MMÊUÉTS COMMUNS DE LA FRANCE KT DE L'ALTRICHE. V
ds ennemis <le la religimi et de ceux qui <lésirenl le plus ul e\ pour leur intérêt personnel que le parli pmlestanl oinphe tians l'Empire.
iuM jamais il ne s'est trouvé de conjonrture dû les desseins
ni el les inlér»Ms de rEmpereur aient été aussi conformes
u'iU U» sont aujourd'hui. Le Roi désire le maintien de la paix
}H>iir le AOiilagemont de ses peuples, pour le bien de sa maison
rojr<^ <^l pour sa propre tranquillité.
Il Hsl de Tintérêt de l'Empereur de le désirer et. d'y contribuer ur eni|>éeher la trop grande puissance des ennemis «le sa maison l'Empire ; ils ne sont redoutahles qu'autant qu'ils sont es, cl c'est alors que leur chef, contraint de les ménager, ne refuser leurs demandes, même relies dont il reçoit quelque- »i« le plus de j>réjudice. Il est donc de sa prudence d'écai'ler les rétexl«8 de nouveaux armements.
Enfin l'intérêt de la religion s'accorde eu cette occasion avec « înlén'^ls temporels. Celui de la maison d'Autriche est de coner Iranqnillemenl les Êlats qu'elle possède en Allemaj^iu-. et qu'elle vient d'acquérir en Italie, s«Ht que l'Empereur ait llfiS enfants, soit que rarchidnchesse ou ceux qui desceudnuit d'elle recueillent un jour celte grande succession'. D'autres vues «oulèveraicut louto lliurope, persuadée avec raison que l'Einreur peut se contenter de ce qu'il possi-de, et dont il jouira inquiétude lorsque la bonne iatelligeuce eutie le Roi et lui parfaitement établie.
Quoique ce prince ait peine encore à se détacher de ses vues nr l'Espagne, il paroit cependant qu'il comprend l'utililé dont il ui sera d'entretenir désormais une bonne intelligence avec le
1. Sa 1703, LoopoM I" avait fait sign«?r par sos deux (ils, Joseph et CbaHe», un d« Cunilti*, couiiu toui le uom tle Lui Léopoldine, déciilaot que si Jo»«ph il aaiu «nf&at» ntiklc», ion frère (*hnrl«8 lui auccédemit; maie que 8Î Charles kit sans enfants màlvs, In Micres«ion fi'iniuino remoiUemit aux filles de l'atué, «*«»t4dtr« de Jo&cph (<". Joseph I" etuit mort en 1711, lai^tsant deux HUeB : Mariel«MépfakA«, nr< fa 1600, et Marie-Ainelie, ueo en 1701. Churles VI avait épousi^, en ITH, Rlisa1itfth-i',-irriline do Brunhwii'k-W'ol(Vnl>ulk«l-Blnnkt<iiboMr}f. Il avait décide, par sa faioease Pragmaliijue nnnrtion <lu 19 avril 171.1, que li<8 Etats autrichiens ■Knùciit indiTiâibles, et qu'& défaut d'héritiers cnAles ses lUIes auraient lu prért^rence mr cellAA de Joncph I*'. Comme Charles Vi n'avait pas encore d'eufants, à la date év rtuairwetion, l'archiduchesse dont il est parlé est Marie-JoBephine, lille ainoe d« Joseph I*».
Roi. On ne peut reijanlor comme simple complimcnl la manù*n' dont le priiKT Eugène s'en csl expliqué au marérhal de Villais, soit à Rastadt, soit à Bade'. Il n'a pas dissimulé que l'Empereur ne soit alai'médes desseins formés par les protestants de l'Empire, des mesures (ju'iis prcnnenl pour fortifier leur parti par des liaisons mutuelles. Il a répété plus d'une fois que l'Empereur n'avoit rien de mieux à faire pour lui-même et pour les intérêts Je la religion, que de s'unir étroitement avec le Roi ; que Tétai des affaires de l'Europe étant ehangé, nulle raison ne devoit plus s'opposer à cette union nouvelle, si conforme au bien véritable de la maison de France el de celle d'Aulriche.
Le sieur comte du Luc, timbassadeur et plénipotentiaire du Roi aux conférences de Bade, a été témoin des discours du prince EugJ'ue et des protestations qu'il a faîtes de contribuer de tout son pouvoir à raffermissement de celte pai'faitc intelligence. Ainsi personne ne sera plus capable que lui de suivre ces premières avances et de les conduire à une heureuse lin, ayant d'ailleurs tous les talents et toutes les lumières nécessaires pour s'accpiiller h rentière satisfaction de Sa Majesté île tous les emplois importants qu'elle voudra lui contier. Il en a donné des preuves pendant le cours de six années qu'il a exercé les fouciinn» de son ambassadeur auprès des cantons suisses. Et comme elle a remarqué aviT. plaisir (|u'il n'a pas moins d'habileté dans les affaires poliltijues qu'il a montré de ziîkr dans le service de gu«?rrt% elle a jugé qu'elle ne pouvoit remettre eu de meilleures mains Tainhassade la plus importante qu'elle ait à donner après lu conclusion de la paix. m
Ainsi Sa Majesté l'ayant nommé pour sou ambassadeur ^ extraordinaire auprès de l'Empereur, elle veut qu'il ne perde
1. « Dans un entretien particulier que le maréchal de ViUars avoit eu avec le prince Eugène (à Bade, en sepiemliru HU), ce prince lui avoit parlé do rint«réc de la reli(çion catholique, non seulement dans la Suisse, assurant que l'tlmporeur étoit prèa de prendre i cet égard telles mesures que le rot Louis XIV irouveroit convenable», mais aussi dans l'Empire. Le prince Eugène avoit fait entendre qu'elle ne pouvoit y être soutenue que par une bonne et solide union entre Sa Maje£>ttf Impériale et Sa Majesté Très Chrétienne; il avoit ajouté que désormais les intéréu mutuels de Leurs Majestés dévoient produire entre elles une alliance des plus étroites. » — Histoire de la négociation pour la conclusion de la paix de Bade. Allemagne. Mémoires, t. LVIII, p. 633.