I. ViMM. ieftO-106i. Supplënirat, t. XVIil
Xt PRÉSIDENT rOLBERT, !660.
sujet ot les raisons qui so «liront ci-après, il se reudo en la cour de Vionne en Aulricho, on Iti plus grande diliprnce qu'il lui sera passible, pour tAcher île tirer par le moyeu du marquis de La Fuerile, ambassadeur d'Kspagne. une résolution précise de l'Empereur qui puisse suffisamment éclaircir le Roi de ses inlentions sur ee qui se passe présiMitemenl dans l'Empire et dans les trois royaumes du Nord. C'est-à-dire savoir si on peut espérer sans délai que. comme Sa Majesté a déjà tiré les assurances du roi de Suède de son entière disposition à rétablir eu toutes parts un repos général k dos rondilinns fort hoinièles et raisonnables, l'Empereur aussi de son côté se trouve avoir la même disposition, ou s'il faut se résoudre à voir coutinuor plus bngrlcmps toutes ces guerres, et nommément celle qui s'est commencée depuis sept ou huit mois dans l'Empire, en latiuelle la France ne peut s'ompécher de prendre part, el par ubii^'atioii et par intérêt, comme étant formeUcmenl obligée à la garantie do la paix de Munster qui se trouve notoirement violée par la susdite invasion.
Pour donner audit sieur président une information fort exacte qui puisse servir de règle à toute la conduite qu'il doit tenir en cette négociation, il est besoin de reprendre l'alFaire de plus liaul, présupposant pourtant certaines choses dont on no lui parlera point parce quil les sait déjà comme on les lui pourroit dire, ayant longtemps assisté h la dernière diète de Francfort, et l'instruisant seulement sur celtes qui pourroientn'étre pas venues à sa conuoissauci*.
Celles que Ton présuppose qu'il sait sont la teneur du traité de Munster el la nécessité qui fut imposée alors à l'Empereur défunt et à ses successeurs de ne pouvoir assister l'Espagne dans la guerre qui étoit entre les deux couranues; les infractions notoires que le défunt Empereur fit h cet article du traité avec plusieurs autres ; les plaintes qu'en ont si souvent portées dans rEmnire les ministres de Sa Majesté; le peu de raison qu'il lui en fut fait; le renouvellement de la même obligation et nécessité qui fut imposée h Francfort h l'Empereur d'aujourd'hui, par la capitulation^ qui lui amis la couronne impériale sur la léte et qu'à
1. Acte des condiltons auxquelles hi couronne était donnée à l'Emp«reur.
nKCONWAISSANHE DE I/EMPEREtTR.
raoinA de jurer solennellement comme 11 fit ladite oapitulalion, il n'auroil point t'Xé f'\o\i' he.Hiv. ilit::nitL\ et (nifiti ijuo nonohstiint le traité de Munslor et la foi do cette capitulation, ledit Empereur, MX mois après, s'étoit mis vn devoir et avoit di'jù fuit tous les apprêts pour envoyer un corps d'armt'e entier dan» les Pays-Bas au secours de rEspagno, si lu trêve qui se conclut au mois de iiiAJ dernier entre les deux couronnes, qui a étf* suivie de la paix même, n'eût fait arrêter ledit corps an Bohême et dans les l'étais béréditaires.
délies dofit ledit sieur pnVsident peut n'avoir pas une si entière rnnnoissance et qu'il importe néanmoins qu'il n'ignore pas. sont, eu premier lieu, que l'Empereur fut conseillé k Francfort par ses raimstres, sans doute pour plainr alors h ceux d'Ëspaf^ne, d'omettre de donner part au Roi par une lettre de son élévation à l'Empire, selon la coutume observée de tout temps à laquelle aucun de ses pré<léce8Heurs n'avoil encore manqué, rt quf' cette considération a élé cause que Jusqu'ici on n'a ou aucun commerce avec ledit r, ni avec ses ministres, la dij;nilé du Uni ne Fayant pu permettre. Voire mémci que dans le» écrits publiés, Sa Majesté a éxiié de le qiialifier Empereur comme si elle ne savoit pas qu'il y en eût un au monde, et quand il a fallu nécessairement eu
'1er, elle a toujours usé do ces termes, la cour de Vienne. Le Colbert apprendra [dus bas pour quelle raison on a rru «voir l'informer de retle partirularilé.
