AFFAIRES DE HONGRIE
idre aux plaintes qui lui pourroieni être faites sur tous ces poinU.
Quoique les inlérôls du duc de Lorraine soient toujours
ppuy^s de l'Impéralrice douairière, n<'taiimoins, comme il n'en
point élé parlé au marquis de Vitry pendant luul le séjour qu'il
£ait à la cour de l'Empereur, et que d'ailleurs ce duc y est à
ni 1res peu considéré, et n'a mémo aucun ami parmi les
sinistres, il n'y a pas d'apparence qu'on fasse aucune instance
en sa faveur audit marqui» de Sebcville.
Il sait que ce prince n'a pas voulu ratifier les articles qui le regardoîcnt au traité de Nimègue, et qu'ainsi n'ayant pas su profiter des conditions que Sa Majesté lui avoit accordées, et ayant voulu être seul excepté des traités qu'elle a faits avec tout lo reste de l'Europe, elle se trouve dégagée de lui rien relùchor; mais si, contre l'opinion do Sa Majesté, l'Empereur ou l'Impératrice douairière parlent de cette affaire audit sieur marquis jde Scbeville, il ne leur répondra qu'en termes généraux, et en ur faisant voir qu'il a été au pouvoir du duc de Lorraine de rofiler du soin que l'Empereur avoit pris de joindre ses intérêts ux siens dans le traité de Nimègue; mais il ne s'expliquera int des sentiments que Sa Majesté peut avoir : il rendra compte ilement de ce qui lui aura élé dit eU témoignant n'avoir aucune istruction sui* cette affaire, il n'enlrera point dans les propojtions qui lui pourroieni élre faites sans en avoir reçu auparavant les ordres de Sa Majesté.
^m Los affaires de Hongrie' sont beaucoup plus à cœuràl'Em-
^^^^B ■ htm'tÈ XIV, pour consommer son projet de rëanion de terres qu'il pré>
^^^^■il àtT0 immédiates de l'Empire, cherchait i occasionner & l'Empereur des
^^^^prioos de la part de» Turca et des révoltes en Hongrie, où l'on a'atmait point
^^ElfÉiMB d'Autriche. » — Flassan, IV. p. 57. — « Le gouvernement autrichien
^B&flMÎt mi#«ix employer les troupes allemandes qu'il avait introiluites diuis le pays
(Ia Boofrie) à persécuter les protestanti et à établir l'autorité absolue qu'à entre-
prMNtr» térieusement l'espulsion des Infidèles. De là uo profond méconientoment,
4m eoQspiratioos, des Intrigues avec la Transylvanie, la Porte, la France, flaale-
^^■laBt une prise d'armes delà noblesse ma^ryare (1670). Elle fut étouffée facileinont...
^^Dne nouvelUi révolte plus redoutable que la première éclata en 1678 sous la diroC'
^^ion d Èmerio Tekëly. » — Hmir, I, p. i08. — Tékély avait épousé la veuve du
prinr« de Transylvanie, Geor^fes Rakozcy II ; il était en relations avec M. Akakia,
■■■■«n accrétairv du comte d'Avaux, à Munster, qui. en 1675, avait «té envoyé eu
]• «t «a Tnuuylvaoie ob U résidaiL ^ Miq.hkt, IV, p. 679.
percui* qu'aucunes autres, aou seulement par le voisinage du Turc, mais encore par le parti qui y subsiste des mécontents, et rien n'est pîus capable do faire souhaiter à la cour de Vienne une bonne correspondance avec Sa Majesté que l'appréhension qu'elle a de toutes les pertes et dommages qu'elle pourroit recevoir de ce côté-là, si la Franco donnoit aux mécontents rassislance nécessaire pour faire de plus grands progrès qu'ils n'ont faits jusqu'à présent. Ainsi il n'y a pas lieu de douter que le séjour d'un ministre de Sa Majesté auprès du prince de Transylvanie ne donne beaucoup d'inquiétudes aux ministres impériaux. S'ils la témoig:ncnt audit sieur marquis de Sebeville, il pourra les assurer que tant que l'Empereur entretiendra une bonne intelligence avec Sa Majesté, il ne doit appréhender aucun préjudice d© la négociation d'un ministre français auprès dudit prince de Transylvanie, mai» il leur fera entendre aussi que quand on voudra contrevenir aux traités de paix et rompre toutes mesures avec Sa Majesté, elle pourra bien aussi se ser\'ir des moyens qu'elle a en mains pour faire repentir ceux qui auront suscité une nouvelle guerre.
Aussitôt que le sieur do Sebeville sera arrivé à la cour io. l'Empereur, il en donnera avis au sieur Akakia, envoyé de Sa Majesté vers le prince do Transylvanie, et établira avec lui un commerce do lettres, le plus sur et le plus réglé qu'il lui sera possible, pour s'entre-communiqucr réciproquement tout ce qu'ils apprendront concernant les alTaircs de Hongrie, dont ledit sieur de Sebeville informera Sa Majesté le plus exactement que faire se pourra.
n entretiendra aussi la même correspondance avec Tévêque do Beauvais et le marquis de Vilry, et les avertira de tout ce qui pourra être négocié à la cour de l'Empereur avec les envoyés et ministres de Pologne.
