‹ AustricheChapitre 36 sur 179 · I. Comte de Dietrichsieln. Voir l'iaslruction de S^bevtlie · texte numérisé non relu

I. Comte de Dietrichsieln. Voir l'iaslruction de S^bevtlie

1. • L« comle de Slralmaaa qui csl fort itans la conftiJenco de l'Hlnipc'i'eur et erlaiar* de l'Impératrice; il est d« plus sujet de l'électeur deNeubour^;, ei le com- MMBamml rie son avancement a été par le jilus considérable des gouvernetneuiB dtti afikirea de la maison de Neubonrg. Il n'est trouvé dan» plusieurs négociations taportantes ; la deruièro a été au traite d« la paix de Nimë^e. où il étoit plénipo- UiÂliaÎM de rEittperf tir. S'il avoit moins de modérntinn, il ne lui seroit pas dittlcile <f<iwci>cr le rang de premier ministre, el il serait plus laborieux et éclairé qu'aucun; ■aûi ii est tujel au vîn cl à la boune chère. Depuis peu de temps il couini<<nco à «e C«frig«r, en c« qu'il connoit que cela est (rV^s préjudiciable à sa santé et au maintien 4* ••' fortune. Sa char^re est îles plus lucratives. Il a Tait plusieurs voyages en Plaac* d« la part de M. I<? duc de Neubourg. > — Relation de La Vauguyon.

3. • L« comto df Rosemberg s'acquitte hssci dignement de sa charge, en sa eoeUnlanl de 20.000 florins que I'Em[)ereur lui donne d'appointements, qui funt à peu pr*« 40,0na francs do France. Il est homme d'esprit et alTecte quelquefois trop 4e M>l« pour les interiits de iM)n prince, qunud il parl<i à des ministres étrangers. Aimai §'«xpase-t-il ù des réponses séchi^K, qui ne lui pluisent pas, en ce que les fXiaietlitînni que l'on a avec lui sont soutenues par de meilleures raisons quo les siçim II ne laisse pas d'être homme d'un assez Iwa commeri-e et aime assez tes diwrtiaMin«Dle. •• — Relation i/e La Vauyutfon.

y. COMTE DE CHEVERNY, <G8*.

suite du temps, ceux qui seront les moius dévouéB à l'Espagne p( qui auront conservé quelques bons scnltments pour le bien de leur patrie.

Quoiqu'il n'y ait pas d'apparence que les intérêts du duc de Lorraine soient fort à cGPur aux principaux ministres de la cour di' Vienne, lu'anmoius. comme le eomlo d'^Vlthoim a renouvelé des instances au nom do rEmperouc dans les audiences quil ;i eues de Sa Majesté, et que d'ailleurs ce duc, étant h la tête des armées impiTiules, obtiendra facilement de ladite cour qu'on parle de son aiïaire au romle de Chevemy, il d<iit savoir que ce prince n'a pas voulu ratifier les articles qui le regardoienl au [mité de Nimègnc et qu'ainsi n'ayant pas su profiter des condilions que Sa Majesté lui avoit accordées et ayant voulu être seul excepté des traités qu'elle a faits, elle se trouve dégagée de lui rien relâcher. C'est pourquoi^ soit que l'Empereur nu l'Impéralrice douairière parlent de celle aiïaire audit sieur comte do Cheverny, il ne leur répondra qu'en termes généraux cl en leur faisant voir qu'il a été entre les mains de ce prince de profiler du soin que l'Empereur avoit pris de joindre ses intérèls aux siens dans le Iniité de iNim^gue, mais il ne s'expliquera point des sei»tîments que Sa Majesté peut avoir, et, témoignant n'avoir aucune instruction sur cette atRiire, il n'entrera point dans les propositions qui lui pourraient Aire faites sans en avoir reçu auparavant les ordres do Sa Majesté.

Comme il n'y a rien qui éloigne davantage la cour de Vienne de l'acceptation des offres de Sa Majesté que l'espérance qu'elle a de pouvoir faire la paix avec le Turc avant la campagne prochaine, ellcpourroil bien s'en désabuser par les nouveaux incid<'iils qui viennent d'arriver de la relraile du roi de Pologne avec toutes ses troupes sans la participation de la cour de Vienne' ; et quoiqu'un mécontentement si éclatant puisse founiir à l'Empereur un prétexte pour faire sou accommodement avec le Grand- Seigneur sans le consentement dudit Roi, en sorte que ce soit

1. Sobioski, froissé pnr l'in gratitude d« l'Empereur, arnit cependant contiauê, avec Charles de Lorraine, la guerre contre les Turc». Aprë« avoir pria Oran le 27 ociobr« 1683 et iuûig«< une sérieuse dtiruitt- aus Turc«, il était reparti pour lu Pologne.

