Hcmpotenuairc de r£inp«r«ur ù Munster
H LE PRÉSIDENT COLBI-HT, KlfiO.
Ëltcioralc, qu'ils osonl iliro que ledit Roi lui a prise conlre toute raison cl juslice. Il ^^sl Ijon d'avoir eu celle connoissanro «t celte conviction do Umr véritable dessein, mais on n'estime pas pourtant qui? ce soit présentement la conjoncture de les confondre Ui-dessus, et qu'au contraire il faut lAcher de les engjiger, s'il est possible, t'unn-e davantage h protester qu'ils ue prélendfnt rini tu Poniônuiio ijue d'obliger le roi de Suède à la paix de Potogiie, aliu qii ils se trouvent nécessités ou de tenir cette parole ou qu'ils soient mis encore plus avant dans un torl inexcusable j'i la face «le loiile la clirélieiilé s'ils y man- (luenl, ce qu'on ne croil pas pourtant pouvoir tomber en l'esprit de qui que ce soit.
En septième lieu, ledit sieur président, pour sou information particulii-re dont il ne lémoij^nera jamais rien à personne, si ce n'est aux seuls ministres d>' Suède pour leur faire valoir davantage cette obligation quanil il aura occasion de traiter avec eux, saura que le Roi n'étoit pas si clairement obligé envers la Suède à la {garantie qu'il lui a promise de bon cœur et que Sa Majesté lui tiendra, le cas du besoin absolu en arrivant, que si Sa Majesté eut vtmlu s'en dispenser, elle n'eût bien pu le faire par les mêmes raisons et excuses qui ont été alléguées à Sa Majesté même et par la Suède et par les autres princes de l'Empire lorsqu'elle s'est plainte ci-devanl de pareilles infractions commises à son égard : ils ont toujours répondu à Sa Majesté que le corps de l'Empire seul éloit oblifré à celte garantie par les termes du traité et non pas chaque prince on particulier. Mais Sa Majesté en a voulu user sans chicane el d'une manière plu» convenable h la grandeur de son ilme royale, puisque, sans y être précisément obligée, elle ne doit jjas laisser ojqu'inier injustement im Roi son ami et iillié» ni permettre qu'il soit fait do si g:i*^n<ls préjudices à une couronne avec laquelle la Franco a couru depuis tant d'aimées une si belle el glorieuse carrière : toujours dans les mêmes intérêts et les mêmes maximes de ne soulï'rir pas un agrandissement de la maison d'Autriche qui fût capable de lui donner moyen de mellre en servitude toute l'Allemagne et d'y exercer un empire despotique, tel qu'avait commencé de l'établir Pempereur Ferdinand IL
AFFAIRES DE SUÉDE.
Ln huitiKine lieu, il saura que Jedoule qii*avoie«nl 1rs Suédois qu'on 110 les payai ici en celte «'{nijonctuiv des même» rxcust's qui nouii avoicnl autrefois été allé{^uêes ii nous-mrmes en pareil ca;» d'infraction du lrail6 de Munster, a donné lieu au Roi, avant. que de lîVngager à cette garanli(>, d'obliger aussi te rot de Suède de sa part, à promellre de s'accommoder avec généralement tousse» ennemis aux conditions que Sa Majesté elle-même a jugffs juiites. honnêtes et tolérables à tous les partis, h savoir : pour le Danemark, qu'il s'en tiendi'a au drniier Irailé de llœskild i*anH pouvoir rien prétendre au delà; pour l'Empereur et l'Electeur de Brandebourg, qu'il ne prétendra uucuih^ satisfaelion ni réparation des dommages que l'un et l'autre peuvent lui avoir faits par le passé, soit au dedans, soit au ib-liors de rKmpire; mais seulement qu'en retirant leurs armes de la Poméranie et des postes qu'ils y ont occupés, toutes choses soi<'iil réudilies dans l'Empire suivant l'expresse teneur du Irailé de Munster; et pour la Pologne, que, pour la restitution de lu Prusse à laquelle il a consenti, i! se contentera d'une somme d'argent modérée et toléralile inix Polonois.
