lastruction du comte do Stniavillo
L'ALLIANCE DE n!î6.
résulta que, pour tenter de rendre la Silésie à IWulrichr, la France se fit battre par rAngletcrre el pr-rdil ses colonies. Les hi^tructions du comte de (Ihoiseul en nS7, Je M. du ChAtelrt en i76i, permettent de suivre les aliorraLions successives qui lîrent dévier la politique françjiise dans cette déplorable guerre de Sept ans. Oa y voit comment, on 17î>7, elle se laissa entraîner par l'espérance de réunir une partie des Pays-Bas; comment cet espoir fut déçu ut commenl Louis X\', lié à l'Autriche au moins aulanl par «es passions que pai* ses traités, subordonna la cause de la France à celle de Marie-Thérèse , sans avoir même l'avantaj^e d'obtenir le résultat auquel il avait tout sacrifié : rabaissenienl do roi de Prusse. Frédéric g^arda la Silésie, la Frahce perdit fe Canada, la Louisiane et les Indes; c'est ainsi que se termina la guerre en 1763.
« L'état nîi elle laissoil la Franco et celui où elle laissoit la ^ur de Vienne didéniienl inliniment, dit une instruction du temps*. La cour de Vienne n'avoil pas rempli son olijet, h la vérité, mais les secours multipliés de la France l'avoienl mise en it do ménager ses ressources, et se» possessions n'avoient point été entamées. La France, au contraire, après des elForfs prodigieux en tout genre, employés tant pour sa propre cause que jKJur celle de ses alliés, avoit perdu plusieurs de ses colonie^s et roit une inlinité de maux à réparer : l'épuisement des financejj surtout se faisoit sentir d'autant plus vivement que le retour de lo paix découvrit toutes les plaies que la guerre avoit faites h TÉtat »
Cependant Louis XV demeure fidèle à Palliance aulrichicnno; il y subordonne sa politique dans la paix, comme il l'y avait sulïordonnée dans la truerre. Une nouvelle crise est sur le point d'écJatcr : la Prusse et la Russie coalisées meiuicent la Pologne el la Turquie. « L'intérêt de ta Franre et de l'Autriche est essenirlleroent le même h cet égard, écrit-on à Versailles' : maintenir l'indépendance de la Pologne et contenir rambîtion de la Uussio el le débordement do sa puissance, sont doux points dont tes
1. ljMtrue<ioii de M. de Dnrfort, 17(14(. 3. ttiatnicUon de M. Darnnd. 1770.
» INTRODICTION.
deux cours ont depuis longtemps reconnu rntilîté et la nécessàtf . . C'est Tooeasion de voir à l'œuvre et d'éprouver le nouveau système. « Cet ouvrage, écrivait Bemis en 1757 '. eet ouvrage ne pouvoit s'achever que par la bonne foi qui l'avoit commencé; il ne sauroit subsister longtemps si la bonne foi ne le conserve. » La Fiance obsena. jusqu'à compromettre ses plus essentiels înléivts, ce prÎDcif*e de l'alliance: l'Autriche ne l'observm point, et c'est ainsi que le svstème dévia, pour le plus grand détrîmenl de la Fiance.
Joseph n. qui était empeieord^Hiis 17ô5 et que sa mère avait associé au gouvernement des États aotnchiens. eut. en 1769 et en 1770, deuli entrevues avec Frédéric : ils coniînmit d'une politique de neutralité commune dans les difTérends tvSrt l'Angeterre ei la Franoe. L'Autricbe abandonna les P<rïanais et les Tut», laissa fair^ les Prussiens et les Russess. et scella s<m entmie avec eux par le jir>pmier inîlé de partage de la Pologne en 177â. La France fnl tenue à r«tcart de c«s négociations. EUe avait es5;ayé de s-^nlenir les Pvil:»nais «t de prolègeT les Turcs. L'alliaixv qui. pendant la guezTe. n'avait é&é dînni&ageable qn*à Va Frjtncc. tourna, apcrytii la pN-rre, as jcéjudiw des alliés traditicvuTif-îs 1^ ia France : la Pi>iv"»irof eî îa Turquie. La France avait sacri^ 5>f* cftlvMiies à l'iaisnîiî* de rAcrifàH- oontrp la Prasse; l'Autncite, quî n'avaîl pas t*u miner "ik Pn»se dans la guerre, s'emjeessa ik- «* récvaicÈlw-r av<H" <Oe ajiri* la paix. On vil s'aT»aTser :Ma; à cc^up cène rS-alite que ia Fivnct^ avmt prise à fort as sérieux. c«\\'«f «n ax-ai; i«î:iiie sa jerçce ituLttlé contre l'AniJrteTTf , e; > re$«h&: àt- la ïw.xDcâiiaiiSra: fui de dé^MMolier sous îcs xfixx ot -A FraDvX exirùocîec, îrowvv. humibee. sa 4es phu ant^iidis eî àes i«:ns ^.w-jes foacTÎMï* ôf sa Toâôçne en Earope.