GIJEHHK DKS TURCS. «lOt

en quelque façon un ohi^lario levé au ^eHSoin des Espuf^^nols, néanmoinfi il y a bien do l'apparence aussi que ceL incident tlonncni de grandes ospérnnccs au Turc et des prétenlions beaucoup plu» déraÎNonnahirs qu'ils neu uuroienl eu si te rui de Pologne n'eût pas abandonné ses quartiers et témoigné si ouverlemiinl »on ressentiment contre la cour de Vienne.

D'ailleurs Sa Majesté est informée par les dernières lettres du sieur de Scbcville que les troupes imj»ériales sont fort dépéries f»ar les maladies c^uitugieuses, qu'elles sont réduites à un très petit nombre, ot qu'on no fait pas beaucoup de dilif?ence à Vienne ni pour les recrues de l'infanterie, ni pour la remonte de la cavalerie; que d'autre c6lé les Turcs n'omettent rien pour se rendre plus -puissants, la campagne procliainc, qu'ils n'ont été la dernière; que le baclia de Bude fait môme des préparatifs pour assiéger une place de bonne heure, et qu'ainsi la cour de Vienne no peut avoir d'autre ressource si les Turcs refusent la paix qu'elle leur demande, que do réunir, par un prompt accommodr-nieut, toutes les forces de l'Allemagne et de s'en servir à la défense do la Hongrie. C'est ce qui peut donner lieu de croire que, dans crlle conjoncture^ les ministres impériaux pourroient bien avoir recours au comte de Cheverny ot lui faire des propositions.

Il témoignera en ce cas n'en pouvoir écouler d'autres que racrcptalion pure et simple de la trêve pendant vingt ans, en laissant toutes choses de part et d'autre en l'état où elles suut à présent et suivant les olfres qui en ont été faites à Ratisboime par le sieur Verjus; mais si on lui tiemandoil que Sa Majesté voulût bien déclarer quel secours elle voudroit donner à l'Emporsar contre lo Turc, il fera conuoîlre qu'il ne peut entrer on rien sur oc point que l'accominodemonl avec l'Empereur et l'Empire nti soit signé et ratifié do lotilrs parts, en sorte qu'il ne reste plus aucun suji't d'ombrage et île déliance; et se gard^Ta bien de rien donner par écrit ni dire de bouche qui puisse faciliter à la cour d© Vienne les moyens de faire la paix avec les Turcs, ce qui fait jusqu'à prés4»nl le plus pressant «lésir d<' la tour de Vienne.

Comme elle ne souhaite pas moins de faire élire rarchiduc roi des Romains, ledit sieur de Chovemy lAcbera de pénétrer les mesures qu'elle prend junir y réussir cl dr tliTouvrir dans les

LE COMTE DE CnEVERNY. 1684,

entretiens qu'il aura avec les minisires des électeurs si on leur a

déjà fait quoique proposition sur rv. sujet.

Il observera bien SDignt'usemeiil aussi taules les diligences qui se feront pour rét^iblir et augmeuli-r les troupes de rivmpercur, la destination qui s'en fera pour la campagne prochaine soit pour lu Hongrie, soit vers le Rhin, leurs marches et mouvements; et il rendra un compte exact à Su Majesté de tout ce qu'il apprendra concernant les de.sseins de la cour de Vienne^ tous les autres points contenus dans cette instruction et généralement de tout ce qui peut avoir quelque rapport au service et aux intérêts de Sa Majesté.

Il entretiendra aussi une bonne correspondance avec tous les ministres qu'a Sa Majesté dans les pays étrangers et principalement avec les sieurs Verjus et de Rebenac', et se servira pour cet eiïi'l, aussi bien que pour les lellros qu*il écrira ù Sa Majesté ou qu'il en recevra, des voies les plus sûres qu'il pourra trouver, soit sous Tenveloppe de marchand ou de telle autre manière qu'il croira être la plus secrète.

Sa Majesté lui fait même remettre entre les mains deux Ubles de chiffres, l'une assez facile dont il se servira dans toutes les lettres qui ne demandent pas un fort grand secret, l'autre plus difficile dont il chitîrera lui-même les lettres ou ailicles les plus secrets, sans confier ce second chiffre à un secrétaire. Et au surplus il n'omellra rien pour rendre sa conduite agréable à la cour de Vienne et pour s'acquérir l'estime, la confiance, et même lu familiarité des ministres et des principaux de cette cour, afin de pouvoir pénétrer ce qui s'y passe dans les entretiens qu'il aura avec eux.