Il donnera aussi les mêmes soins à pénétrer quelles mesures on prend à la cour de l'Empereur pour faire élire l'archiduc Roi des Romains, et il informera Sa Majesté de tout ce qu'il en apprendra.
Il tâ-chora sur toutes choses d'être bien averti de tout ce qui regarde les nouvelles levées, du temps que les commissions ont
DEVOIRS DES AMBASSADEURS
A expédiée», dos noms des colonels ot capilainos, quelle» som-
"îne» ils reçoivent, on quoi temps les paîenif^nts en doivent être
faits, quels quartiers d'assemblée on leur donne, et ^généralement
de toutes los particuluintés ratirenuinl celle augnieuLalion de
Iroupei*. pour en rendre compte chaque semaine à Sa Majesté.
Après cet éclaircissement général sm^ tout ce qui reg;arde l'emploi que Sa Majesté conlie aiiflil sieiir marquis de Seboville, il duil attendre ses instruclions particulières dos réponses que Sa Majesté fera à toutes ses dépêches.
Et comme c'est à elle seule qu'il doit rendre compte direclomoDt de l'exécution de ses ordres, et que les informations qu'elle n?çoîl de ses ministres dans les pays étrangers doivent servir do fondement aux résolutions les plus importantes qu'elle prend, la principale partie do leur devoir, et la preuve la plus essentielle de leur fidélité, est do no rien ajouter à la vérité , de l'informer mot pour mot de tout ce qui a été dit départ et d'autre dans les conférences qu'ils ont avec le prince, ou avec ses minis- Ires et tous autres avec lesquels ils traitent, on sorte que s'il échappe quelque terme à leur mémoire, au moins elle no change rien à la substance; ils doivent bien peser aussi les avis qui leur sont donnés, pénétrer quelles peuvent être les vues et les intérêts de ceux dont ils les tiennent, les nommer à Sa Majesté; et enfiut au lion de se flatter d'une vaine espérance d'acquérir du mérite auprès d'elle en embellissant leur récit ou leurs avis aux dépens de la vérité, ils doivent être persuadés que ce n'est qu'en s'y attachant exactement qu'ils peuvent mériter l'honneur de ion estime; ainsi elle se promet que ledit sieur marquis de Si»bcrillo ne so départira jamais do cotlorîigle qu'elle lui prescrit oomme la plu» inviolable.
Outre ce qui est contenu dans la présente instruction dos avis ordinaires, que le Roi veut ipie ledit siour marquis do Sr-boville lui donne de tout ce qui se passera dans ladite cour de Vienne, rintention de Sa Majrsté est que tous los ambassadeurs et ministres au dehors lui apportent au retour de leurs emplois uuo relation exacte de ce qui se sera passé de plus important les négociations qu'ils auront conduites; de l'état des ot des pays où ils auront servi ; dos cérémonies qui s'y
observent soit dans les entrées, soit dans les audiences, ou dans toute autre rencontre ; du génie et des inclinations des princes et de leurs ministres ; et enfin de tout ce qui peut donner une connoissance particulière des lieux où ils auront été employés, et des personnes avec lesquelles ils auront négocié. Ainsi, ledit sieur de Sebeville aura soin de préparer un mémoire de cette sorte en forme de relation de l'emploi que Sa Majesté lui confie pour le mettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.
Fait à Versailles, le 6 octobre 1681.
LE GOMTI-: DE CIÏEVEllNY
il la fin de l'annéo lfi83, le marquis de Sobpvillo demanda à élre ré de son poste. On tit choix [jour io remplacer du comte de Chovcrny, qui avait éto placé en qualitii de menin auprès du duc de Bourgogne, Los instructions i\m lui Turfiit donni-fs, M. de Croissy èUnt ministre des affaires r'trangères. sont 1res expliciles. noluinnent en ce qui concerne les affaires entre la France et FEmpire. Ces affaires provenaient des arrêts des Chambres de rêuiiinn. Elles rurent singulièrement compliquées par la réunion de Strasbuiirg, qui eut lieu au mois de septembre 1681. Louis XIV l'annonça en ces termes ta marquis de Scbevillc :
u A Schelesiadt, le 14 octobre 1681.
M La ville de Strasbourg s'est soumise à l'obéissance qu'elle me
• doit et le même jour, 30"* de septembre, mes troupes sont en-
• trées dans la citadelle de Gasal, en exécution du .traité que j'ai fait <» avec le duc de Manloue; et comme ces doux nouvelles ne l'ont
• qu'augmenter le désir sincère que j'ai de maînloiiir lu paix cl les « moyens de faire repentir ceux qui la voudroient troubler, j'ai lieu
• de croire aussi que l'offre que j'ai failu de rendre bVibourg à l'Emporeur, après que les fortilications en seront démolies, pourvu qu'il fasse aussi raser Philisbourg et qu'il soit restitué à Tévôquo
« de Spire, pourra contenter les ministres de la cour où vous êtes... El que, comme je ne veux rien prétendre au d>'l?l rlu Rhiu, on no voulût pas aussi troubler la possession dans laquelle je suis à pré-
" wnl de r.e qui m'appartient en deçà.
