Instmction de M. de Dreteuil
rOES DE VERGENNES.
C eut qn on supposant qu'olic subsisle pendant les guerres qui
kurrou'iit
la Frii
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n aura poiin comme ci-ili directs pour l'emploi do ses foivvs de Utiv. vl ipj'eUi^ ne pourra fairo de conquêtes que sur son alliée ou sur le corps germanique', dont la conservation l'intéresse; au lieu qu'en s'alliant ao roi de Prusse, elle pourroîl fermer les vues d'agrandissement le» plus utiles. » Tels ne sont pas les desseins de Louis XVI : •• Un roi conquérant auroil sans doute à regretter cette position ; mois nu roi citoyen s'upphtudit do se trouver placé dans des conjonctures aussi favorables à ses vues paeifiipies et bîenfaisanlcA. ■» Il entend maintenir l'alliance; mais, comme il la remplacerait aisément par une aulre, il entend que les avantages en floienl réciproques. « Sa Majesté est bien éloignée de vouloir •cbeter la persévérance de la cour de Vienne par tous les sacri- Bce» qu'on a souvent mipposé que la France lui faisoit. Il faut que la cour de Vienne n'ait rîbtie pas à défjiut de lumière ni à puftillaniniilé si le Roi domouro ferme dans l'alliance malgré rûiégalilé démontrée de ses avantages. » Le maintien des traités de Westphalie en est une des stiiiubitions ; il doit en (Hre mi des eOeU. La Franco continuera de défendre les petits Étals contre le» convoitises des grands. (In p«mt craindre, après l'extîmple qui s'est passé en Pologne, que la Prusse et rAulriche, au lieu de se disputer l'Empire, ne s'associent pour tm partager le territoire. Lu France s'y opposera. FMe s'op[iosera également an parlagt! delà Turquie. M. de Brelenit no doit laisser et ne laisse aucun doute à l'Autriche sur ce point.
La France ne parvint pas à détourner l'Autriche do ses des-
lin« *iur la llavière ; mais elle l'empécha de les accomjdir. Elle
'eflurça de l'arrêter dans ceux qu'elle conçut contre l'Empire
iurc, elle n'y réussit point. Juse[ih II conclut une alliance étroite
laHussie; le partage de l'Empire ottoman en était l'objet
^rînci|Mil. Celte politique de conquête modifiait profoiulémeut les
conditions de l'alliance, telle que Louis XVI et Vcrgenues
l'avuenl conçue. Le mécoutcnLement qu'ils en éprouvèrent et
t. Sur MO dlii*, en Belgique ; sur lo corpa gfrrmaiii<)U6, dans le« lurritoirea (l« k rire gauche da Rhin.
IMUODICTÏON.
rébranlrment profond qui en rôsultadaiis r<i!Iiarice, sont marqués dans rinslriu'liou doiiink' on 1783 à M. do NoailJes ; cVsl k' (lornier document de co rocucil et le dernier témoignage des vues de l'ancienne monarchie sur les relations de la France el de rAutriche avant la Révolution française. Lu Franco use de toute son influeuco pour prévenir la guerre qui se prépare,
H y a lieu de croire, écrit Vergennes \ que Sa Majesté déplaît
ù l'Empereur parc*^ quo ses d(''marches tondonl direetenuMit à délriiiro ou au inoins à éhrunler l'écliufiiudage du plan d'agrandissement qui, selon toutes les apparences, est Tunique objet des vues et des démons- Iralions de S. M. Impériale. Mais quelque attaché que le Roi soit à son alliance avoc la maison d'Autricli»*, et qurkpie sincères que soient son amitié pour Joseph II et son désir de lui complaire, sa justice, sa dignité et l'inlérôt do sa couronne doivent eniporler la balance, et le Moi, entraîné par des motifs si impérieux, nhésiteroil pas, quoique h regret, à renoncer à ses liens politiques avec la cour de Vienne lorsqu'il aura perdu t'espoir d'en maintenir le principe el Ioi*squ*iI sera convaincu que son allié, sans é^jards à ses exhortations, est déterminé à se livrer à des entreprises auxquelles Sa Majesté ne sauroit conniver sans perdre lu cftnsidérafion qu'elle a acquise par dix années de sagesse el sans faire un préjudice irréparable aux inléréls essentiels de son royaume.
Le sieur marquis de Noailles jugera par ces «létuils que rien n'est plus vacillant que l'alliance actuellement subsistante entre les deux cours de Versailles el de Vienne.,.
L'alliance subsistante entre la France et la maison d'Autriche est menacée d'une révolution plus ou moins prochaine.
Celte crise éclata en 1788 par la guerre que l'Autriche et la Russie entreprirent contre les Turcs, et c'est au milieu des complications de cette guerre que commeuga la révolution de 1789. Los deux maisons étaient unies par une alliance de famille, les deux Etats l'étaient par un traité; les causes directes de rivalité avaient disparu, mais l'antaf^cmismc des desseins .subsistiiit, et il résultait de l'opposition des intéréls respectifs en Allemagne, en Pologne, en Italie, en Orient. Il aurait fallu, pour que l'alliance politique se soutînt, que rAutriche sacrifiât ses ambitions
\. Inslruction de M. de Noailles, 1783.
LA FRANCE ET L'A[>TRICHE EN 1789. ai
OU que la France sacrifiât ses traditions politiques. Elle ne le pouvait pas.