Après cet éclaircissement général sur tout ce qui regarde l'emploi que Sa Majesté confie audit sieui* comte de Cbeverny, il doit attendre ses instructions particulières des réponses qu'elle fera k toutes ses dépêches.

Et comme c'est à elle seule qu'il doit rendre compte direcleraenl de l'exécution de ses ordres et que les informations qu'elle reçoit de ses ministres dans les pays étrangei-s doivent servir de

1. Le comte de Rebenac, eoroyé prèfi Télecteurde Brandebourg 1678, en Oonemark {672, en Suède 1674, puis cbar^fé d'une miMion en AUemagae.

DEVOIRS DES AMBASSADEURS

tfl3

«lemeut aux résolutions les plus iraporUmlcs qu'elle prend, la rînripalo partie de U'iir devoir et la preuve la plus esserilielle {]v ir tidélilc. c'est de ne rien ajouter à lu vérité, de riufornier mot lur mot de tout ce qui a été dit de part et d'autre dans les con- »» qu'ils ont avec le IVince ou avec ses ministres et tous Itres avec lei^qucls ils traitent ; en sorte que s'il échappe qneh|iie SiTHti h leur mémoire, au moins ils ne cbangeut rien à la snbftUmcc; ils doivent bien peser aussi les avis qui leur sont donnés, pénétrer quelles peuvent être les vues et les intérêts de ceux dont ils les liennonl, les nommer à Sa Majesté, et enfin, au lieu de se Oader d'une vaine espérance d'acquérir du mérite auprès d'elle en embellissant leur récit ou leurs avis aux dépens de la vérité, ils doivent être persuadés que ce n'est qu'en s'y attachant exactement qu'ils peuvent mériter l'honneur de son estime. Ainsi elle ■fe promet que ledit sieur comte de Cheveniy ne se départira Htfnais de cette règle qu'elle lui prescrit comme la plus invio- Ule.

H Outre ce qui est contenu dans la présente instruction des avis

ordinaires que le Roi veut que ledit sieur comte de ('heverny

lui donne de tout ce qui se passera dans ladite cour de Vienne,

^intention de Sa Maje.sté est que tous ses ambassadeurs et

Kinistres au dehoi*s lui rapportent, au retour de leurs emplois,

■kie relation exacte de tout ce qui se sera passé de plus important

aftDfl les négociations qu'ils auront conduites; de l'état des

cours el des pays où ils auront servi; des cérémonies qui s'y

observent «oit dans les entrées, soit dans les audiences ou dans

Uiute autre rencontre; du génie et des inclinations des princes

de leurs mini.slres, et enfin de tout ce qui peut donner une

mce piu-ticulière <les lieux où ils auront été emjdoyés et

nmes avec lesquelles ils auront négocié. Ainsi ledit

sur de Chevoruy aura soin de préjwnvr nu mémoire do cette

en forme de relation de l'emploi que Su Majesté lui confie

le mettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.

Fait A Ver>;uiles, le 10 janvier lûSi.

août I6SJ, une ïrôvo do vingt ans fut signée ù Ralisboiin<> ilrt? la Franco, l'Empirt* d l'Espagno. Luuis XIV nstail ou pusses- Ion do la ville ni du diiclit* df Luxembourg, ûf. Strasbourg vi des t<»rriloiros réunis jusqu'au T' iioûi I6K1, Toulcfois crs réunions o*étaicnl pas reconnues ù litro d*'iiailif. Cost dans cet L-tat tii» rliosos |pie M. de Chevorny, nommé à Copenhague, quitta Vienne au mois "Juin 1685. M. de la Baume g<^'ra les affaires de la légatinn. M. leroinle de la Vauguyon fut désigné pour le poste d'envoyé extraordinaire, et reçut Tinstruction suivante, datée du 24 octobre 108;», M. de Croissy

Eislre des affaires étrangères.

DU ROI POUH SERVIR D'INSTRUCTION AU SIEUR COMTE DE LA VAl'BUYON s'eN ALLANT PRÉSENTEMENT A VIENiNE EN glALITÉ D'EmOYÉ EXTRAORDINAIRE DE SA MAJESTÉ. 24 Oflobrt! 1685'.

L'Empereur ayant fait partir le prince do Lobkovitz pour tenir en qualité de son envoyé extraordinaire auprès du Hoi,

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