L.»ï:tv \Vl f.; ^ ^^ V:«rxf<Tki>rs «îsavf:r«n: de faire mitm*
■■ Irvi-hc-ivai .ïi .\vn>rt »«/ ^«.Niivili
LOUÎS XVr ET VERGENNES.
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du Inulé de 1756. L'abus qu'en avait fait Ui cour de Vienne ivail fort compromis lalliance; le seul moyen de lu souloiiir et ia conserver, c'élail de la ramener h son ohjet naturel et à prinriptii. C'est \v fond des irislrurtions qui furent données, In 28 décembre 1774, au baron de Breleuil. Comme le système tvm^raJ de la politique française avait été faussé dans les derlivres années par l'inlerprétation donnée à rallianee aulri- ;liienne, comme cette alliance demeurait cependant bi base du lystëmet rexomen qu'il importait d'en faire embrassait lu poliique générale de l'Autriche et de la France en Europe. L'insiclion du baron de Breleuil est un véntabb' traité de politique. la forme comme pour le fond, il est intéres.sant de la rap- ;her de celle qui avait été dressée en 1660 pour le présilent Colbert. Elles donnent le premier et le dernier mot de la >lilique fran(;aise avec l'Autriche sous l'ancien régime. L'une et 'aulre sont remarquables par leur ampleur et par l'étendue des itijeUi qu'elles embrassent. Elles résument, la première, les conlitions de lu polilii^ue de rivalité; la seconde, les contlilions de politique d'alliance : dans l'une et dans l'autre, on voit exposés •8 grands inléréls de la France en l^'urope, et la permanence le cea inléri^t.s en ressort avec d'autant plus d'évidence que la jon de les concevoir semble plus opposée. La forme et le style le présentent pa.4 un contraste moins instructif que celui que Ton rtdcve entre les idées. L'inslruclion de Golbert est absoluenl roncrëte, toute en faits précis et en propositions positives; 'ilislructioii de Breteuil iruline vers Tab-straclion ; les vues généet l'esprit de système y priment les faits; on y discute plus qu*on n'y prescrit. L'auteur de l'inslruction de Colbert, Ma^urin, le se préoccupe pas de composer un écrit hicîu ordonné; Tautour le l'insti-uclion de Breteuil. Vergennes, divise savamment son )U\Tage en chapitres et en paraj^raphes. Le premier s'attache à ipporler toutes les directions qu'il donne à un certain acte politique iju'il n en vue et qu'il s'agit d'exécuter; ïe second s'etforce âà les ramener à utie conception jçénérale de l'Europe.
Ce n'est pas seub'ment la ^«^rande dill'érence de l'esprit du sru' nihclù et de celui du xvni' qui s'accuse dans ces opposîtwiw; la différence des conditions politiques où Fou se trouve
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î?;troddctîon.
commande des plans et des moyens dissemblables. Au xvii* sifcclc, la Franre élait encore dans sa période de formation territoriale, il ffiUait opérer des réunions nécessaires : la politique était toute d'artioii ; au xviii', la France est formée, el l'on songe désormais autant à conserver qu'à conquérir : il importe de raisonner. Du temps de Mazarin, la France, éti"einte par la maison d'Au- Iriche, formait contre elle des coalitions; du tenijis \\i' Louis XVÏ, la France, liée h l'Espagne pm* le Farte de famille, ne redoute plus la maison d'Autriche; c'est elle que l'on craindra si elle relève ses forces et veut agir, c'est contre elle que se fonneronl les coalitions. Si ta France v^miI conquérir, elle ne le peut désorinnis qu'en s'allianl aux roiiquérants. Elb* se demande si une Europe où les divisions lerrit4>rinles lui assurent encore la prépondérance ne vaut pas mieux pour elle qu'une Europe où la France ne se serait accrue qu'en partageant la suprématie avec des voisins qui se seraient accrus comme elle. Son intérêt parait être désormais moins d'i'leudre ses frontières que île mainti-nir autour d'elle des Etals faibles, qui seront ses clients, et d'empêcher les grandes puissances de s'accroîti'e ailleurs au détriment des petites «[u'elle a tout intérêt à conserver. Ces considérations s'imposent au gouvernement français dans ses relations avec la cour de Vienne. Joseph II est un prince remuant et ambitieux. Il vise à subjuger les petits Etal» en Allemagne, il convoite la Bavière, il a des vues sur la Turquie. Aprî?» les expénences qu'elle a faites sous Louis XY, l.i France est tenue de définir avec netteté les conditions auxquelles elli^ peut el doit rester alliée de l'Autriche.
L'alliance permet ù la France de tourner toutes ses forces conire l'Angleterre, ?i l'Autriclie de: tourner les siennes contre la Prusse et contre la Porte. Ces avantages sont plus grands pour TAulriche que pour la France, car l'Autriche peut s'agrandir aux dépens de ses adversaires, tandis que la France ne le pouvant m faire qu'aux dépens dr son alliée, est contrainte d'y renoncer. L'Autriche le sait, et elle en a abusé lors du partage de la Pologne.« Une dernière objection contre l'alliance, écrit Vergennes',