En second lieu, ledit sieur Cnlbert saura que pour les raisons qui sont exprimées dans Tartide même du traité de paix fait aux Pyréiiées, duquel on lui adresse une copie, les doux rois ont jugé k projjos et sont demeurés d'accord ensemble d'employer sincfcre-
t et efficacement leurs offices, leur interposition et leur crédit la prnuiple paeifieatinn «le tous les Irouldes de l'Empire et du Nord.
n saura, en troisième lieu, que depuis Pinvasion de la Poménnîe |iar les armes de TEnijnereur et de rélecteur de Brandeliuurg. le roi de Suède a envoyé ici le président Bierneklou, son ambassadeur, pour représenter h Sa Majesté que cette nouveauté yUÀe évidemment un des principaux articles du traité de Mimster, (d le Roi est garant aussi bien que tes autres princes do
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LE PRÉSIDENT COT.BEnT, 1660.
rKmpin', ol en conséquence pour sommer Sa Majesté de lui juvlrr 1*1 tenir «t'IIo earanti<>.
En qiialriinie lini, que la réponse que Sa Majesté a donnée auiHl amliassadour dv SiUNle est en substaiic)» que le Roi se croit et se tient obligé à la garantie que demande son maître et la lui prêtera et tiendra par tous les meilleurs moyens qui seront en son pouvoir, en ras que Ton perde toute espérance de faire son accommodement avec TEmjn'reur, auquel Sa Majesté et le Roi Catholique se sont obligés de travailler avec efficace; et afin que ledit sieur Colbert ait encore une plus exacte information sur celle matière qui doit être le principal fondement de toutes ses négociatiuiis, on lui adresse une copie de cette réponse qui a été donnée par écrit audit ambassadeur, mais qu'il ne fera point voir dans la cour de Vienne à cause qu'elle contient d'autres choses. En cinquième lieu, il saura qu'en même temps qu'on mit ve papier entre les mamsdu président lïierneklou, le Roi écrivit une toui^ue lettre à la députation ordinaire de l'Empire à Francfort, pour lui donner part, et par son moyen à tous les électeurs, princes et Etats do l'Empire des bonnes intentions de Sa Majesté pour le rélablissement du repos dans ledit Empire, auquel Sa Majesté et le Roi Catholique avaient résolu et stipulé entre eux do s'appliquer vigoureusement; mais que si on perdoit toute espérance d'y réussir, Sa Majesté étoit indispensabloment obligée et l'ésotue de faire entrer ses armes dans l'Allemagne pour (e soutien d'un rui son allié attaqué aujourd'hui dans les Etals qu'il doit posséder eu vertu du ti'aité de Munster, par une violence et nouveauté qui liouleverse toute la teneur dudtt traité dont le Roi est garant. On n'envoie pas audit sieur Colhert celle lettre du Roi paive qu'elle sera maintenant publique dans toute l'Allemagne, et qu'en tout cas il la pourra avoir à Francfort du sieur Gravel, avec les autres que Sa Majesté écrivit en même temps aux électeurs et princes ses alliés. On lui recommande seulement de les bien étudier r\ considérer parce qu'elles contiennent diverses aulri'schosi's dont il se pourra servir utilement jiour le bon succès de sa négociation. Il remarquera seulement que, comme le temps auquel le Roi demande d'étro éclairci des intentions de l'Empereur a été pris un peu court, n'ayant été donné que jusqu'à la lin