En neuvième lieu, on adresse audit sieur président la coiiiii
rarticle d'une lettre du 17 janvier que M, le cardinal Mazarini a re(;uc du seigneur don Louis de Haro, dont oti ne fait [las la traduction parce qu'on sait que ledit prcsidenl entend la langniw ''"P^pUole ; et il verra par cet extrait que les Espngnols prennent sur imix et croient avivir ce crédit de faire faire à rEinpereur tout ce qui sera estimé ruisonnahl*- p<Mir parvenir promplement à un accommodement général; et c'est une pièce de laquelle H se pourra servir fort ulitemenl avee li^ mai't|uis do La Fpenle dans le progrès de sa iiégocialiou; lequel marquis n'a pas seulmient la déférence qu'il doit envers don Louis de Ilaro comme premier minîstn* d'Etal d'Espagne, mais aussi comme étant de ses amis jusqu'au ptdul de se dire sa créature. Il verra aussi par le même «\\lrail la proposition que fait don Louis de Haro qin\ pour mieux disposer le rni df Suède à cr-i
mmndemenl, la France veuille bien lui déclarer qu'en cas qu'il tui départe de c^? qui sera estimé juste (•t honnête et que l'Empervar de sa part y condescende. Sa Majesté n'assislera
LE PRÉSIDENT OOLBERT. 1600.
poiiit ledit Roi; sur quoi il a clé répondu à don Louis (ce que le sieur riOlberl pourra aussi conFirnier au marquis di> La Furnle) que, sans avoir fait précisément cotte déclaiation audit roi en des termes qui pnurroicnL le clioquer k cause de la garantie promise k Munsler, nous avons fait par avance la même cliosc cl rexéculerons en effet, puisque nous avons déjà, pour ce qui le regarde, ajtislé avec lui les conditions principales dudit accommodement, en la manilTe que nous l'avons cru raisonnable, dont TEmpereur no pourra pas disconvenir, si ce n'est que pour d'autres raisons d'amlntion ou d'intérêt, il ait formé un dessein de perpétuer la guerre.
Eu dixième lieu, il saura que Sa Majesté juge toutes ces afraires-ci de telle importance, et en a le lion succès si fort k cœur, qu'en cas que, par la réponse qui sera donnée à Vienne audil sieur Colherl, elle ne vt)ie pas Jour d'espérer bientôt avec terliludc le rélablissemenl de la paix dans l'Empire, elle n'a pas seulement résolu de faire passer des forces en Allemagne, rapables de faire une telle diversion que les ai*me» impériales et celles de UraiidcdHiurg- soient forcées d'abandonner leur dessein de Poméranie; mais que Sa Majesté, aussitôt après son mariajjfc, qui sera infailliblement consommé dans tout le mois d'avril, se. pourra transporter en personne à Hrisach pour doimcr chaleur à l'action de ses armées, et faire agir aussi les troupes des princes ses alliés, qui ne lui manqueront pas en cette occurrence, particulièrement la voyant elle-mèmo embrasser avec la vifrueur qu'elle fera le propre intérêt de TEmpire, puisque son objet n'esï que d*y rétablir pleinement le repos que d'autres veulent troubler pour leurs lins particulières.
Il saura, en onzième lieu, qu'on estime ici que les Espagnols procèdent avec toute sorte de sincérité en C4'lle affaire de la j>acificalion (au moins de l'Empire) et de désir de voir réussir principidemeiit l'elïet de nos oflices et de noire interposition commune. On fait ce ju{:emenl. entre autres raisons qui s4'roient longues et superflues h dire, sur ce principalement ijue ladite jtaciiieatiou convient à leurs intérêts et à leur maison. Ils peuvent considérer d'un cùlé que le Roi. qui n'a pas jugé à propos de réduire ses armées par une réforme, voulant auparavant