Ces traditions s'étaient maintenues malgré tous les revirements de la politique française. Elles avaient survécu aux exc«s do Louis XIV et aux faiblesses de Louis XY; on les retrouvait dans la période de Talliance telles qu'elles avaient été dans la période de la rivalité. C'est que, par la rivalité comme par Talliance, la France poursuivait l'exécution d'un même dessein : la formation territoriale de l'Etat et la sécurité de ses frontières.
Les traités de Westphalie, qui avaient rétabli la paix entre la France et l'Empire, ne furent point suivis d'une reprise des relations diplomatiques entre le roi de France et l'Empereur. Il n'y eut point de représentant du Roi à la cour de Vienne jusqu'à l'année 1664, époque à laquelle le chevalier de Grémonville y fut envoyé. Dans l'intervalle, en 1660, le président Colbert reçut une mission pour l'Autriche. Bien qu'il n'ait séjoârné à Vienne que quelques semaines, les motifs de son voyage et l'instruction qui lui fut donnéo ont trop d'importance pour qu'on ne les fasse pas connaître au début de ce recueil.
Les causes qui avaient empêché la reprise des relations diplomatiques entre le Roi et l'Empereur, remontaient aux traités mêmes qui avaient rétabli la paix entre eux. Par le traité de Munster, l'empereur Ferdinand III s'était engagé à ne point assister les Espagnols dans la guerre qu'ils continuaient de faire à la France. Ferdinand 111 n'observa point cette clause. Au mois de mai 1 650, tandis que les commissaires du Roi et de l'Empereur négociaient encore sur l'exécution du traité de paix, Ferdinand permit à 4,000 hommes de cavalerie, licenciés par lui et enrôles par l'Espagne, de traverser le territoire de l'Empire pour se rendre aux Pays-Bas espagnols. Les commissaires du Roi réclamèrent.
A cette époque, un agent de la cour de France, le baron de Sau- J.OD, gentilhomme de la chambre du Roi *, se rendit à Vienne. L'objet
1. Voir les Mémoires de M>i« de Montpenaier, éditioa Cbëruel, I, ch. iv, p. 139-142; — ch. vi, p. 228-232; — ch. vu, p. 249; — ch. ix, p. 305.
aSCUBU. DB8 INSTRUCT. DIPLOUAT. I. — 3
3V LE PRÉSIDENT COl-BERT, iCQO.
apparent (\o. son voyage ' était de rentlrf r.ompl<i au <liic François dr Lorraine*, de la pari do sa sœur, la duchesse d'Urléuns, de.* négocialions engagées entre la France et le duc Charles IV, La véritable mi-îsion do Saujon se rattachait au projet de mariajri.' dont il était question d<'puis plusieurs ann^'es, eulre Madeuioiselle de Montpensier et l'Empereur, Ce prince avait perdu, en 1649, sa seconde femme, Marie-lj^opoldine d'.\iil.rich»\ Madenioiselfe, iiui souhaitait fort ce niariafre, approuva ia proposilion que (il Mazarin do charger Saujon de le négooter. " On lui donna, dit Mademoiselle dans ses Mémoires, 1rs plus belles et les [dus amples instrurLions du monde; il me les njuntra ; ji; les trouvai acltnirables et je ne doutai point (ju'avec cela et sa capacité, dont j'étais persuadée, l'airaire ne réussit. »
Ode partie, la plus importante rlu iiiéaioire remis à Saujon, était ainsi conçue " :
« Le véritable sujet maintenant du voyage qn'on a jugé à propos »« de lui fair*' faire en celte c<iur-IA,est poury reconnoîlre avec adresse « ce qui se peut attendre en effet du mariage dont il avoit été parlé <( de Mademoiselle avec l'Empereur. Les considérations qui doivent <t faire souhaiter avec passion à l'Empereur cette alliance préférablece ment à toutes les autres où il peut songer dans l'étendue de la it chrétienté, sont si puissantes qu'à moins d'ôtre dans une dépcn- « dancc entière ou pour niieuv dire dans un esclavage formel du H Conseil de Madrid, il est indubilable.qu"on auroit vu déjà ses arabas- « sadenrs en cette cour solliciter de sa part la conclusion de l'affaire.
«( Tout l'obstacle qui s'y rencontre jusqu'à [tréseat n'est autre que « la crainte qu'il a d'oITenser le roi d'Esjiasfne, prenant une alliance » à laquelle il ne donnera pas son consentement, et de nuire aux « prétentions qu'il a du inariuffe du roi de Hongrie son fils* avec « rinfante d'Espagne, par le moyen duquel il espère un jour joindre « en sa personne ce qu'on a vu autrefois en celle de Charles-Quint, « empereur et roi d'Espagne; c'est la même considération qui lui a *< fait déjà digérer sans une seule plainte tous les dég(jùts que le duc u de Magueda donna dernièrement audit roi de Hongrie, quand il <i uccompagnoit en Espagne la reine sa sœur, et l'atTront qu'on lui « lit de rebrousser chemin, étant déjà arrivé à Milan.
1. Mémoire au sieur île SiiHjon t'en allant n Vienne, 20 mai 1650. — Corre^pondanco de Vieaue 1618-1639, t. XVII,
2. Le duc Krandcis, frère de Charles IV, avait épousé, en 1630, sa <»ui>>ine Claudp. Il étftit, avec elle, réfugié li Vienne. Charles IV faisait la guerre à la Franee avec les Espagnols, el lo duché était occujif' par le» Franrais,