« Vou» pourrez vous servir do ces insinuations avec adresse, soit
« que TOUS ayez quelque commerce avec le chancelier Hocher et <f Icî? autres ministres qui ont leurs biens et <5tablisscments audit " pays, soit qiip vous ayez des entretiens avec quelques particuliers, « amis et contidenls desdiis ministres sur ce sujet. '>
Des conférences devaient se r»%nir à Francfort-sur-le-ilein pour terminer ces contestations qui menaçaient de faire recommencer la guerre. On verra, par le texte de l'instruclion du ronite de Ctieverny, Ja suite de ces conférences, leur rupture ii Fraucforl, le renvoi de TalTaire h la diète de Katisbonne et la proposition d'une trôve do vinfTl ans entre la France et l'Empire, moyennant la confirmation par 1 Empire des traités de Westphalie et do Nîmôguo et la reconnaissance des réunions opérées par les Chambres jusqu'au 1" août 1681, ainsi que celle de Strasbourg. La r<;vol(e des Hongrois et l'invasioD des Turcs furent mises à profil par la diplomatie française en ci?s cir- 'Constances. Louis XIV était convaincu que, s'il ne profilait pas des embarras df l'Empereur, ce prince, dès qu'il en .serait délivré, se jetterait sur lui. H t-crivait à Sebeville, le 26 septembre IfiSl ; « Vous jugez bien vous-même que l'Empereur ne sera pas plus tôt débarrassé des affaires qui retiennent ses principales forces du côté de li Hongrie, qu'il ne songera plus qu'à porter la guerre sur le Rhin. »
Pendant que l'on discutait sur la trôve proposée par Louis XIV afin, disait-il, que « la plus fjrande partie de la ehrélienlé pût employer ses armes à repousser l'ennemi commun », cet ennemi mettait le siège devant Vienne, Ce furent le roi de Pologne, Jean Sobieski, et le duc de Lorraine, Charles V, qui forc5renl, au mois de septembre 1683, h's Turcs à lever le siège; mais, bien que rejelés en Hongrie, ceux-ci se proposaient de recommencer la campagne.
Dans le m&me temps que les Turcs assiégeaient Vienne, LouisXIV eiivîibissail les Pays-Bas espagnols pour soutenir ses prétentions sur la place de Luxembourg. L'Espagne refusa d'y souscrire, et, au moia d'octobre 1683, déclara la guerre à la France.
C'est dans ces circonstances que le comte do Gheverny partit pour Vienne avec l'instruction suivante.
AFFAIHES DALSAnE.
M^OIRE l'OL'R SERVIR l>'lNSTRrCTION AU SIEUR COMTE tiE CIIEVERNV , ALLANT EN OIALITÉ d'eNVOTÈ EXTRAOR DINA IRE DU UOI VKFIS L^EMPERETR. 10 JANVIER 1684'.
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Le marquia de Sebeville qui sert Sa Majcslé dans lo susdit ploi depuis le mois d octobre 1680, lui .lyanl demandé la perission d«' revenir auprès d'elle. Sa Majesté le lui a accordé, cl tjlle a t'slimu en môme temps qu'il serait du bien d^i la chrétienté de ne pas interrompre la correspondance qu'elle a toujours entretenue avec l'Empereur, depuis qu'elle a été rétablie par le traité du Nimèguc. et que même elle ne pouvoit trop témoigrner à co prince la sincérité de ses intentions pour raifermissement do la ptùx dans lu temps que les g;rands préparatifs que les Turcs font pour la compare prochaine, doivent faire souhaiter à la cour de Vienne de pouvoir réunir toutes les forces do rAllemagno pour la défense do la Hrnit^rie; et comme ta bonne et saj^e conduite que le comte de Chovorny a tenue depuis que Sa Majesté Ta choisi pour demeurer auprès do la personne de M*^' le Dau{»hin, a beaucoup augmenté les sujets qu'elle avoit d'y prendre confiance et qu'elle trouve en lui, outre les qualités de la naissance et de l'esprit, toute la prudence, le zèle et la lidélité qu'elle peut désirer pour soutenir cet emploi avec dignité et pour écutcr à Tentiëre satisfaction de Sa Majesté les ordres qu'il lui doilttera , elle a nommé ledit comte de Cbeverny pour son envoyé extj'aordinaire auprès de l'Empereur; et rinleutipii do Sa Majesté est qu'il se mette au plus t6t en chemin pour se rendre à Liulz, ou on tel autre lieu où la cour impériale se trouvera, et y régler sa conduite eu la manière que Sa Majesté lui prescrira par la présente instruction.
Quoique les dilTérends qui durent encore entre Sa Majesté et quelque» princes et États de l'Empire duivcnt être terminés à la ète de Ratisbonne, néanmoins comme ils fi^ronl infatllibleineul