Vi«ttM, l«SM6g6. T. LIX
lOfl
LE OOMTK hE f.A VÂÎTGïT
Sa Majesté, pour répondre à l'empmssement que ce prince lémoigiio avoir par col envoi de rélnblir avec elle une bonne intell!{^4'iiri% a fait rhnix du sieur comte de la Vauguyoïi. cidevaiil son umbussadeur auprès du Roi Catholique, pour allf-r à Yieuno en la même qualité de son envoyé extraordinaire : Sa Majrslé ne douUnl [toîtit qu'après toutes les preuves qu'il a données de son zèle, de sa dextérité et de son affection au service du Roi dans tous les emplois qu'elle lui a confiés et principalement dans l'ambassade d'Espagne, îl n'exécute d'autant mieux tes ordres que Sa Majesté lui domie par cette instruction el ceux dont elle l'honorera par ses dépêches, que lo rang qu'il a déjà tenu d'ambassadeur de Sa Majesté dans une grande cour tloil bien persuader à celle de Vienne du sincère désir qu'a Sa Majesté d'entretenir la bonne correspondance et amitié que les derniers traités de trêve ont rétablies entre Elle et l'Empereur. C'est pour cet effet que Sa Majesté ordonne audit sieur de la Vauguyon de partir incessamment pour se rendre à la cour de Vienne, où il trouvera le sieur de la lîanmc que le eomte <le Chevemy y a laissé el qui est assez informé de tout ce qui s'est passé depuis dans celle cour pour en pouvoir donner une L'onnuissance exacte audit sieur de la Vauguyon.
Il saura cependant que depuis la mortde Tévéquo de Vienne*, qui avoil le principal crédit auprès de l'Empereur, il ne paroitpas qu'aucun autre ail succédé à cette extrême confiance qu'il s'éloit acquise tant jiar son esprit supérieur aux autres et par beaucoup d'adresse et d'intrigues, que par son attachement aux intérêts de l'Espagne dont il était le principal promoteur en cette cour.
Le chancelier Stralmann a aussi beaucoup dé part à l'administralion et au secret des affaires. 11 est né sujet du duc de Neubourg, a été longtemps simple avocat dans les pays de Juliers et ensuite vice-chancelier de ce prince, et, après avoir servi l'Empereur dans l'ambassade de Nimègue, dans celle de Francfort el dans plusieurs autres emplois, il est parvenu à la charge de chancelier, tant \)nr l'appui de Tlmpéralrice que par celui dudit évèque de Vienne et de l'ambassadeur d'Espagne,
1. Emeric. Voir tes inatructiona de Sebeville et de Cfaevenij.
i\ r.nim de vienne.
L<' priiico (le Bado, présidrnl du ronseil de guerre. n\'sl pas moins attaché aux inlér«^l8 de t'Espaj^ne; mais il est assez peu slimé et muins suivi dans les cnuseils.
Les princes de Dielriohslein, dont l'un est grand-maUre et l'autre g^rand chambellan de l'Empereur, s'étoienl réunis u 'évèque Ue Vienne par les dernières obligations qu'ils lui avoieul par conséquent étoient aussi dans le;* inlérêls de rEspafrne. il 9i«tir do la Vauguyou tminw bientôt s'ifs ont changé de meiiU depuis fa mort de rc ministre et connoilra mieux, par sa propre expérience, quel est leur talent que, par co qu'on lui en pourroil dire présentement.
Le comte d'IIarniL-h\ grand écuyer de l'Empereur, a plus de énie que les précédents et autant d'inelinalion pour l'Espagne; maÎA quoique ce parti soil le plus fort dans cette cour, ceux qui y .lonl opposés et à la tête desquels est le comte de Ktrnigseck, jOe laissent pas de se soutenir. Les premiers témoignent désirer la paix avec le Turc, et les autres rruienl qu'il faut jirofiler do la foible.sse présente de cet ennemi pour le chasser enlièremrnl dd la Flongrie et «éloigner des frontii'^res de TEmpire un si redou- Lible ennemi.
Après que ledit sieur comli- «le la Vaugiiyon aura pris dudit sieur de la Baume tous les éclaircissements qu'il lui pourra doner de la disposition présente de eette cour et principalement des /•n^monies qui ont été observées à la première audieiir»' du comte v<*rny qui l'a [>récédé dans cet em|iloi, il verra le grandit le grand chambellan et saura d'eux le jour que TEmpeur aura résolu de lui drmner audience, tlans laquelle après avoir emift entre les mains do ce prince la lettre que Sa Majesté lui ril de sa propre main en créance sur ledit sieur de la Vauguyon, TaMurera du sincère désir quelle a d'afTermir la bonnr intelli- 0l amitié que les derniers traités de Irévo ont rétablie
Fi>niiiiuQ(l d'Hurrach, iit> en 1637, envoyé en Espa^^ne en i668. j^llilBUne qui s'attartio direot^uicot à as charge, quoiqu'il aoit coosieUler Mtiréiftbicn dans l'esprit lic l'Rtupereur: sa politique est de ne «e mèlnr d'au* uiblin. n Ml trè* bien fiiil df sa personne, fort civil ul honnête aux Françoia, e«TaDt dans m maisou vl à s» table, qui est une des meilleures et des plus (U U oour. n a été autrefois ambassadeur eu Espagne. » — Rctaiim dr Vaugmyim.