‹ AustricheChapitre 18 sur 179 · Instniciion du mArqui;; cl'Hnuteforl, tTrjO · texte numérisé non relu

Instniciion du mArqui;; cl'Hnuteforl, tTrjO

L'ÉQIMI.IHHE EUROPÉEN.

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d'Allemagne. (Quoique cel équilibre soil. h. dire vrai, «ne chose dfi pure opinion que chacun iulcrprèle suivant ses vues et ses iult^rMs parlicntiers, il a ci'pcndanl Inujours servi di^ prétexte cl de mobilr^ aux ligues qui depuis près do quatre-vingts ans M> sont formées et renouvelées contre la France'. » En réalité, ces puissances ne songent qu'à s'agrandir. « Elles cherchent à voiler leur ambition sous le prétexte spécieux du mainlien de l'équilibre de TEurope, Ce système pouvoir avoir quelque appanMic<* de réalité dans ces temps où la rivalité des maisons de France et d'Autriche faisoit Fobjet des attentions et des inquiéludeH de toutes les autres puissances, mais 11 n'est plus question aajourd'hui de ces fameux démêlés de François I" et de Charles- Quint: les circonstances ont bien changé. Le Roi ne songe qu'à vivre dans la meilleure intelligence avec rimpératrice-Reine *. »

Tant que l'Aulriche restait unie à l'Angleterre, la France axTiit besoin d'un allié contre rAulriche, et elle avait !a Prusse. La Prusse, encore que liée pour plusieurs mois par le traité de 1741. fil défection en 1755 : aumoraeul ou la guerre maritime riTommençait entre la France et l'Angleterre, elle signa avec celte «leniière un traité d'alliance. C'est alors que l'impératriee Marie- Thérfese, qui désirait tW's vivement non smilemenl la réconcilialioo, mais ralliance intime avec la France, ollVil de la conclure. Elle fut signée à Versailles le 1" mai 1756. « Si jamais événement eu des droits h l'étonnement public, dit une instructi<ui du temps, c'est celui «le l'union du Roi avec rimjuTahirti-Rriiu' \ conclue en 175t). » L'étonnement diminue quand on considère lenl les événements l'avaient préparée, et quels en étaient l^cédents depuis le commencement du siècle. On s'explique «Ion comment elle se lit si aisément lorsque la défection du roi do Prusse la rendit nécessaire.

Ceux qui conclurent ce fameux traité de 175*5 n'entendaient point d'ailleurs faire une révolution dans la politique Iradtliunnolle de la France, mais tout simpiemeul adapter cette tradition aux conditions nouvelles qui rendaient l'Europe de 1756 si diflé-

I. Ijutruclion <lu inaniuÏH tl'Haui4>rort, 1750. S. IiMlniCijon du iuiirr|uiii d'Aubeterre, 1753. 3. laalraciion du ooiiit« d« Choiêeul, ITjO.

24 INTHODUCTION.

reiilo de «lie qu'avalcnl connue Uicholieu oi Mazarin. C'est là un point très importanl. hv ministère français le jugeait d'une tdlc consrqui*nre. «jur U'S ronsulrrations destinées à déliuir l'allianc*» de nsti el à en préciser le caractère se trouvent reproduites dans les instructions données .'i MM. de Stainville en i757, Choiscul-Praslin en 1759, du Cliâtelet en 1761. de Durforl eu 17GG-

En s'unissanl élroilonicnt à ta cour de Vienne, on peut dire qno le rioi a chanj,'é le système pulilique de rEuropo, mais on auroit tort de penser qu'il l'ùt altéré le systènip tiv la Frame. L'objet politique de cette couronne a été et sera toujours de jouer en Europe lo rôle supérieur qui convient h son ancienneté, ù sa dignité et à sa grandeur ; d'abaisser toute puissari<"»* qui tenleroil de s'élever au-flessus do la sinnne, soit en voulaul usurjxM" ses possessions, soit en s'arrogcanl une injuste prééminence, soit enlln en cherchant ix lui enlever son inlluence et son crédit dans les affaires générales '.

En s'alliant avec l'Autriche, en recherchant par cette alliance .\ refréner le» amhitionH de la Prusse, « à remettre tons \e9 [•rinces dans la place qui! leur convient d'occuper »>, et à restituer « aux grandes couronnes la supériorité el la prééminence qui leur ajipartiennent •>, la France n'entend point abdi<pier sa [i(ditiqne Lraditiunnelbî en AlleniMLitie. Les Iraités de Westphalie forment la base du nouveau, système comme ils formaient celle de raiicien *.

L'alliance ainsi conçue était aussi sage qu'elle avait été nécessaire. Elle perdit promplenient son Ciiractère légitime et sa raison d'être. La France demandait à l'Autriche de paralyser les alliés do l'Angleterre sur le continent; l'Autriche demandait Ji la France d'écraser la Prusse. L'intérêt de l'Autriche l'emporta sur l'intérêt de la FraiiCÉ*. Non seulement l'Autriche ne fournit poini le secours nécessaire pour que la Fiance, Inmquille sur le conlinenl, pût se consacrera sa guerre coloniale el marilifue, mais elle sut obtenir que lu Fnince négligent celte guerre pour se consacrer à celle que l'Autriche dirig'eait contre la Prusse. Il en

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