l'Angletene comme do» alliés naturels, et c'est conséquenimeul à cette iqiinion que la Grande-Bretagne a fait, en toute r>cc^siou, les plus grands elTorts pour concourir à l'accroissemeul de 1a maison d'Autriche.
L'alliance de 1756 a changé l'état dus chose» à cet égard.
Depuis cette époque la cour impériale a dû séparer se» iotéréls de ceux de rAngIctorre pour les amalgamer avec ceux de la France. Mais le cabinet de Vienne n'a jamais perdu de \jie. la possibilité du retour de l'ancien système, et il s'est toujours conduit à l'égard de celui de Saint-James de manière à faciliter ce retour, si les circonstances le rendoienl jamais nécessaire.
Dans le moment actuel, rien ne parolt plus foible et plas insignifiant que les rapports existants entre les deux cours. Il t'st cepeiidaiil à prt'sumer que les vœux éventuels de celle de Vienne subsistent toujours; mais il seroit difficile d'assurer que celle de Londres fût disposée à les favoriser, rien n'étant si versatile qw la politique du cabinet de Saint-James, ni plus soumis h l'iolluence momentanée du ministère dont le changement presque journalier empêche le conseil de Saint-James d'avoir des principes fixes sur les affaires du continent.
La Suède, le Danemark et la UoUande.
La cour de Vienne ne prend aucun intérêt à la Suède, sans doute parce qu'elle regarde cette puissance comme hors d'état de lui nuire el de lui être utile. Le cabinet impérial est à peu près dans la même disposition à l'égard du Danemark. El Sa Majesté Impériale a prouvé aux Hollandois, en démolissant, sans leur aveu, les places de Barrière S qu'ils ne comptent pour rien ou pour peu de chose dans ses calculs politiques. Celle conduite' s'explique facilement lorsque l'on considère que la cour de Vienne n'a aucun système de prévoyance el que ses démarches ne sont jamais déterminées et dirigées que jjûr Tintérél du moment, et qu'elle regarde comme une faute en politique une activité perpétuelle et des négociations entamées sans nécessité
V Italie et l'Espagne.
Après l'Allemagne, ritnlie est le premier objet de l'attention et de la convoitise de l'Empereur. Ce prince y a des possessions considérables. 11 a encore plus de prétentions, el s'il u'entrc-
1. En 1781, Joseph II fit démaateler les places de Ja Barrière et reoro^a let ga^ nisona hollandaises.